La Leche League France répond aux interprétations d’Elisabeth Badinter

Publié le 17 février 2010 - Mis à jour le 15 novembre 2012

À la suite de la publication du livre intitulé Le conflit, la femme et la mère, d'Élisabeth Badinter, et des nombreuses interventions médiatiques qui ont entouré sa publication, La Leche League, qui fait l'objet d'un chapitre entier du livre et a été abondamment citée dans les médias par l'auteur, souhaite réagir.

La Leche League France répond aux interprétations d’Elisabeth Badinter

La Leche League est une association de soutien à l’allaitement maternel, apolitique et non confessionnelle, fournissant aux femmes qui le désirent une information objective, étayée par l'expérience de nombreuses mères et les données scientifiques les plus récentes, afin de les accompagner dans leur projet d'allaitement.

Nous ne voyons donc que les mères qui s'adressent à nous, et leur apportons les informations dont
elles ont besoin, y compris pour le sevrage de leur bébé.
Nous organisons également des réunions spécifiques pour les aider à concilier travail et allaitement, car de plus en plus de femmes en font le choix.
Ce soutien prend la forme d’une aide de mère à mère, par le biais de réunions d’information et de soutien, d’un répondeur national (7 j / 7 de 8 h à 22 h : le 01 39 584 584), de publications parmi lesquelles L’Art de l'allaitement maternel (éditions First, 2009) et d’un site Internet (www.lllfrance.org). Notre action, relayée par 350 animatrices dans 187 groupes en France, est entièrement bénévole. Nous nous devons de rétablir certains faits.

D'abord des amalgames regrettables : en pages 111-113 de son ouvrage, Mme Badinter évoque 10 "commandements". Ceux-ci ne viennent pas du site de LLL, mais d’un site américain alternatif, "Alternamoms", qui présente une série d'injonctions sur le modèle du décalogue biblique, et qui cite LLL. LLL offre des informations, non des diktats.
En pages 105-106, Mme Badinter explique que "retrouvant les accents moraux de Plutarque s'adressant aux mères romaines qui ne voulaient plus allaiter, on rappelle aux mères que leurs seins appartiennent en priorité à leur bébé [...] ». Là encore, puisqu'il est besoin de le rappeler, le corps de la femme n'appartient qu'à elle, et allaiter demeure un choix. LLL n'a d'autre objectif que d'accompagner les projets d'allaitement de chacune.

En page 142, Mme Badinter se penche sur les mères qui commencent à allaiter et parle "de leur épuisement, de l'insuffisance de leur lait, de la douleur des mamelons crevassés, des heures passées à attendre que le bébé soit enfin rassasié, etc. Les militants de l'allaitement répondent en choeur qu'aucun de ces motifs n'est recevable et que toutes les femmes peuvent le réussir". Elle attribue ainsi à LLL une injonction absolue d'allaiter, quelle que soit la douleur engendrée par l'allaitement. Ceci est totalement contraire aux principes de LLL. À l'inverse, une douleur pendant l'allaitement est pour nous le symptôme d'un problème. Lorsqu'une mère nous sollicite à ce sujet, nous mettons tout en oeuvre pour l'aider si elle désire continuer à allaiter, car, oui, il y a des solutions.

Par ailleurs, la place du père dans le maternage est, selon LLL, essentielle. Il ne saurait disparaître au seul profit de la mère. Un chapitre entier de L'Art de l'allaitement maternel est consacré au père.

Enfin, et pour conclure, oui, nous pensons que les besoins du bébé, immature et vulnérable, sont
prioritaires, et que sa mère est la personne la mieux à même d'y répondre.

Pour plus d’informations, contactez :
Bénédicte Opitz
Présidente de l'association
Tél. : 01 44 78 91 64
Claude Didierjean-Jouveau
Responsable des relations avec la presse
Tél. : 01 48 94 70 97 / 06 07 99 22 07

A propos de La Leche League
La Leche League France (Leche se prononce létché et signifie le lait en espagnol, et League se prononce ligue, littéralement la ligue du lait) est une association loi 1901 reconnue d'intérêt général.
Depuis sa création en 1979, LLL France, antenne française de LLLI fondée en 1956 par sept mères,
n’a cessé d’oeuvrer pour remettre les bébés dans les bras de leurs mères. En France, ce sont aujourd’hui plus de 350 mères bénévoles qui offrent de leur temps pour aider les mères à vivre un allaitement heureux. La Leche League, c’est aussi tout un ensemble de services à destination des professionnels de santé, dont un département de formation, AM-F.
Pour plus d’informations : www.lllfrance.org

La Leche League
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Réactions à l'article
Par lunazen le 17 février 2010 à 16h38
Un soutien

Je ne suis pas maman, mais je comprend tout à fait la position de La Leche League France. Elle est là pour soutenir et accompagner toute femme désirant allaiter son enfant. Elle prodigue des conseils et non des obligations ! Je serai ravie si j'étais une future maman d'avoir des conseils pour m'accompagner. Le lait maternel est le plus adapté au nourrisson, cela ne veut pas dire qu'une maman qui n'allaite pas est une mauvaise mère ! Chaque femme est libre de faire ses choix.

