Jardiner bio

Jardiner selon la lune : calendrier des semis 2014

Publié le 26 décembre 2013
Après des études supérieures d'agronomie, Gauthier Baudoin a rejoint l'équipe du Mouvement d'Agriculture Bio-Dynamique en 2005. Aujourd'hui, il donne des formations en jardinage, s'occupe de l'élaboration et de la diffusion des préparations biodynamiques ainsi que du Calendrier des Semis biodynamique.
Le calendrier des semis biodynamique 2014
Le calendrier des semis biodynamique 2014

Bien que l’influence de la lune sur les plantes cultivées fasse toujours débat dans les milieux scientifiques, l’utilisation de calendriers lunaires par les jardiniers est aujourd’hui monnaie courante.

Nombreuses sont les revues et les sites internet consacrés au jardinage qui présentent quelques indications sur les positions lunaires. Ce succès confirme, de façon empirique, les résultats pratiques de l’utilisation des rythmes cosmiques au jardin et en agriculture. 

Malgré cet engouement croissant, de nombreuses idées reçues perdurent à propos des calendriers lunaires, et particulièrement concernant le plus anciens d’entre eux : Le calendrier des semis biodynamique

Essayons donc de battre en brèche ces idées reçues pour y voir plus clair (de lune). 
   
1ère idée reçue : le calendrier c’est très compliqué ! 

Effectivement, pour un astronome, les rythmes lunaires sont très nombreux, tous décalés les uns par rapport aux autres, et ils possèdent des noms barbares (anomalistique, draconitique, synodique…) qui nous renvoient devant notre professeur de physique. De quoi légitimement prendre peur. Cependant, en y regardant de plus près, seuls deux ou trois grands rythmes lunaires sont pris en compte par les jardiniers : 

• Le rythme synodique 

Le rythme synodique, ou rythme de lune croissante-décroissante, est le plus connu et le plus facile à observer des rythmes lunaires. Il s’agit de la succession des phases de la lune, de la pleine lune à la nouvelle lune. Certains chercheurs ont pu observer que des semis deux jours avant la pleine lune donnent de très bons rendements mais rendent les plantes plus sensibles aux maladies, cryptogamiques (maladies dues à des champignons) notamment. Finalement ce rythme a peu d’influence sur les travaux du jardin. 

• Le rythme tropique 

Le rythme tropique, ou rythme de lune montante-descendante, possède une influence majeure pour le jardinier. Comme tout le monde le sait, le point le plus élevé de la course journalière du soleil dans le ciel s’élève chaque jour un peu plus entre les solstices de fin décembre et de fin juin, et "redescend" ensuite entre le solstice d’été et le solstice d’hiver. La lune connait également ce phénomène mais à l’échelle d’un mois environ. 

Durant la phase de lune montante, que l’on appelle aussi printemps lunaire, la montée de sève est maximale et la plante est stimulée dans sa partie aérienne. C’est le moment idéal pour les greffages ou pour récolter les fruits qui resteront plus longtemps frais et juteux. 

Durant la phase de lune descendante, ou automne lunaire, la montée de sève est réduite et la plante est stimulée dans sa partie souterraine. C’est le moment idéal pour les repiquages, plantations ou rempotages : les racines reprendront plus rapidement.  

Dans le Calendrier des Semis Biodynamique, ce rythme est indiqué par une bande brune contenant l’indication "période de plantation" lors de la lune descendante. 

• Le rythme sidéral   

Le rythme sidéral donne le motif de fond des calendriers lunaires, c’est lui qui indique si le jour est plus favorable à la partie fleur, feuille, fruit ou racine de la plante. Selon cette influence, le jardinier préparera son sol et effectuera tous les travaux pour une plante dont il veut consommer soit la feuille (salade, épinard, blette…), le fruit (courges, tomates, poivrons…) ou la racine (pomme de terre, betterave, carotte…). Les journées fleurs sont favorables pour les bouquets et la production de semences. 

Cette influence fleur-feuille-fruit-racine, provient de la position de la lune devant les constellations du zodiaque. En effet la lune (comme les autres planètes du système solaire) se déplace toujours dans une étroite bande du ciel délimitée par les étoiles qui forment ce que l’on considère comme les constellations du zodiaque depuis l’époque de la Grèce antique. 

Chacune de ces constellations est en rapport avec l’un des quatre éléments et avec l’une des parties de la plante (voir tableau). Par exemple, lorsque la lune se trouve devant la constellation du Lion (constellation liée à la chaleur), une influence favorable au fruit se répand sur Terre. Nous pouvons voir la lune comme un "amplificateur" de l’influence de la constellation devant laquelle elle se trouve. 

