Soja

Tout ce qu'il faut savoir sur les bienfaits scientifiques du soja

Publié le 28 février 2014 - Mis à jour le 1 mars 2014
Soja : bienfaits sur le cancer du sein, l'Alzheimer
Soja : bienfaits sur le cancer du sein, l'Alzheimer

Un article inédit, qui s'appuie sur des recherches scientifiques sur tous les bienfaits du soja, rédigé par Hervé Berbille, ingénieur agroalimentaire et Dr Jérôme Bernard-Pellet, nutritionniste. Une recherche qui vise à exposer les actions bénéfiques du soja pour la santé et l'organisme.

Cancer du sein : le soja bénéfique à tout âge de la vie

Une nouvelle « méta-analyse » (1) publiée en novembre 2013 indique que l'exposition aux « phyto-œstrogènes » de soja (Glycine max) est reliée à un risque inverse de cancer du sein, y compris chez les femmes ayant des antécédents de cancer du sein.

Cette méta-analyse relève également une absence d'activité œstrogénique chez l'Homme (« Soy does not have estrogenic effects in humans »).

Au demeurant, malgré un bruit de fond très hostile au soja, ces conclusions ne constituent pas une quelconque surprise pour la communauté scientifique. Depuis le début des années 1990, date des premières publications (2) évaluant le lien entre consommation de soja et cancer du sein, toutes les études publiées depuis aboutissent à des conclusions similaires (3 à 11).

En outre, ces données cliniques et épidémiologiques sont elles-mêmes cohérentes avec les études réalisées in vitro qui montrent que les isoflavones du soja, improprement appelées « phyto-œstrogènes », agissent comme des « inducteurs d'apoptose » (12) ; en d'autres termes, les isoflavones provoquent le « suicide » des cellules cancéreuses, tout en protégeant les cellules saines. Les isoflavones inhibent également l'angiogenèse » (13), empêchant la vascularisation des tumeurs cancéreuses, limitant ainsi leur dissémination, ou bien encore réduisent l’activité des « aromatases », les enzymes impliquées dans la synthèse des œstrogènes. Cette dernière propriété  permet aux isoflavones de réduire la pression œstrogénique à laquelle notre organisme est soumis en permanence, et ce quel que soit l’âge ou le sexe. Il n'est pas inutile de rappeler que l’exposition œstrogénique est, et de très loin, avant tout, « endogène », c'est-à-dire attribuable à la synthèse des  œstrogènes par notre propre organisme.

C'est ainsi que consommer régulièrement du lait de soja par exemple permet de réduire de plus de 30 % les taux d'œstradiol 17 β circulants (14).

Soja et cancer du sein : l'ANSES doit revoir ses recommandations !

En revanche, cette méta-analyse, questionne à nouveau fortement les recommandations de l'ANSES. Rappelons que, depuis la publication de son rapport en mars 2005, en France, et seulement en France, l'ANSES décourage l'usage du soja chez les « femmes ménopausées aux antécédents de cancer du sein » (15).

Cette recommandation qui, déjà à l'époque, ne reposait sur aucune étude scientifique, est contestée à chaque nouvelle publication, rendant proprement intenable la position de l'ANSES.

Néanmoins, l'ANSES reste inamovible dans ses recommandations. Ainsi, en 2011 (16), Mariette Gerber réaffirme tout le bien-fondé de cette recommandation, omettant par ailleurs les nombreuses études citées précédemment, sans compter que confier l'évaluation du rapport de mars 2005 à la même personne qui en assura la présidence peut être également sujet à caution.

Les troublantes omissions du rapport ANSES (mars 2005)

En 2004, une étude clinique (17) conduite par des chercheurs de l'université de Californie relevait déjà que, chez des femmes atteintes d'un cancer du sein, une supplémentation en isoflavones de soja contribuait à inhiber la croissance tumorale.