Par barbara le 19 février 2010 à 10h25
La leche league soutient et ne juge pas !

Maman d'une petite fille d'1 an 1/2, encore aujourd'hui allaitée (pour notre plus grand plaisir à toutes les 2), et femme qui travaille, j'ai été également choquée par les propos de Mme Badinter sur France Inter. Je soutiens ici la leche league. Sans vous, courageuses bénévoles (et particulièrement Charlotte Lucas, l'animatrice de chez moi), ma fille n'aurait bénéficié de mon bon lait que quelques mois, peut-être même quelques semaines. Merci donc. Et continuez s'il-vous-plait! Encore une dernière chose: je suis temoin du soutien que l'animatrice LLL a apporté à une jeune Maman désirant allaiter 1 mois, SANS AUCUNE REMARQUE DESOBLIGEANTE SUR LE CHOIX QU'ELLE AVAIT FAIT. Bravo Mesdames.

Par verogasp le 19 février 2010 à 16h56
mère et pas épanouie????

j'ai acheté, lu et pratiqué "l'art de l'allaitement maternel" au cours de mon premier allaitement. Epuisant. Comme vous le dites, les besoins du bébé, immature et vulnérable, sont prioritaires. Mais pour avoir délégué davantage les soins lors de mon deuxième allaitement, j'ai compris que ce que vous préconisez pour les femmes n'est possible que dans une société où celles-ci sont véritablement soutenues et accompagnées. Pas seulement par le père ou les bénévoles (très compétentes au demeurant), de la LLL, mais aussi par un cercle intime disponible de jour comme de nuit. Allaiter en travaillant, c'est beaucoup plus facile si on a sa propre maman pas loin pour faire une petite sieste de récup pendant qu'elle garde l'aîné. Allaiter sans travailler, pour moi c'était tout simplement trop aliénant. De là à penser que le modèle fusionnel n'est possible que dans les sociétés traditionnelles, il n'y a qu'un pas, et je déplore qu'on ne réfléchisse pas davantage , au cours de ce débat, sur toutes les structures publiques qu'il faudrait mettre à disposition des jeunes mères pour leur permettre d'assumer leur rôle de mère sans pour autant sacrifier leur épanouissement personnel. Car je n'ai pas honte de le dire, moi et mes copines, on ne s'est guère épanouies avec nos bébés. Mes rapports avec mes enfants sont de plus en plus forts à mesure qu'ils grandissent et qu'on quitte cet état de dépendance animale dans laquelle ils étaient bébés.

Par maria le 21 février 2010 à 16h49
Allaitement ... un petit tour là où ca marche!

Bonjour,
J?habite en Norvège depuis près de 6 ans. Je dois l?admettre au début allaitement ? j?étais un peu sceptique... Je n?avais jamais vu ca en France en tout cas ! Ma fille, je l?ai allaité à la demande jusqu?à ses 2 ans. Ce choix c?est imposé tout à fait naturellement. De la même manière c?est fait l?arrêt. Je ne comprends pas cette façon d?opposer en France allaitement et liberté de la femme. Je n?est pour ma part pas vécue l?allaitement comme une aliénation, bien au contraire. L?allaitement a beaucoup d?avantage pour la femme (et pour le reste de la famille) dont on ne parle bien peu ? on n?en voit que l?aspect primitif : perte des kilos de grossesse et temps éclair ?, facile d?emploi (c?est là tout près, déjà chaud ? la nuit personne de se lève pour chauffer le biberon, en journée on peut aller se balader où l?on veut sans penser à toute la logistique). Et puis, pour moi la libération (je suis une femme active ? une carriériste) c?est d?avoir un enfant en santé ? avec un system immunitaire au top : la petite à maintenant 3 ans et je ne l?ai jamais emmené au médecin pour une seule maladie enfantine? mon employeur apprécie ?

Par soso54 le 23 février 2010 à 19h31
Bravo!