• Les éléments perturbateurs 

Dans les meilleurs calendriers, comme le calendrier des semis biodynamique, cette succession fondamentale des journées feuilles, fleurs, fruits ou racines se voit cependant perturbée par un certain nombre d’événements cosmiques. Par exemple les jours de périgées lunaires*, de nœuds* lunaires ou planétaires, d’occultations* ou d’éclipses* sont défavorables. On s’abstient alors d’intervenir au jardin. 

Dans le Calendrier des Semis Biodynamique, le moment défavorable est alors barré par une bande grise contenant une ligne pointillée. 

Certaines autres positions planétaires, sans être défavorables, modifient l’influence du rythme sidéral. Il s’agit principalement de l’apogée* lunaire qui provoque une influence favorable aux fleurs, et des trigones* (relation angulaire de 120 degrés entre la Terre et deux planètes). 

2ème idée reçue : tout ça, c’est de l’astrologie sans fondement scientifique 

Non ! Car contrairement à l’astrologie, qui considère que le ciel est découpé par les signes du zodiaque en 12 tranches égales de 30°, le calendrier des semis biodynamique s’appuie sur la taille réellement observable des constellations dans le ciel. 

Ainsi, la constellation de la vierge (constellation de terre) est bien plus étendue que celle de la balance (constellation d’air), l’influence racine que nous considérons lorsque la lune se trouve devant la vierge dure donc plus longtemps que l’influence fleur de la balance (72 heures contre 31 heures). 

De plus, pour nos données astronomiques, nous utilisons les éphémérides données par le très officiel Institut des Mécaniques Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCEE). 

3ème idée reçue : ces calendriers remettent uniquement au goût du jour des connaissances ancestrales 

D’une certaine façon oui, depuis la naissance de l’agriculture les hommes tiennent compte des influences du cosmos pour diriger les travaux des champs. Mais les indications des jours fleur-feuille-fruit-racine ont une origine précise et pas si lointaine. 

Au milieu du XXème siècle une allemande nommée Maria Thun, suivant un exercice proposé par la scientifique et philosopheRudolf Steiner (1861-1915), entraine son attention par l’observation de la croissance de radis qu’elle sème quotidiennement. Elle remarque des différences notables dans la morphologie du radis en fonction des jours de semis. C’est ainsi qu’elle découvre l’influence du rythme sidéral de la lune (passage de la lune devant les constellations du zodiaque) sur la formation des parties fleur, feuille, fruit ou racine de la plante. 

Depuis, elle a fondé un institut de recherche qui a développé ces travaux et publie chaque année depuis 1963 le calendrier des semis biodynamique.

* Definition des termes suivis d’une astérique 

* Opposition : les planètes, vues de la Terre, forment un angle de 180°, c’est-à-dire qu’elles sont l’une en face de l’autre, avec la Terre entre les deux. 

* Conjonction : les planètes sont l’une au-dessus de l’autre, vues de la Terre. 

* Occultation ou éclipse de Soleil- Eclipse de Lune : les planètes sont exactement alignées vues de la Terre (conjonction ou opposition et noeud simultanément). 

* Trigone : vues de la Terre, les planètes forment entre elles un angle de 120°. 

* Noeuds lunaires : Deux fois par mois, la Lune coupe le plan de l'écliptique qui est le plan dans lequel le Soleil décrit sa trajectoire apparente autour de la Terre. En effet, vus de la Terre, le Soleil et la Lune gravitent chacun dans un plan différent. Ces deux plans, le plan de l'écliptique et le plan de la trajectoire lunaire, forment un angle de 5°8’. La Lune traverse donc une fois le plan de l'écliptique en montant : c'est le noeud ascendant ; une fois en descendant : c'est le noeud descendant. 

* Périgées et apogées : La Lune, dans sa rotation mensuelle autour de la Terre, ne décrit pas un cercle mais une ellipse. Une fois, elle passe au plus près de la Terre, à son périgée (à environ 360 000 km) et, 14 jours plus tard, elle passe au point le plus éloigné de la Terre, à son apogée (à environ 406 000 km).

L'auteur :

Après des études supérieures d'agronomie, Gauthier Baudoin a rejoint l'équipe du Mouvement d'Agriculture Bio-Dynamique en 2005. Aujourd'hui, il donne des formations en jardinage, s'occupe de l'élaboration et de la diffusion des préparations biodynamiques ainsi que du Calendrier des Semis biodynamique.

Par Gauthier Baudoin

>> Plus d'informations sur le site du Mouvement de l'Agriculture Bio-dynamique

>>Le guide du jardinier en biodynamie, Peter Berg

>> Le calendrier des semis 2014

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