ARTICLE

La Leche League France répond aux interprétations d’Elisabeth Badinter

La Leche League France répond aux interprétations d’Elisabeth Badinter

Article du : 17/02/2010

Réalisé par :
La Leche League

 

La Leche League France répond aux interprétations d’Elisabeth Badinter

À la suite de la publication du livre intitulé Le conflit, la femme et la mère, d'Élisabeth Badinter, et des nombreuses interventions médiatiques qui ont entouré sa publication, La Leche League, qui fait l'objet d'un chapitre entier du livre et a été abondamment citée dans les médias par l'auteur, souhaite réagir.

 

La Leche League est une association de soutien à l’allaitement maternel, apolitique et non confessionnelle, fournissant aux femmes qui le désirent une information objective, étayée par l'expérience de nombreuses mères et les données scientifiques les plus récentes, afin de les accompagner dans leur projet d'allaitement.

Nous ne voyons donc que les mères qui s'adressent à nous, et leur apportons les informations dont
elles ont besoin, y compris pour le sevrage de leur bébé.
Nous organisons également des réunions spécifiques pour les aider à concilier travail et allaitement, car de plus en plus de femmes en font le choix.
Ce soutien prend la forme d’une aide de mère à mère, par le biais de réunions d’information et de soutien, d’un répondeur national (7 j / 7 de 8 h à 22 h : le 01 39 584 584), de publications parmi lesquelles L’Art de l'allaitement maternel (éditions First, 2009) et d’un site Internet (www.lllfrance.org). Notre action, relayée par 350 animatrices dans 187 groupes en France, est entièrement bénévole. Nous nous devons de rétablir certains faits.

D'abord des amalgames regrettables : en pages 111-113 de son ouvrage, Mme Badinter évoque 10 "commandements". Ceux-ci ne viennent pas du site de LLL, mais d’un site américain alternatif, "Alternamoms", qui présente une série d'injonctions sur le modèle du décalogue biblique, et qui cite LLL. LLL offre des informations, non des diktats.
En pages 105-106, Mme Badinter explique que "retrouvant les accents moraux de Plutarque s'adressant aux mères romaines qui ne voulaient plus allaiter, on rappelle aux mères que leurs seins appartiennent en priorité à leur bébé [...] ». Là encore, puisqu'il est besoin de le rappeler, le corps de la femme n'appartient qu'à elle, et allaiter demeure un choix. LLL n'a d'autre objectif que d'accompagner les projets d'allaitement de chacune.

En page 142, Mme Badinter se penche sur les mères qui commencent à allaiter et parle "de leur épuisement, de l'insuffisance de leur lait, de la douleur des mamelons crevassés, des heures passées à attendre que le bébé soit enfin rassasié, etc. Les militants de l'allaitement répondent en choeur qu'aucun de ces motifs n'est recevable et que toutes les femmes peuvent le réussir". Elle attribue ainsi à LLL une injonction absolue d'allaiter, quelle que soit la douleur engendrée par l'allaitement. Ceci est totalement contraire aux principes de LLL. À l'inverse, une douleur pendant l'allaitement est pour nous le symptôme d'un problème. Lorsqu'une mère nous sollicite à ce sujet, nous mettons tout en oeuvre pour l'aider si elle désire continuer à allaiter, car, oui, il y a des solutions.

Par ailleurs, la place du père dans le maternage est, selon LLL, essentielle. Il ne saurait disparaître au seul profit de la mère. Un chapitre entier de L'Art de l'allaitement maternel est consacré au père.

Enfin, et pour conclure, oui, nous pensons que les besoins du bébé, immature et vulnérable, sont
prioritaires, et que sa mère est la personne la mieux à même d'y répondre.

Pour plus d’informations, contactez :
Bénédicte Opitz
Présidente de l'association
Tél. : 01 44 78 91 64
Claude Didierjean-Jouveau
Responsable des relations avec la presse
Tél. : 01 48 94 70 97 / 06 07 99 22 07

A propos de La Leche League
La Leche League France (Leche se prononce létché et signifie le lait en espagnol, et League se prononce ligue, littéralement la ligue du lait) est une association loi 1901 reconnue d'intérêt général.
Depuis sa création en 1979, LLL France, antenne française de LLLI fondée en 1956 par sept mères,
n’a cessé d’oeuvrer pour remettre les bébés dans les bras de leurs mères. En France, ce sont aujourd’hui plus de 350 mères bénévoles qui offrent de leur temps pour aider les mères à vivre un allaitement heureux. La Leche League, c’est aussi tout un ensemble de services à destination des professionnels de santé, dont un département de formation, AM-F.
Pour plus d’informations : www.lllfrance.org
Vos réactions

12 réactions à cet article

Réagissez !