Bravo! Les mots m'ont maqué quand la stupeur et la colère m'ont étreinte à l'écoute de Mme Badinter qui s'est trompée de combat.Nous sommes au 21° siècle et le vrai progrès féministe et humaniste serait d'avoir le choix sans avoir à supporter les théories excessives et intolérantes de ces fausses féministe qui sont bien loin des défendre toutes les femmes! J'allaite mon fils depuis plus d'un an et je n'arrêterais pour rien au monde! Je trouve que l'allaitement est facile, naturel, économique et si agréable!!

Par soso54 le 23 février 2010 à 19h31
Bravo!

Bravo! Les mots m'ont maqué quand la stupeur et la colère m'ont étreinte à l'écoute de Mme Badinter qui s'est trompée de combat.Nous sommes au 21° siècle et le vrai progrès féministe et humaniste serait d'avoir le choix sans avoir à supporter les théories excessives et intolérantes de ces fausses féministe qui sont bien loin des défendre toutes les femmes! J'allaite mon fils depuis plus d'un an et je n'arrêterais pour rien au monde! Je trouve que l'allaitement est facile, naturel, économique et si agréable!!

Par tarra le 23 février 2010 à 21h54
étrange

Qd j'ai tél a la lll pour des soucis d'allaitement, j'ai eu comme réponse des mots rudes, insultants et humiliants. J'ai abandonné l'allaitement me jurant que plus jamais recommencer. Elisabeth Badintere a tellement raison dans ses propos. Mais encore une fois, le LLL est tellement certaine de sa supériorité, qu'il lui est impossible de se remettre en question.

Par gwenola le 24 février 2010 à 14h46
Vision d'ensemble

Il faut avoir une vision d'ensemble du discours de Mme BADINTER. Pour moi, elle souhaite que les choix de chacun soient respecter et restent possibles : travailler ou ne pas travailler, avoir des enfants ou pas, ecolo ou pas écolo, allaitement, couches lavables...mais elle alerte sur le fait que les politiques, les médias puis la société fassent que nous les femmes nous n'ayons plus le choix. A mon sens et depuis toujours, la société en générale ne fait pas grand chose pour que l'on concilie tout et à nous la culpabilité.

Par flochon le 24 février 2010 à 23h29
le choix, c'est ça la révolution !!!

Toute cette polémique m'inspire une récation : le vrai défi et l'essentiel pour les femmes est de se réapproporier son destin, de sentir en soi ses envies et son potentiel de vie, loin des idéologies ... jcelle de Mme Badinter'ai une certaine compassion et du respect pour ce qui motive Mme Badinter, et je suis même heureuse qu'elle soit là, vigilante et du côté des femmes... mais ses positions sont malheureusement figées et empreintes de souffrance. Aider les femmes, c'ets d'abord les informer et ne pas les juger, ni quand elle n'ont pas envie d'allaiter, ni quand elles allaitent 3 ans et n'utilisent pas de couches jetables...

Par rosita le 25 février 2010 à 22h04
seule contre toutes ou presque toutes!

Elizabeth a le mérite de nous sortir de notre torpeur post partum! Elle y va fort, c'est vrai, mais parcequ'elle est seule à s'élever contre la pensée courte et la pensée unique et en cela elle est admirable. Il faut du courage aujourd'hui pour allaiter autrement qu'à la demande (c'est encore pire que ne pas allaiter!), échapper à la dictature de l'enfant sans passer pour une mère indigne, bref, vivre avec notre ambivalence et notre esprit critique. Mais il ne faut pas oublier que c'est le lot de la classe moyenne: les couches lavables et les congés "parentaux", tout le monde ne peut se le permettre, ni la très riche ni la très pauvre ne sont concernées par ces "choix" qui sont présentés comme meilleurs et preuves de bon maternage. Les féministes se battent pour toutes les femmes, celles qui restent à la maison "de leur plein gré", celles qui allaitent jusqu'à la lie pendant que "papa" va gagner le pain ne sont pas la majorité. Pour la plupart des femmes il n'est pas question de choix, or les propos contre lesquels s'élève Badinter sont massivement divulgués alors qu'ils ne sont destinés qu'à une certaine classe sociale. Celle qui lit son livre. Bravo Elizabeth! Elle lance un pavé dans la mer de lait, forcément ça dérange.

Par badin le 11 mars 2010 à 13h40
Besoin de jusification?