En mars 2005, l'ANSES justifie ses recommandations sur la base des études, contradictoires, conduites sur modèle animal, en l'occurrence chez des rongeurs. Rappelons que les rongeurs métabolisent les isoflavones beaucoup plus activement que l'Homme (18), ce qui rend les extrapolations à l'Homme particulièrement hasardeuses.

Quoi qu'il en soit, les raisons qui conduisirent alors les rédacteurs du rapport de l'ANSES (ex-AFSSA) à privilégier des études conduites sur modèle animal au détriment de celles conduites chez l'Homme restent encore aujourd'hui difficilement explicables.

De même, on s'étonnera que les liens manifestes qu'entretenaient nombre de ses rédacteurs avec l'industrie laitière, constitutifs de conflits d’intérêts pourtant flagrants, n'aient pas alors suscité d'émoi particulier.

Le principal mérite du soja ? Offrir des alternatives aux sources de – véritables – œstrogènes que sont la viande et des produits laitiers !

Si les propriétés anti-cancéreuses du soja précédemment évoquées ne sont évidemment pas à négliger, le plus grand mérite du soja réside sans doute dans les alternatives aux produits laitiers et carnés qu'il offre. Cela lui vaut certes une profonde hostilité des filières concernées, mais permet d'éviter l'exposition aux – véritables – œstrogènes contenus dans ces aliments (19), au premier chef les produits laitiers.

Les taux d'œstrogènes contenus dans les produits laitiers, à de niveau de consommation comparables à ceux recommandés par PNNS, s'avèrent suffisants pour faire chuter le taux de testostérone chez les individus mâles (20), alors que la consommation de soja n'a aucune incidence significative sur les taux d'androgènes (21). Néanmoins, c'est paradoxalement le soja qui fait l'objet des plus folles rumeurs à ce sujet.

En outre, les produits laitiers contiennent naturellement des acides gras trans (22), également décrits comme des facteurs de risques dans la survenue du cancer du sein. Comme on le croit souvent à tort, en France, ce ne sont pas les huiles végétales hydrogénées, mais les produits laitiers et de la viande bovine, qui constituent, et de loin, la première source d'exposition aux acides gras trans, des composés suspectés de favoriser le cancer du sein (23), en plus de leur effet dévastateur sur le système coronarien.

La maladie d'Alzheimer, une autre bonne raison de reconsidérer le soja

La prévention de la maladie d'Alzheimer est une autre bonne raison qui devrait nous conduire à nous défier davantage des recommandation de l'ANSES que de la consommation du soja. Nous avons en effet montré que les isoflavones de soja inhibent l'agrégation de peptides amyloïdes (25), ce qui suggère que le soja pourrait prévenir la survenue de la maladie d'Alzheimer.

Au demeurant, ces résultats expérimentaux sont cohérents avec les données épidémiologiques qui indiquent une plus faible prévalence de l’Alzheimer dans les pays traditionnellement consommateurs de soja. À cet égard, le cas d'Okinawa est très éclairant. Cette région du monde connaît une longévité parmi les plus élevées au monde. Or, une population plus âgée devrait conduire mécaniquement à une plus forte prévalence de la maladie d'Alzheimer. Mais précisément, à Okinawa, on observe le phénomène inverse.

Sans pouvoir encore établir à ce jour une relation de cause à effet, on notera cependant que la consommation de tofou y est également l'une des plus élevée au monde (26).

De surcroît, le tofou d'Okinawa, apparenté au « momen tofou » (27), est plus concentré en isoflavones que les tofou consommé dans les autres régions du Japon.

Enfin, pour mémoire, si je puis dire, d'autres publications ont montré que les « phyto-stérols » du soja, inhibent également l'agrégation des peptides amyloïdes (28).

Conflit d’intérêt : néant. Les auteurs de cet article n'ont reçu aucune rétribution directe ou indirecte, de quelque nature que ce soit.

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1 Soy, red clover, and isoflavones and breast cancer: a systematic review. Fritz H, Seely D, Flower G, Skidmore B, Fernandes R, Vadeboncoeur S, Kennedy D, Cooley K, Wong R, Sagar S, Sabri E, Fergusson D. PLoS One. 2013 Nov 28;8(11):e81968.

