Anti-stress

Arrêtez de stresser en 21 jours avec le livre "J'arrête de stresser"

Publié le 3 avril 2013
Fondatrice de FemininBio, directrice de collection chez Eyrolles, dingue de bio, folle de nature, de running et par dessus tout de l'évolution de la conscience de l'être humain ;-)
Silvia André et Patrick Amar, auteurs de "J'arrête de stresser", éditions Eyrolles
Silvia André et Patrick Amar, auteurs de "J'arrête de stresser", éditions Eyrolles
© Eyrolles

Se libérer du stress en moins d'un mois, c'est le pari du livre "J'arrête de stresser" (Eyrolles). Rencontre avec ses auteurs Silvia André et Patrick Amar, deux psychologues spécialistes du zéro stress.

Un, deux, trois, prenez une profonde inspiration, une profonde expiration et c'est parti pour une interview super zen !

Quels sont vos parcours respectifs ?

Patrick Amar : Après un diplôme de l’ESSEC et une première carrière dans la banque à l’international où j’ai vu beaucoup de stress au travail, de pathologies et de personnalités difficiles, c’est assez naturellement que je me suis dirigé vers la psychologie clinique afin d'avoir les outils pour comprendre tout cela. Après un DESS en psychologie clinique et un travail pré-doctoral sur le coaching, j’ai co-fondé il y a plus de 10 ans Axis Mundi, spécialisée dans l’accompagnement professionnel et la santé au travail. 

Silvia André : Je suis psychologue clinicienne, spécialisée en victimologie et en psychologie de la santé. Avant de rejoindre Axis Mundi, j’ai travaillé 7 ans en milieu psychiatrique, dans une unité d’hospitalisation et simultanément aux urgences. Cette expérience institutionnelle très riche et variée m’a mis en contact avec toutes les problématiques liées au stress : du surmenage classique au stress aigu et post-traumatique. Le stress ne choisit ni âge, ni sexe, ni niveau socio-culturel, et c’est en milieu hospitalier que l’on s’en rend compte : en observant les patients, mais également les soignants très impliqués dans leur travail.

D'ou vient le stress ?

Le stress naît de la confrontation à une situation problématique ou menaçante que nous avons l’impression de ne pas pouvoir gérer efficacement. La personne perçoit un déséquilibre entre les contraintes de la situation et les ressources qu’elle pense avoir pour y faire face. Si la source de stress est différente pour chaque individu, on retrouve un ensemble d’éléments communs qui provoque l’apparition du stress : l’imprévisibilité ou la nouveauté d’une situation, un sentiment de maitrise faible, une menace pour notre ego.

Est-ce un phénomène nouveau ?

Pas vraiment. Le stress est concomitant avec l’arrivée de l’être humain sur Terre. L’apparition du mammouth ou de la bête sauvage devant notre ancêtre préhistorique induit chez celui-ci une réaction de stress qui l’aide à mobiliser rapidement ses ressources pour décider de fuir ou de combattre. Phénomène très ancien donc, mais remis au goût du jour par nos nouveaux modes de vie qui présentent de nouveaux défis et demandent de nouvelles formes d’adaptation.

Y a t-il un stress positif versus un stress négatif ?

Le stress est un contributeur majeur pour tout un ensemble de maladies, des plus bénignes au plus graves comme les cancers ou les maladies coronariennes. Par ailleurs en contribuant à l’affaiblissement du système immunitaire, le stress peut faciliter l’apparition ou l’exacerbation de maladies. Tout n’est pas négatif cependant dans le stress : celui permet en effet l’adaptation essentielle de notre organisme à des situations problématiques ou menaçantes en le mobilisant pour l’action. On distingue ainsi l’eustress, le bon stress (du préfixe grec "eu" voulant dire, bon) qui permet de mieux faire face, de nous mobiliser, voire de nous surpasser (par exemple lors d’un examen, une épreuve sportive, une intervention en public…), du mauvais stress ou distress qui peut avoir des effets néfastes.

Comment détecter si l'on est stressé ?

Le stress s’accompagne d’un cortège de réaction au niveau physiologique, comportemental, psychologique et émotionnel. Nous avons souvent un mode qui nous est propre d’être stressé : certains "privilégieront" le mode physiologique en somatisant, d’autres le mode comportemental, par une agressivité ou un repli, la consommation de produits toxiques… d’autres enfin le mode psychologique ou émotionnel en étant dans l’auto-dépréciation, en ressentant une grande fatigue, en ayant des crises de larmes plus fréquentes... 

