Licensing effect

Manger bio ne rend ni snob ni malhonnête : réponses aux études parues sur le sujet

Publié le 5 juin 2013
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Faire une bonne action donne moins mauvaise conscience
Faire une bonne action donne moins mauvaise conscience
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Manger bio rendrait snob ou encore égoïste et malhonnête. Des titres accrocheurs déduits d'études réalisées sur une soixantaine de personnes. Explications des concepts de licensing effect et moral pendulum avec notre experte Sandra Dary.

L'autre jour, au hasard de nos pérégrinations sur le web mondial, nous sommes tombés sur cet article, puis celui là publié l'an dernier dans l'Express. Interloqués nous étions !

Manger bio rend égoïste et malhonnête ? C'est ce qu'affirme les interprétations de deux études : l'une conduite par Kendall Eskine, professeur adjoint du département des sciences psychologiques à l'Université Loyola à la Nouvelle Orléans en mai 2012, l'autre par Nina Mazar and Chen-Bo Zhong en mars 2010. 

Dans les deux cas, il s'agit d'un équilibrage moral entre un comportement éthique (acheter bio) et l'action qui s'ensuit qui serait alors moins éthique voire même égoïste ou malhonnête. Nous avons voulu en savoir plus. Explications de Sandra Dary, spécialisée en psychologie énergétique et formée aux méthodes de libérations émotionnelles.

Le licensing effect est un comportement humain

"L’ignorance est mère de tous les maux" nous disait Rabelais. En effet l’ignorance de la connaissance de certains sujets nous amène parfois à tirer des conclusions un peu hâtives dans certains domaines. L'article précité explique que les personnes qui consomment du bio sont "des délinquants en puissance" alors qu’il est abordé simplement la notion du licensing effect, comportement humain qui se retrouve dans tous les types de contexte.

Le licensing effect est le terme employé pour expliquer que lorsque l’on agit en adoptant un comportement qui nous donne bonne conscience, en faisant une bonne action, on "s’autorise" par la suite à "compenser"  cette bonne action en adoptant des comportements contraires. Ce mécanisme est visible à la fois sur le plan collectif et sur le plan individuel.

Par exemple, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les gouvernements ont adopté des quotas par pays, de droit à polluer avec un système de points. Lorsque l’un des pays est en dessous de ce quota, c’est-à-dire qu’il a été "bon élève",  il a aussi le droit d’aller revendre ses points à un pays voisin, qui va pouvoir polluer plus que le quota qui lui avait été alloué. La volonté de réduire les gaz à effets de serre légitimise l'autorisation de pollution.

Ceci se retrouve également sur le plan individuel. Lorsque certains font installer des chauffe-eaux qui permettent la réduction de la consommation d’eau, cela va légitimer le fait de prendre des douches plus longues. Quand certains achètent des machines à laver qui réduisent la consommation d’énergie, ils vont faire plus de machines.

Et si certains utilisent des ampoules basse consommation, ils éclairent plus longtemps. Lorsque l’on achète des sodas sans sucre, on s’autorise à boire la bouteille. Si l’on prend des compléments alimentaires, on se permet davantage d’excès de nourriture. Si on mange une salade à midi, on peut prendre un dessert sucré. Si certains font un footing, ils peuvent manger deux croissants au lieu d’un…

Faire une bonne action pour se donner moins mauvaise conscience

Le fait de se comporter en jugeant que l’on fait une bonne action peut entrainer la deshinibition de certains comportements malsains. Ainsi faire quelque chose de bien permet inconsciemment de faire quelque chose de "moins bien" après; cela donne moins mauvaise conscience.

En pensant que l’on agit bien stimule l’estime de soi et donc l’image que l’on a de soi, et l’on "s’autorise" plus facilement à se conduire en s’accordant un "petit écart". La prise de décisions morales entrainent inconsciemment des tensions internes entre la tentation et le fait de faire une bonne action. C’est ce que certains appellent le "moral pendulum".

Tirer des conclusions hâtives sur les consommateurs bio est infondé lorsque l’on connaît le licencing effect car il s’agit d’un mécanisme que l’on retrouve partout et dans tous les domaines. Quant aux résultats d’études, il serait approprié de les prendre dans leur globalité et non pas en utilisant uniquement certaines données qui ne représentent en rien la réalité.

"Science sans conscience n’est que ruine de l’âme" Rabelais

Sandra Dary

Sandra Dary est coach en gestion émotionnelle. Elle est l'auteure du livre "100% moi ! Comment me faire enfin confiance". Sandra s’est formée à l’EFT, l’hypnose, Matrix-Reimprinting,le BSFF, l’auriculothérapie, la réflexologie faciale, la chromothérapie, la  mise en place de l’atlas… diverses techniques de libération émotionnelle permettant à chacun de trouver la voie la plus appropriée pour aller vers une meilleure connaissance de soi.

 

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