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Pollution de l’air : des bébés plus légers

Publié le 6 mai 2015
Jennifer Maherou est la chargée de documentation scientifique de l’Association Santé Environnement France (ASEF), qui réunit plus de 2 500 médecins en France. L'association travaille sur divers sujets tels que la qualité de l’air, l’environnement de l’enfant, la biodiversité ou encore l’alimentation.

La pollution de l’air est un fléau pour tout le monde. Mais les plus vulnérables, ce sont les enfants et les femmes enceintes. Cette semaine, une étude l’a encore confirmé en montrant que cette pollution peut altérer le développement des bébés lorsque les femmes y sont exposées pendant leur grossesse.

Les chercheurs avaient profité des jeux Olympiques de 2008 à Pékin pour mener leur étude. En effet, pour cet évènement de très grande ampleur, les autorités chinoises avaient mis les bouchées doubles pour réduire la pollution de l’air. Et cela a été récompensé puisque les concentrations en polluants ont été considérablement réduites pendant cette période. Les scientifiques ont donc suivi 83 672 femmes enceintes ayant accouché à terme pendant l’été 2008 et vivant dans quatre districts urbains de Pékin. Ils ont alors constaté que les enfants nés pendant les jeux pesaient en moyenne 23 grammes de plus que ceux étant venus au monde en 2007 et en 2009 à la même période. 

Il semblerait que la pollution de l’air diminue les nutriments que reçoit le fœtus en perturbant les fonctions du placenta. Leur croissance en subirait ainsi les conséquences.

Et ce n’est pas la première fois que des scientifiques observent ce phénomène… Une étude espagnole avait montré en 2011 que les femmes exposées à la pollution de l’air pendant leur grossesse donnaient naissance à des bébés ayant un poids mais aussi une taille inférieurs aux autres. Selon une autre étude de l’INSERM menée auprès de 74 178 femmes enceintes, si les normes de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) sur les taux de particules fines dans l’air étaient respectées, 22% des naissances de bébés pesant moins de 2,5 kg à terme pourraient être évitées.

 
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