Sans gluten

Diagnostiquer la maladie cœliaque : un enjeu de santé

Publié le 30 mai 2016
La maladie cœliaque est encore mal diagnostiquée en France
La maladie cœliaque est encore mal diagnostiquée en France
© Pixabay

Suite à la publication de l'étude réalisée par l’Afdiag (Association des intolérants au gluten) et Thermo-Fisher, rencontre avec Marine Penot, rédactrice en chef de Because Gus, le média web des sans-gluten, pour tenter de comprendre pourquoi 80% des cœliaques ne sont pas diagnostiqués, alors que les médecins semblent bien connaître la maladie.

80% des personnes cœliaques ne seraient pas diagnostiquées, comment s’explique ce mauvais chiffre ?
L’étude révèle en effet que le diagnostic de la maladie cœliaque est encore très peu pratiqué. Pourtant les médecins connaissent de mieux en mieux la maladie ! En théorie… Car si nos généralistes connaissent les symptômes sur le papier, en pratique, la maladie cœliaque est très difficile à repérer. Les signes d’intolérance sont nombreux et variés et diffèrent même selon les personnes (certains n’en ont même pas !). C’est une maladie dite polymorphe, qui peut prendre différentes formes selon les patients. Difficile alors pour le médecin de savoir s’il s’agit de symptômes réels ou d’hypocondrie…

A quel médecin faut-il parler de nos doutes quant à une possible intolérance au gluten ?
En tout premier, à son médecin généraliste. Il est censé connaître vos antécédents et sera à même de vous conseiller. En cas de doute, vous pouvez aussi en parler à un gastroentérologue. Rien ne vous empêche d’avoir l’avis de plusieurs spécialistes, si la réponse ne vous convient pas. Vous êtes le mieux placé pour savoir ce qui ne va pas dans votre corps !

Les patients sont de plus en plus informés sur cette maladie, qu’en est-il des médecins généralistes ?
Les patients sont informés grâce aux médias, car le sans gluten est un sujet à la mode. Mais, comme tous les sujets référents à la santé, il faut faire attention à ce qu’on lit sur internet, dans les forums, etc, et toujours se référer à l’avis d’un spécialiste, car ils restent les mieux placés pour vous guider. Même si les médecins sont peu informés de cette maladie durant leurs études, ils le sont ensuite via la presse spécialisée et les associations, mais comme nous le disions, le point noir reste le diagnostic… En s’informant, les patients s’interrogent et en parlent donc plus facilement à leur médecin, ce qui est aussi une bonne chose pour espérer une augmentation du nombre de personnes diagnostiquées ! On espère aussi qu’en les informant de notre côté avec Because Gus, et en menant des actions comme nous l’avons fait le 18 mai avec Niepi et Ma Vie Sans Gluten pour la journée de la maladie cœliaque, on contribue à sensibiliser les gens.

Quels sont les symptômes qui doivent alerter le médecin ?
En premier lieu, ce sont bien sûr les troubles intestinaux (diarrhées, ballonnements, brûlures d’estomac, inconfort intestinal, etc.) Mais avec l’âge, les symptômes sont de plus en plus généraux : fatigue chronique, dépression, douleurs articulaires, maux de tête, ostéoporose, crampes musculaires, … Chez les enfants, cela peut aussi se traduire par des troubles du comportement, un retard de croissance, et une puberté tardive.

Que peut faire un médecin lorsqu’il soupçonne un cas de maladie cœliaque pour son patient ?
La première chose à faire est de pratiquer un test sanguin. Ces tests (appelés aussi tests sérologiques), permettent de rechercher les anticorps produits par l’organisme en cas d’intolérance au gluten. Attention car on ne se lance pas dans un régime sans gluten sans avoir fait un bilan avant ! Sans ça, vous risquez de faire baisser le taux d’anticorps, et le résultat de la prise de sang sera faussé. Si les tests sont positifs, on pratique alors une biopsie de confirmation.

Marine Penot est rédactrice en chef chez Because Gus.

 

Articles du thème Sans gluten
Envie de réagir ? Je prends la parole
Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte