Antennes relais : danger sur nos têtes

Publié le 24 novembre 2011 - Mis à jour le 15 novembre 2012

L'association Santé Environnement France s’inquiète de l’apparition de forêt d’antennes relais sur les toits des HLM. Une situation qui nuit à la santé des riverains comme le démontre sa dernière étude.

Antennes relais : danger sur nos têtes

Il y a des forêts que l’on préfèrerait ne pas voir. Comme celles d’antennes relais sur les toits des HLM. L’association Santé Environnement France (ASEF) a en dénombré pas moins de 12 à 14 sur les toits de certains HLM d’Aix-en-Provence et d’Aubagne. Une présence surnuméraire qui n’est pas sans conséquences.

143 locataires de ces HLM ont accepté de participer à l’enquête de l’association, qui cherche à évaluer l'impact des antennes relais sur la santé des riverains. Leurs réponses sont édifiantes. 43% des personnes interrogées se plaignent d’acouphènes (sifflements, bourdonnements, etc.), alors que la moyenne nationale n’est que de 15%. Même conclusion concernant les troubles du sommeil : 55% des locataires en souffrent, contre 32% de la population. Le résultat le plus marquant concerne les troubles de la concentration : 27% des sondés avouent avoir du mal à se concentrer, alors que c'est le cas de seulement 4% des Français ! Heureusement, pour 83% des personnes qui ont la chance de partir en vacances, les symptômes disparaissent au bout de quelques jours passés hors de leur domicile.

Les résultats de l’enquête menée par l’association vont dans le sens d’autres études menées en Pologne, en Egypte et en Autriche depuis le début des années 2000. Les risques sont donc connus, et pourtant, les antennes relais continuent d’envahir les toits des HLM. Car pour les opérateurs, ces immeubles sont une aubaine. La loi les oblige à obtenir l’accord de tous les propriétaires de l’immeuble avant d’implanter une antenne. Dans le cas des HLM, il n’y a qu’un propriétaire.

Les locataires des HLM n’ont aucun droit de regard sur ce qui se trame sur leurs têtes. « Les locataires que nous avons rencontrés ont l'impression qu'on se moque d'eux », explique le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l'ASEF et Chirurgien-Pédiatre à Aix-en-Provence. « On ne leur a pas demandé leur avis pour savoir s'ils étaient d'accord pour qu'on leur implante des antennes relais sur leur toit. Ils ne touchent même pas d'indemnités financières pour ça et pourtant ce sont eux qui prennent et assument le risque. C'est anti-démocratique. En tant que médecins, nous estimons qu'il n'y a ni patient, ni citoyen de seconde zone  ».

Les rapports et alertes autour des dangers des antennes relais se sont multipliés ces dernières années. En mai 2011, le Conseil de l'Europe a même reconnu que les émissions de la téléphonie mobile étaient une attaque à la santé publique. La situation devient donc difficilement tenable. Le Dr Halimi en appelle donc au législateur : « Nous avons donc besoin de normes collectives telles qu'il en existe sur l'air ou sur l'eau ! Le législateur doit se saisir de cette question en se demandant à qui doit bénéficier le doute ».

Claire Sejournet
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