Jardin bio : la prévention, maladie et parasites

Publié le 13 mai 2008 - Mis à jour le 26 novembre 2012

Comment obtenir des plantes capables de résister d’elles-mêmes aux maladies et aux parasites ? Tel est un des objectifs essentiels de l’agriculture biologique.

Jardin bio : la prévention
Jardin bio : la prévention

Le but est de créer des conditions optimales, de sorte que la lutte directe contre les parasites et les maladies ne devienne nécessaire que dans des cas exceptionnels ; cela suppose que l’on tienne compte des données naturelles, que l’on adopte des techniques agricoles adéquates et que l’on favorise les auxiliaires.

 
 

Des techniques culturales appropriées

 

 

Au jardin, il faut favoriser la diversité de plantes et d’animaux. Il est bien connu que les rotations trop peu variées favorisent le parasitisme. De même, si on plante ou si on sème trop serré, les attaques de parasites ou de maladies peuvent être favorisées. Les cultures associées et les engrais verts permettent d’avoir une grande variété de plantes sur un espace restreint. En organisant son jardin sur le modèle de la nature, et de manière diversifiée, on crée des milieux de vie pour de nombreux être vivants, et l'on endigue le développement disproportionné de certains ravageurs, ce qui est bien appréciable.

Les soins donnés au sol sont d’une importance essentielle : des façons culturales améliorantes, la couverture du sol (mulching) avec de la matière organique et une fertilisation organique équilibrée favorisent la vie du sol. De cette vie dépendent non seulement une circulation optimale de l’air et de l’eau dans le sol, mais également le déroulement harmonieux des cycles biologiques. Le but de la fertilisation biologique n’est pas seulement de nourrir directement la plante, mais d’abord de nourrir les êtres vivants du sol. C’est pourquoi on utilise principalement des fertilisants qui ne deviennent disponibles pour les plantes que par l’intermédiaire des organismes vivants du sol.
On utilise principalement comme fertilisants du compost, du fumier et des engrais organiques du commerce, en tenant compte des besoins en éléments nutritifs des différentes cultures.
A l’inverse, les engrais minéraux solubles sont absorbés directement par les plantes, d’où le danger d’une diminution de la qualité par une fertilisation excessive. Il en résulte un affaiblissement des tissus végétaux et à une modification de la composition de la sève. D'où une plus grande sensibilité à certaines maladies cryptogamiques et à certains parasites (par exemple, mildiou, acariens).

En agriculture biologique, les mauvaises herbes ne sont pas systématiquement éliminées, car elles jouent un rôle important. Des recherches récentes ont mis en évidence les grands avantages, pour l’équilibre biologique, du respect de l’enherbement spontané. Les mauvaises herbes recouvrent et protègent le sol. Elles constituent un abri pour de nombreux insectes du sol, par exemple les coléoptères prédateurs, et leurs fleurs constituent une source de nourriture pour de nombreux ennemis naturels des insectes nuisibles.
Cependant, certaines mauvaises herbes peuvent également transmettre des maladies ou servir d’hôtes pour des ravageurs. Malgré cela, on ne prendra des mesures radicales que dans des cas bien précis et seulement si on doit faire face à un problème grave.

Les arrosages fréquents sur le feuillage favorisent les maladies cryptogamiques et entraînent la formation d'une croûte à la surface du sol. Une fine couche de mulch permettra d'éviter le durcissement de la terre. Si l'on se contente de biner, choisir le soir afin que l'humidité de la nuit puisse pénétrer dans le sol.

En plus des soins habituels apportés aux plantes stimuler leur croissance et augmenter leur résistance en pulvérisant des purins de plantes ou d’autres préparations à base de plantes médicinales ou aromatiques. L’élimination et la destruction des parties de plantes malades constitue une mesure préventive importante.

 
 

Un choix judicieux des emplacements

 

 

Il faut tenir compte de l’emplacement, voir s’il est ensoleillé ou ombragé, protégé ou exposé. La nature du sol -en particulier sa teneur en calcaire- est également importante. En achetant des plants ou des semences, on doit s’informer de leurs exigences dans ce domaine.

 
 

Le choix des variétés

 

 

Le jardinier doit s’en tenir aux variétés de fruits et de légumes qui réussissent dans son jardin, c’est-à-dire qui sont adaptées aux conditions de sol et de climat et à la culture biologique. Il faut aussi savoir que la sensibilité des plantes aux maladies est très variable. Il existe, par exemple, des variétés de concombres, de salades ou de roses résistantes à l’oïdium, des variétés de pommes résistantes à la tavelure, des variétés de salades résistantes au puceron des racines. Malheureusement, il y a toujours des cas où cette résistance disparaît en raison de l’apparition de nouvelles races de ravageurs.

 
 

Les rotations

 

 

 

Il est important de pratiquer des rotations variées pour diminuer le risque de transmission des maladies et des parasites. En cultivant trop fréquemment les mêmes familles de plantes, au même endroit, on peut favoriser certaines maladies ou certains nuisibles. La rotation est particulièrement importante pour les choux, les poireaux, les oignons, les carottes, les pois, les pommes de terre, le persil et les fraisiers. On recommande en général une rotation de trois ans. Pour certaines maladies, le temps de repos doit être plus long car les organismes nuisibles peuvent survivre dans le sol pendant des années. Cela reste valable lorsque l’on pratique des cultures associées.

Certaines espèces d’une même famille ne doivent pas se succéder sur le même terrain car elles ne sont pas compatibles. C’est le cas des chénopodiacées (épinards, blettes, betteraves…) et des rosacées (fraisiers).

 
 

Le moment de la récolte et le stockage

 

 

Le degré de maturité, la récolte par temps chaud et sec, ainsi que des conditions de stockage saines et adaptées influent sur la qualité et la conservation.

La protection biologique des plantes suppose une observation constante de la nature dans son ensemble. L’apparition de maladies ou de parasites sur nos plantes révèle des erreurs culturales ou des conditions de développement défavorables. Un des buts de l’agriculture biologique est de développer les mécanismes de résistance propres aux plantes et de favoriser les processus de régulation naturels.

 
 

Texte issu du livre Ravageurs et maladies au jardin, les solutions biologiques, Edition Terre Vivante

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