2 Soy intake and cancer risk: a review of the in vitro and in vivo data. Messina MJ, Persky V, Setchell KD, Barnes S. Nutr Cancer. 1994;21(2):113-31. Review.

3Post-diagnosis soy food intake and breast cancer survival: a meta-analysis of cohort studies. Chi F, Wu R, Zeng YC, Xing R, Liu Y, Xu ZG. Asian Pac J Cancer Prev. 2013;14(4):2407-12. Soy products in the management of breast cancer. Magee PJ, Rowland I. Curr Opin Clin Nutr Metab Care. 2012 Nov;15(6):586-91.

4 Soy food intake after diagnosis of breast cancer and survival: an in-depth analysis of combined evidence from cohort studies of US and Chinese women. Nechuta SJ, Caan BJ, Chen WY, Lu W, Chen Z, Kwan ML, Flatt SW, Zheng Y, Zheng W, Pierce JP, Shu XO. Am J Clin Nutr. 2012 Jul;96(1):123-32. doi: 10.3945/ajcn.112.035972

5 Intake of phytoestrogen foods and supplements among women recently diagnosed with breast cancer in Ontario, Canada. Boucher BA, Cotterchio M, Curca IA, Kreiger N, Harris SA, Kirsh VA, Goodwin PJ. Nutr Cancer. 2012;64(5):695-703. doi: 10.1080/01635581.2012.687426.

6 Positive effects of soy isoflavone food on survival of breast cancer patients in China. Zhang YF, Kang HB, Li BL, Zhang RM. Asian Pac J Cancer Prev. 2012;13(2):479-82.

7 Soy isoflavones consumption and risk of breast cancer incidence or recurrence: a meta-analysis of prospective studies. Dong JY, Qin LQ. Breast Cancer Res Treat. 2011 Jan;125(2):315-23. doi: 10.1007/s10549-010-1270-8. Epub 2010 Nov 27. Review.

8 Effect of soy isoflavones on breast cancer recurrence and death for patients receiving adjuvant endocrine therapy. Kang X, Zhang Q, Wang S, Huang X, Jin S. CMAJ. 2010 Nov 23;182(17):1857-62. doi: 10.1503/cmaj.091298.

9 Soy food intake and breast cancer survival. Shu XO, Zheng Y, Cai H, Gu K, Chen Z, Zheng W, Lu W. JAMA. 2009 Dec 9;302(22):2437-43. doi: 10.1001/jama.2009.1783.

10 Soy isoflavones and risk of cancer recurrence in a cohort of breast cancer survivors: the Life After Cancer Epidemiology study. Guha N, Kwan ML, Quesenberry CP Jr, Weltzien EK, Castillo AL, Caan BJ. Breast Cancer Res Treat. 2009 Nov;118(2):395-405. doi: 10.1007/s10549-009-0321-5.

11 Phytoestrogens: potential benefits and implications for breast cancer survivors. Duffy C, Cyr M. J Womens Health (Larchmt). 2003 Sep;12(7):617-31. Review.

12 Genistein inhibited proliferation and induced apoptosis in acute lymphoblastic leukemia, lymphoma and multiple myeloma cells in vitro. Li W, Frame LT, Hoo KA, Li Y, D'Cunha N, Cobos E. Leuk Lymphoma. 2011 Dec;52(12):2380-90. Doi: 10.3109/10428194.2011.598251.

13 The novel targets for anti-angiogenesis of genistein on human cancer cells. Su SJ, Yeh TM, Chuang WJ, Ho CL, Chang KL, Cheng HL, Liu HS, Cheng HL, Hsu PY, Chow NH. Biochem Pharmacol. 2005 Jan 15;69(2):307-18.

14 Effects of soya consumption for one month on steroid hormones in premenopausal women: implications for breast cancer risk reduction. Lu LJ, Anderson KE, Grady JJ, Nagamani M. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 1996 Jan;5(1):63-70.

