Bien-être

Antigym : pour prendre conscience de son corps

Publié le 5 octobre 2013
Antigym : pour prendre conscience de son corps en douceur
Antigym : pour prendre conscience de son corps en douceur

L'Antigym est une alternative à la gymnastique classique qui permet de prendre conscience de son corps en le respectant. Marie Bertherat, fille de la créatrice de la méthode et praticienne, nous dit tout sur l'Antigym.

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Je suis "tombée" dans l’Antigymnastique, ou Antigym comme Obélix dans la potion magique, c’est-à-dire dès mon enfance… Normal, je suis la fille de la créatrice de cette méthode mise au point dans les années 70. J’en ai fait mon métier à la fin des années 90 après avoir été journaliste. J’ai d’abord été praticienne, avant d’être formatrice et responsable de la méthode dans le monde, quand ma mère m’a transmis le flambeau.   

Pourquoi Thérèse Bertherat a-t-elle créé l’Antigymnastique ?  

L’Antigym aurait-elle pu être inventée par une autre que Thérèse Bertherat ? Sans doute pas, tant l’esprit de cette méthode correspond à la personnalité audacieuse et anticonformiste de ma mère. Déçue par ses études de kinésithérapie, dont la sécheresse et la rigidité de l’enseignement l’accablent, Thérèse Bertherat s'intéresse à d'autres voies thérapeutiques. 

En 1972, elle fait la connaissance - et se sera une rencontre déterminante - d’une autre kinésithérapeute, Françoise Mézières (1909-1991). Cette dernière a élaboré une vision révolutionnaire de l’anatomie et de la mécanique humaine - bien mal accueillie par le monde médical - où elle envisage le corps comme une totalité dont chaque élément dépend de l’autre. C’est elle notamment qui a mis à jour le concept de chaîne musculaire postérieure, découverte qui rend caduque les principes mêmes de la rééducation classique d'alors. 

Enthousiasmée, ma mère se forme à sa méthode. Par la suite, elle poursuit ses propres recherches et s’intéresse à de nombreuses techniques et théories, notamment à la médecine chinoise pour sa vision globale de l’être humain. Elle étudie et analyse les nombreuses thérapies corporelles ou psycho-corporelles qui fleurissent dans les années soixante-dix. Mais surtout, ma mère expérimente, inlassablement. 

"Je suis comme un sculpteur qui travaille sur la matière et s’aperçoit tout en modelant, sculptant, gravant que c’est la matière elle-même qui lui donne l’inspiration : que là où il est en train de travailler, quelque chose peut naître à laquelle il n’avait pas pensé" - Thérèse Bertherat.

C’est ainsi qu’elle met au point l’Antigymnastique au milieu des années 70. En 1976, elle présente son travail et sa méthode originale et subversive dans un petit livre intitulé Le corps a ses raisons qui devient vite un best-seller international. 

Que reprochez-vous à la gymnastique classique ? 

L’Antigym n’est pas contre la gymnastique, elle est simplement différente ! C’est un travail sur le corps. Pour autant on ne fait aucun exercice répétitif visant à fortifier la musculature. D’ailleurs, on ne parle pas jamais d’ "exercices" mais de mouvements. Ce que l’on fait en séance ce sont donc des mouvements simples, sans prétention, et toujours très respectueux du corps et de la physiologie. Des mouvements qui ne forcent jamais la nature. 

Pourtant, ils sont incroyablement puissants et pas toujours aussi faciles à réaliser qu’il n’y paraît ! Ils sont également plutôt inhabituels : on demande de remuer les orteils, la langue, de bouger les yeux etc. Ce sont comme des petites expériences pour nous permettre d’observer, de réfléchir, de découvrir ce qui est possible et ce qui ne l’est pas encore. Ils permettent à chacun d’entrer en contact avec son propre corps, d’aller à sa découverte. 

Quels sont les bienfaits de l’Antigym ? 