Nait-on avec des prédispositions au stress ?

Il y a, pour le stress comme pour un grand nombre de maladies ou de caractéristiques personnelles, une dimension génétique importante. Ceci ne doit pas conduire à une posture fataliste ou à la sous-estimation de toutes les stratégies que nous pouvons adopter pour réduire notre stress.

Vos astuces pour arrêter de stresser ?

Nous avons indiqué dans notre ouvrage un grand nombre de concepts et techniques pour réduire son stress et chacun de vos lecteurs et lectrices aura probablement ses propres techniques à lui. La relaxation et l’apprentissage d’une bonne respiration sont importants, de même qu’un travail sur ses pensées et ses émotions. Citons aussi des techniques d’acception (de soi, des autres, de ce qui arrive) et de lâcher prise, une plus grande affirmation de soi, une meilleure gestion du temps qui évite la procrastination, des pratiques alimentaires et physiques saines, etc.Ces astuces sont souvent complémentaires et se focalisent sur différents modes d’entrée et d’entretien du stress.

Votre opinion sur la gestion du stress par la médecine allopathique et les solutions naturelles ?

Les solutions naturelles offrent de très bons résultats pour la gestion du stress, mais comme pour toute pathologie, cette alternative doit avant tout être préventive. Lorsque le stress est chronique il faut être prêt à changer beaucoup de choses dans son hygiène de vie. Les études montrent, par exemple, les effets positifs de la valériane, de la passiflore ou du houblon sur le stress et l’anxiété. Le GABA et le SAM-E, encore trop méconnus en France sont des alternatives très saines à certains traitements. Lorsqu’on veut mieux gérer son stress, il est réellement important de revoir sa santé en globalité.

Et la méditation de pleine conscience ?

La Pleine Conscience, ou "Mindfullness" est une pratique ancestrale qui, grâce à la science, reprend une place méritée dans nos vies modernes. Le principe de base de la méditation est de développer son attention et sa concentration et de canaliser le flot incessant afin de créer un espace entre soi et ses pensées. C’est une connexion à l’instant présent. Dans cet espace, nous parvenons à nous reconnecter à notre corps et à nos besoins les plus fondamentaux. Nous disposons de plus de temps pour soi et les autres, amplifions les sentiments de tolérance, compassion et bienveillance et comprenons plus finement nos tensions internes, nos émotions et nos contradictions. Avec maintenant plus de 30 années de recul concernant les bénéfices retirés d’une pratique régulière de méditation, les résultats sont formels : la méditation augmente notre attention et concentration, réduit de 30 à 40% le stress et la colère, le taux de cholestérol dans le sang et la tension artérielle; elle améliore l’humeur, renforce le système immunitaire, augmente les cellules souches. 

La respiration a-t-elle un rôle à jouer ?

Oui, complètement. La respiration est un élément majeur de la réduction du stress. Nous consacrons d’ailleurs, dans le livre, un chapitre entier à la respiration diaphragmatique. Une respiration de qualité, c’est-à-dire, plus lente et abdominale, permet de mieux oxygéner nos cellules, mais également de créer des ondes cérébrales plus longues, ce qui aide à la détente et à la relaxation. On peut voir immédiatement quelqu’un de stressé à sa manière de respirer : soit la respiration est saccadée et courte, soit quasi-inexistante… Les artistes l’ont bien compris : bien respirer est essentiel à leur performance, qu’elle soit vocale ou autre. Faites le test : au moins 3 fois par jour, installez-vous et respirez pendant 3 minutes calmement. Essayez de tenir environ sur 20 respirations, et vous verrez que cela changera considérablement les heures qui suivront.

Peut-on arrêter de stresser en 21 jours ?

Bonne question ! Nous pensons qu’à l’issue de ce programme de 21 jours, on devient différent face au stress, notre qualité de vie s’améliore. Il est certain que si l’on met les principes du livre en pratique on ne stresse plus comme avant ! Les pratiques rassemblées dans cet ouvrage transforment en fonction de l'application qui en est faite. Cela demande un engagement personnel important, mais cela fonctionne. C’est une certitude ! 

Le stress est-il communicatif ?