Lisa | 28/04/2010

Madame Badinter, Vous n'avez rien compris ! Pourquoi ne parlez-vous pas de l'époque ou c'était l'allaitement maternel qui était visé du doigt ? Et alors quand les femmes voulaient allaiter il fallait qu'elles suivent un protocole qui n'avait aucun sens, et ne marchait pas évidement, que dans le but de vouloir tout contrôler par le corps médical (éssentiellement des hommes). Aujourd'hui nous avons repris ce qui nous appartient, ce qu'on nous a volé. Si le rôle de nouricière est valorisé, biensûr plus de femmes allaitent et allaiteront. Et l'enfant dans tout ça, on lui laisse le choix ? Son épanouissement, sa santé ? L'allaitement crée une indépendance incomparable, plus de bibirons à stériliser, à emporter, à réchauffer, les réveils nocturnes sont plus supportables... On sort de chez soi sans se poser la question comment et où nourir l'enfant, ça va de soi. Et les couches lavables ne sont pas comparables aux langes de l'époque. Madame Badinter, ce n'est pas moi qui lave les couches, j'ai une machine à laver, pas vous ? Et j'ai un mari qui a 2 bras pour changer le bébé ! Je ne pense pas que les nouveaux papas ne changent pas plus un enfant en couches jetables qu'en couches lavables. Et les bébés ne font pas plus souvent caca avec les couches lavables... souvent même, les enfants sont propres plus tôt, donc ça fait finalement moins de corvée dans la durée. Vouloir s'occuper de son enfant, le coocooner, l'allaiter (ou essayer d'allaiter), le porter, le mettre en couches lavables ne rime pas avec se sacrifier mais avec contribuer à une vie meilleure à l'homme ou la femme que deviendra cet enfant, au niveau de sa santé, son épanouissement, son environnement et lui apporter ce que la société ne peux lui apporter, celà nous met dans un état de bien-être et dans l'épanouissement personnel accompli... Et cet engagement ne nous prend que 2 ans par enfant en moyenne et aura des résultats positifs pour tout le reste de sa vie

badin | 11/03/2010

Le simple fait que le leche league ait eu besoin de justifier ces principes ne fait-i pas d'elle une hypocrite? Il est de plus en plus fréquent de voir des jeunes mamans toisées et affublée de critiques désobligeantes par le personnel des marternités lorsqu'elle affirme ne pas vouloir allaiter, le lobby de l'allaiterment maternel est un fait indéniable,et en ça, l'ouvrage de Mme Badinter est un bon moyen de déculpabiliser. La vraie question étant de savoir si les femmes n'ont pas elles même renoncer à une part de leur indépendance en ce mettant au service exclusif de leurs enfants.... Ce qui m'a le plus marqué dans cet ouvrage est que je m'y suis reconnue quadn l'auteure explique que les femmes qui n'ont pas d'enfants sont jugées sans cesse, comme si nous étions anormales, je n'ai que 30 ans et n'est pas encore fait de choix quand à la maternité, pour cela je suis pénalisée sur le plan professionel(les recruteurs ne veulent pas de congé maternité) et sur le plan social (je suis un monstre d'égoisme) comme si la femme n'était au final qu'un utérus et un garde manger pour sa progéniture. Pour cela je dis Merci Mme Badinter, de bien vouloir expliquer que le choix d'être ou non mère est complexe et que la maternité ne va pas de soit pour toute

rosita | 25/02/2010

Elizabeth a le mérite de nous sortir de notre torpeur post partum! Elle y va fort, c'est vrai, mais parcequ'elle est seule à s'élever contre la pensée courte et la pensée unique et en cela elle est admirable. Il faut du courage aujourd'hui pour allaiter autrement qu'à la demande (c'est encore pire que ne pas allaiter!), échapper à la dictature de l'enfant sans passer pour une mère indigne, bref, vivre avec notre ambivalence et notre esprit critique. Mais il ne faut pas oublier que c'est le lot de la classe moyenne: les couches lavables et les congés "parentaux", tout le monde ne peut se le permettre, ni la très riche ni la très pauvre ne sont concernées par ces "choix" qui sont présentés comme meilleurs et preuves de bon maternage. Les féministes se battent pour toutes les femmes, celles qui restent à la maison "de leur plein gré", celles qui allaitent jusqu'à la lie pendant que "papa" va gagner le pain ne sont pas la majorité. Pour la plupart des femmes il n'est pas question de choix, or les propos contre lesquels s'élève Badinter sont massivement divulgués alors qu'ils ne sont destinés qu'à une certaine classe sociale. Celle qui lit son livre. Bravo Elizabeth! Elle lance un pavé dans la mer de lait, forcément ça dérange.
Réagissez à cet article !

La Leche League France répond aux interprétations d’Elisabeth Badinter




* Tous les champs sont obligatoires


      

 

COMMUNAUTÉ

Rejoignez les 80000 membres :

Rejoignez les forums et les groupes

Créez facilement votre micro-blog

Suivez l'activité de vos amies

Participez aux événements

 En savoir plus

PUBLICITE

NEWSLETTER

Inscrivez vous gratuitement !

 Je souhaite recevoir la newsletter



Liens commerciaux