Développement personnel

Rencontre avec Elisa Bes: prendre du temps pour soi

Publié le 4 juillet 2017
Prendre du temps pour soi, l'invitation d'Elisa Bes
Prendre du temps pour soi, l'invitation d'Elisa Bes
© Ursine d'Alaune

"Prendre du temps pour soi" : l'expression est sur toutes les lèvres, mais que signifie-t-elle vraiment ? Nous avons demandé à Elisa Bes, coach, de nous en dire plus sur ce nouveau nec-plus-ultra du développement personnel.

Coach en accompagnement de vie, Elisa Bes propose une série de formation autour de la vie Slow, pour réappendre à prendre du temps pour soi. Rencontre. Photo : Ursine d'Alaune.

L’expression « prendre du temps pour soi » est sur toutes les lèvres depuis quelques temps. Serait-ce devenu une nouvelle obsession ?
Si on en parle beaucoup en ce moment, c'est parce que nous sommes nombreux à nous rendre compte que nous ne vivons pas vraiment notre vie pour nous, mais bien souvent pour les autres, ou notre image, ou ce que la société nous demande d'être. Nous avons énormément de possibilités de loisirs et d'amusement pour "occuper" "remplir" et même "envahir" notre temps, mais tout ça, c'est des paillettes ! Centrer son temps sur soi, c'est complètement autre chose, et on est à une époque où on le réalise peu à peu, souvent d'ailleurs par la manière forte, avec des ras-le-bol, des burn-outs, et tout simplement... l'impression que tout va beaucoup trop vite. Combien de fois dans une semaine dit-on "j'ai pas le temps" ?

Vous dites que « prendre le temps pour soi, c’est remettre au centre de notre vie la seule personne qui y est indispensable : nous ». Pourtant, vivre nos rôles de femme active, de mère de famille, d’épouse, d’amie, c’est aussi ça la vie, non ?
C'est ça la vie... si on est "centré", c'est à dire si on choisit nos rôles, nos activités, nos compagnons parce que cela nous correspond vraiment. Être une femme active, mais avec un travail qui ne nous plait pas, être mère "parce que les femmes sont faites pour avoir des enfants", être en couple "parce qu'il n'y a rien de mieux, tout le monde sait ça"... ce n'est pas vivre pour soi ! C'est vivre en "pilote automatique", en fonctions d'idées qui ne sont pas vraiment les nôtres, mais celles des médias ou de ma société.
Bien entendu que fonder une famille peut être un épanouissement magnifique, et le fruit d'un désir qui nous motive, qui pétille, qui nous met en appétit ! Mais pas pour tout le monde. Pour certains, c'est même à l'opposé de leur choix de vie. On est très subtilement influencés de mille manières, ne serait-ce que par notre Tata Huguette qui nous casse un peu les pieds avec sa célèbre phrase "C'est un bon compagnon, ton Jules, ça va faire huit ans que vous êtes ensemble, quand est-ce que vous agrandissez la famille ?" Il y a aussi un nombre stratosphérique de clichés au sujet de la parentalité : "quand on a des jeunes enfants, on ne peut pas les emmener en sortie le soir", "il faut absolument allaiter", "avoir un seul enfant c'est égoïste, il faut un frère ou une soeur". Si vous voulez que chaque minute de votre vie de mère, de chef d'entreprise ou de femme soit vraiment à vous, il faut faire la chasse à ces "pilotes automatiques" qui ont tendance à nous dicter notre conduite, souvent à notre insu !

Prendre du temps pour soi, concrètement, ça prend quelle forme ?
C'est là que ça devient croustillant : ça prend la forme que vous voulez. Pour mon amie Stéphanie, qui habitait à Toulouse et n'aimait pas du tout son environnement, "prendre le temps pour soi", ça a été déménager dans un petit village du Tarn... et faire 1h15 de trajet matin et soir pour aller travailler. Elle ne le regrette pas une minute, tellement son nouveau cadre de vie lui fait du bien. Une maison entière pour elle, au bord d'une rivière, au pied d'une colline boisée... Toute sa famille lui déconseillait ce déménagement, elle a dit "zut" à tout le monde et a suivi son désir.
C'est à vous de voir où il est le plus urgent et vital de vous réapproprier votre temps : passer 8 heures (minimum) par jour dans un job que l'on n'aime pas... c'est une vraie "perte" de temps, et qui peut nous rendre très malheureux. C'est finalement simple de savoir comment re-prendre notre temps : il suffit de regarder à quoi on le "dépense" sans avoir de "retour sur investissement", et de le réattribuer à quelque chose qui nous fait vraiment du bien à la place. Il ne s'agit pas de "bourrer notre agenda" de séances de spa, de sport ou de médiation. Ce peut être des changements minuscules ou énormes ! Tout est permis.