Selon une étude récente d’une psychologue, Elaine Hatfield, le stress serait en quelque sorte "contagieux". Cette psychologue a constaté qu’en entreprise, le stress pouvait se répandre plus vite qu’un rhume. La faute, probablement, à nos "neurones miroirs" qui absorbent les comportements, les traits et les expressions faciales de nos collègues. Cette étude considère les femmes plus à risque, car plus en empathie vis-à-vis des autres et qu’elles absorberaient, pour cette raison, le stress de leurs collègues ou amis. Cette sensibilité pousserait les femmes à synchroniser leurs mimiques et leurs mouvements, expressions, voix, postures avec ceux des autres.

Quelles sont les dernières découvertes sur le stress ?

Un article très récent publié dans le magazine "Comprehensive Psychology" a montré que 10 secondes de câlins, c'est-à-dire, être dans les bras de quelqu’un ou d’être touché par quelqu’un pour qui nous avons de l’affection suffit à faire chuter fortement le taux de cortisol, l’hormone du stress. En plus, le toucher provoque la libération d’ocytocine, l’hormone qui favorise l’attachement et diminue le niveau de stress, une régression de la dépression, des infections et de la fatigue. D’autres études suggèrent que l’humour non agressif sur le lieu de travail est un vrai antidote contre le stress. 

La naissance sur-médicalisée est-elle reconnue comme facteur de stress pour le futur adulte ?

Nous avons aujourd’hui la chance d’avoir une médecine de plus en plus performante, ce qui a apporté un confort et une sécurité comme jamais l’humanité ne les a vécus. Mais il est vrai que cela peut soulever des questions, notamment concernant la grossesse. La médicalisation de la grossesse peut poser problème dans le sens ou elle ne favorise pas toujours un choix chez la femme. Certaines sont en demande, c’est sûr, mais pas toutes. Des études ont mis en avant le stress que provoque la multiplication des examens et des analyses que l’on fait aux femmes tout au long de leur grossesse, ainsi que tous les appareils présents dans une salle d’accouchement classique. C’est normal d’en ressortir stressé : implicitement on laisse entendre que s’il y a autant d’appareils, c’est qu’accoucher doit être dangereux ! Alors que le corps médical ne cherche qu’à rassurer. Une chose est sûre, si la maman est stressée, le bébé l’est aussi, mais nous n’avons peut-être pas encore assez de recul à ce sujet. 

La société occidentale, de consommation, pousse-t-elle au stress ?

Oui bien sûr ! Notre vie moderne nous éloigne de notre vrai rythme interne et de nos vrais besoins. Les 30 dernières années ont accéléré de façon très importante notre façon de vivre, de manger, de travailler, d’être avec les autres, de communiquer… Nous vivons en perpétuel état d’urgence, nous sommes connectés partout, à tout moment, sans repos. Nous cumulons également plus d’obligations que nos ancêtres et vivons des changements très (trop) rapides. Si nous considérons que les changements induisent inévitablement du stress, alors notre vie moderne, dans cette société de consommation effrénée ou tout va et change très vite, est extrêmement stressante. 

Une personnalité non stressée qui vous inspire ?

Nous avons une certaine admiration pour ceux qui sont exposés au stress et à la prise de décisions difficiles au quotidien : certains hommes politiques comme le Président Obama par exemple… et pour ceux qui se retirent du bruit, de la foule, de la société moderne, pour vivre dans la solitude, comme Christopher McCandless, par exemple (aventurier américain qui a fait l'objet du récit biographique "Voyage au bout de la solitude"). 

Êtes-vous encore stressés dans vos vies ?

Oui, bien sûr, mais davantage conscients de l’être lorsque nous le sommes. L’avantage d’être psychologue, c’est d’avoir un petit train d’avance sur ce qui fonctionne et sur ce qui permet d’aller mieux ! Ne pas avoir de stress serait presque comme ne pas avoir d’émotions. Et il n’y a que les morts et les robots qui n’en ont pas. C’est Woody Allen qui a dit : "Tant que l’homme sera mortel, il ne sera pas complètement décontracté". Tant qu’il y a de la vie, il a du stress…

J'arrête de stresser, de Silvia André et Patrick Amar, éditions Eyrolles. Sortie courant mars 2013.

Et un chouette site internet jarretedestresser.com avec plein de conseils malins !

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