Le plaisir d’habiter pleinement son corps ! Le plaisir de le sentir mobile, tonique, plein de promesses. Le plaisir de découvrir que tout est encore possible, qu’à tout âge la musculature est malléable, que l’on peut soit même dénouer et assouplir son corps et se débarrasser d’une foule de maux de nuque, d’épaules, de dos, de pieds… qui sont presque toujours dus à un excès de tension musculaire. 

L'Antigym a aussi fait ses preuves dans la diminution du stress, des tensions liées au travail, aux activités quotidiennes. On observe également une libération du souffle, une amélioration de la digestion et de la circulation veineuse. Pour les enfants, les mouvements aident à développer la motricité et la coordination. Les petits gagnent en confiance. Les grands aussi d’ailleurs ! 

Comment se déroule une séance ?

Thérèse et Marie Bertherat ©Jean-Marc Lefevre
Thérèse et Marie Bertherat ©Jean-Marc Lefevre
L’Antigym se pratique en petit groupe, environ six personnes. Les séances hebdomadaires durent une heure et demie. Mais on peut aussi participer à un stage d’une demi-journée ou une journée. Le praticien ne montre pas ces mouvements, il les décrit, utilise souvent des images, parfois il raconte une histoire. Il ne demande pas qu’on l’imite, comme un maître, d’ailleurs il n’y a pas de maître. Le praticien est un guide. 

Comprendre le mouvement de l’intérieur permet de créer un chemin entre le corps et le cerveau. Il y a beaucoup de parties de notre corps que l’on ignore et même des muscles dont on n’a pas la commande. Au fil du temps, les mouvements d’Antigym aident à mieux se connaître, à affiner ses perceptions. On apprend à percevoir des muscles et des régions de son corps que l’on ignorait complètement. 

On explore de nouveaux territoires, souvent douloureux parce qu’ils étaient ignorés. Et puis, il y a une chose que les participants apprécient beaucoup dans les séances d’Antigym, c’est qu’il n’y a ni "bien faire", ni "mal faire", ni niveau. Chacun va à son rythme, selon ses possibilités du moment. 

À qui s’adresse l’Antigym ?

À tous, sans limite d’âge. J’adore cette phrase de ma mère : "L’Antigymnastique s’adresse à tout ceux qui ont un corps, ce qui fait déjà pas mal de monde !"

Les femmes enceintes peuvent-elles pratiquer l’Antigym ? 

Absolument ! L’Antigym apporte une grande aide aux femmes enceintes, du début à la fin de leur grossesse, tant pour soulager les tensions qui peuvent apparaître au fil des mois que pour les préparer à la naissance. Les mouvements qui leur sont proposés soulagent beaucoup des maux rencontrés pendant la grossesse et apportent des outils concrets pour vivre pleinement le moment de l’accouchement, "A corps consentant". C’est d’ailleurs le titre de l’ouvrage que nous avons écrit ma mère et moi sur ce thème de la naissance paru aux éditions Lexitis.  

Certains praticiens proposent des séances spécifiques pour accompagner les femmes enceintes. Réunissant un petit nombre de participantes, ces séances sont souvent l’occasion de poser les questions un peu taboues ou les points que l'on n’a pas eu le temps d’évoquer pendant le suivi de la grossesse. 

Le futur père peut être invité à participer à certaines séances, le praticien lui apprend alors des gestes simples pour soulager la future mère, notamment pendant l’accouchement.  

Où pratiquer l'Antigym ? 

Toutes les infos pour trouver un praticien à côté de chez soi sont sur le site de l'Antigym
 
L'experte : 

Marie Bertherat est la fille de Thérèse Bertherat, créatrice de l'Antigym. Après avoir longtemps exercé comme praticienne de l'Antigymnastique, elle est aujourd'hui animatrice de la méthode et responsable de la formation en France et dans le monde. 

Pour en savoir plus sur l'Antigym et trouver un praticien près de chez vous 

> Retrouvez l'antigym sur facebook

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