Suffit-il de décréter que l’on veut prendre du temps pour soi pour y arriver ?
En général... non, et c'est bien ça le problème. Si nous "donnons" notre temps à des choses qui ne nous font pas de bien, c'est justement parce que nous croyons que nous devons, que nous n'avons pas le choix, ou que c'est justifié. C'est bien pour ça que j'ai créé ces ateliers slow-life à la Recyclerie : nous avons une grande résistance à prendre soin de nous, parce que bien souvent, nous ne nous y autorisons pas. Par culpabilité, parce que notre société est droguée du travail et de l'activité, parce que la réussite sociale telle qu'elle est montrée dans les médias répond à des critères très précis...
Il faut prendre conscience des idées qui nous bloquent, une fois que le blocage est identifié, il cède beaucoup plus facilement, et là, on peut vraiment passer à l'action. Une amie coach a par exemple décidé de se retirer d'un certain nombre de réseaux sociaux qui mangeaient littéralement son temps. Au début, elle hésitait, parce qu'elle pensait que si elle s'en retirait, elle aurait moins de visibilité, donc moins de clients. Mais elle a un instinct très fort, et s'est dit qu'elle avait besoin d'être en forme et dans le positif pour pouvoir attirer ses meilleurs clients, et que donc, il n'était pas question qu'elle se fatigue à animer une page Facebook qui ne lui rapportait pas tant que ça. Elle a arrêté, et... elle a eu PLUS d'abonnés à sa newsletter (qu'elle adore écrire). En allant au-delà de son blocage, elle a pu reprendre les commandes de son temps, et la Vie lui a dit merci !

Est-il préférable de s’offrir une grande pause pour soi, par exemple une semaine de vacances seule, de temps en temps, ou rechercher au quotidien à créer une bulle, ne serait-ce qu’une demi-heure ?
Le temps "à soi", ça doit absolument être tous les jours. Parce que si on s'épuise, qu'on consomme toutes nos réserves d'énergie, et qu'on arrive en congés en étant "en négatif"... on n'a jamais assez d'énergie pour vivre notre quotidien. La régularité est la clé.
Comme je disais plus haut, être au centre de son temps, ce n'est pas forcément bloquer des plages de l'agenda, comme une demi-heure par jour. C'est plutôt créer sa vie d'une façon qui nous "nourrit" au maximum à travers notre journée. Pour reprendre l'exemple du job, quand on en a un qui nous correspond vraiment, "travailler" ce n'est pas vraiment du travail, mais une passion, une expression de soi. Habiter dans un quartier qui nous plait est ressourçant. Manger ce qu'on aime est ressourçant. Fréquenter uniquement des personnes qui nous respectent, soutiennent et nous aiment, c'est ressourçant. Bien entendu, se reposer, c'est indispensable, et avoir du "rien" dans la journée est une super idée. Mais quand on a éradiqué la majorité de nos "pirates" du temps et de l'énergie... on sent que notre temps est vraiment à nous.

Elisa Bes anime cet été des stages Slow life. Les ateliers ont lieu à la Recyclerie (83 BD Ornano, Paris 18) les samedi 1ier et 29 juillet, et les samedis 5 et 26 août, de 9h30 à 11h30.
Ils sont sur inscription (06 16 16 30 75 elisa.rayonne@gmail.com) et au prix de 20€ par date.

La page du cycle d'ateliers : facebook.com/Les-ateliers-slow-life-de-Rayonne-115114192435168/
La page pro d'Elisa : facebook.com/rayonne.elisabes/
Son site : www.rayonne.net et son Twitter @RayonneSparkle.

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