Le simple fait que le leche league ait eu besoin de justifier ces principes ne fait-i pas d'elle une hypocrite? Il est de plus en plus fréquent de voir des jeunes mamans toisées et affublée de critiques désobligeantes par le personnel des marternités lorsqu'elle affirme ne pas vouloir allaiter, le lobby de l'allaiterment maternel est un fait indéniable,et en ça, l'ouvrage de Mme Badinter est un bon moyen de déculpabiliser. La vraie question étant de savoir si les femmes n'ont pas elles même renoncer à une part de leur indépendance en ce mettant au service exclusif de leurs enfants.... Ce qui m'a le plus marqué dans cet ouvrage est que je m'y suis reconnue quadn l'auteure explique que les femmes qui n'ont pas d'enfants sont jugées sans cesse, comme si nous étions anormales, je n'ai que 30 ans et n'est pas encore fait de choix quand à la maternité, pour cela je suis pénalisée sur le plan professionel(les recruteurs ne veulent pas de congé maternité) et sur le plan social (je suis un monstre d'égoisme) comme si la femme n'était au final qu'un utérus et un garde manger pour sa progéniture. Pour cela je dis Merci Mme Badinter, de bien vouloir expliquer que le choix d'être ou non mère est complexe et que la maternité ne va pas de soit pour toute

Par lisa le 28 avril 2010 à 22h28
l'allaitement ne rime pas avec sacrifice

Madame Badinter, Vous n'avez rien compris ! Pourquoi ne parlez-vous pas de l'époque ou c'était l'allaitement maternel qui était visé du doigt ? Et alors quand les femmes voulaient allaiter il fallait qu'elles suivent un protocole qui n'avait aucun sens, et ne marchait pas évidement, que dans le but de vouloir tout contrôler par le corps médical (éssentiellement des hommes). Aujourd'hui nous avons repris ce qui nous appartient, ce qu'on nous a volé. Si le rôle de nouricière est valorisé, biensûr plus de femmes allaitent et allaiteront. Et l'enfant dans tout ça, on lui laisse le choix ? Son épanouissement, sa santé ? L'allaitement crée une indépendance incomparable, plus de bibirons à stériliser, à emporter, à réchauffer, les réveils nocturnes sont plus supportables... On sort de chez soi sans se poser la question comment et où nourir l'enfant, ça va de soi. Et les couches lavables ne sont pas comparables aux langes de l'époque. Madame Badinter, ce n'est pas moi qui lave les couches, j'ai une machine à laver, pas vous ? Et j'ai un mari qui a 2 bras pour changer le bébé ! Je ne pense pas que les nouveaux papas ne changent pas plus un enfant en couches jetables qu'en couches lavables. Et les bébés ne font pas plus souvent caca avec les couches lavables... souvent même, les enfants sont propres plus tôt, donc ça fait finalement moins de corvée dans la durée. Vouloir s'occuper de son enfant, le coocooner, l'allaiter (ou essayer d'allaiter), le porter, le mettre en couches lavables ne rime pas avec se sacrifier mais avec contribuer à une vie meilleure à l'homme ou la femme que deviendra cet enfant, au niveau de sa santé, son épanouissement, son environnement et lui apporter ce que la société ne peux lui apporter, celà nous met dans un état de bien-être et dans l'épanouissement personnel accompli... Et cet engagement ne nous prend que 2 ans par enfant en moyenne et aura des résultats positifs pour tout le reste de sa vie

Par Chanterons le 6 mai 2013 à 10h40
On ne critique pas un ouvrage sans l'avoir lu !!!

Malgré le fait que ce commentaire ne soit pas récent, je me permets d'y répondre...
Madame, on ne se permet pas de juger l'auteur d'un ouvrage qu'on a VISIBLEMENT JAMAIS LU. Ce n'est pas très malin ! Badinter parle justement, dans son livre, du fait qu'à une certaine époque, les femmes allaitantes étaient perçues de façon négative. Elle dresse un tableau très réaliste de la situation des femmes européennes face à l’allaitement. En aucune façon elle ne fait l'apologie du biberon, elle alerte simplement les femmes face aux dérives d'un groupe ( Notre-Dame de l'heureuse délivrance et du lait abondant), autrement dit la Leche League. Les mamans subissent des pressions et des culpabilisations sans aucune raisons valables, et elles n'ont pas toujours le temps ni le goût pour la lecture et l'information. C'est bien que des sociologues très informées sur la question aient le courage de pointer des faits qui échappent à la plupart...

Par lolodu62300 le 20 mars 2011 à 10h56
question sur laletement

bonjour je voudrai savoir un petit truk sur laletement sa va faire un moi ke jai pu de lai mai la mes sein recoule et je voudrai savoir si cela et normale?? et si je doi remetre ma puce a seins

Par azou2300@hotmail le 18 novembre 2012 à 13h13
algeri

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