15 AFSSA-AFSSAPS. Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l’alimentation – Recommandations. Mars 2005. P. 365

16 Anses – Saisine n° 2007-SA-0314

17 A pilot clinical study of short-term isoflavone supplements in breast cancer patients. Sartippour MR, Rao JY, Apple S, Wu D, Henning S, Wang H, Elashoff R, Rubio R, Heber D, Brooks MN. Nutr Cancer. 2004;49(1):59-65.

18 Assessing risks and benefits of genistein and soy. Setchell KD. Environ Health Perspect. 2006 Jun;114(6):A332-3.

19 Estrone and 17beta-estradiol concentrations in pasteurized-homogenized milk and commercial dairy products. Pape-Zambito DA, Roberts RF, Kensinger RS. J Dairy Sci. 2010 Jun;93(6):2533-40. doi: 10.3168/jds.2009-2947.

20 Exposure to exogenous estrogen through intake of commercial milk produced from pregnant cows. Maruyama K, Oshima T, Ohyama K. Pediatr Int. 2010 Feb;52(1):33-8. doi: 10.1111/j.1442-200X.2009.02890.x.

21 Soybean isoflavone exposure does not have feminizing effects on men: a critical examination of the clinical evidence. Messina M. Fertil Steril. 2010 May 1;93(7):2095-104. doi: 10.1016/j.fertnstert.2010.03.002. Epub 2010 Apr 8. Review.

22 Fatty acids in bovine milk fat. Månsson HL. Food Nutr Res. 2008;52. doi: 10.3402/fnr.v52i0.1821.

23 Adipose tissue trans fatty acids and breast cancer in the European Community Multicenter Study on Antioxidants, Myocardial Infarction, and Breast Cancer. Kohlmeier L, Simonsen N, van 't Veer P, Strain JJ, Martin-Moreno JM, Margolin B, Huttunen JK, Fernández-Crehuet Navajas J, Martin BC, Thamm M, Kardinaal AF, Kok FJ. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 1997 Sep;6(9):705-10.

24 Soy isoflavones as potential inhibitors of Alzheimer b-amyloid fibril aggregation in vitro. Henry-Vitrac C., Berbille H., Merillon J.M., Vitrac X. Food Res. Intern. 43(8), 2176-2178. (2010

25 History and characteristics of Okinawan longevity food. Sho H. Asia Pac J Clin Nutr. 2001;10(2):159-64

26 Bradley J. Willcox, D. Craig Willcox, Makoto Suzuki. The Okinawa program. Three Rivers Press, 2002. Page 158

27 Plant sterols the better cholesterol in Alzheimer's disease? A mechanistical study. Burg VK, Grimm HS, Rothhaar TL, Grösgen S, Hundsdörfer B, Haupenthal VJ, Zimmer VC, Mett J, Weingärtner O, Laufs U, Broersen LM, Tanila H, Vanmierlo T, Lütjohann D, Hartmann T, Grimm MO. J Neurosci. 2013 Oct 9;33(41):16072-87. doi: 10.1523/JNEUROSCI.1506-13.2013.

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Réactions à l'article
Par mamapasta le 28 février 2014 à 19h12
photo??

pourquoi ne pas avoir mis de photo de soja.?? de vulgaires haricots à la place, ça fait tout sauf sérieux!

Par Audrey Etner le 1 mars 2014 à 10h03
Désolée la photo vient d'être

Désolée la photo vient d'être changée ! Merci pour votre vigilance !

Par mamapasta le 1 mars 2014 à 10h30
voilà

j'aime mieux avec la nouvelle photo!

Par soytouch le 22 mai 2015 à 12h15
Le bienfait du lait de soja

Obtenu par un mélange d’eau et de la graine germée de soja, le lait de soja au-delà de l’aspect visuel blanchâtre a quasiment les les mêmes qualités nutritives que le lait de vache à la différence qu’il ne contient pas lui de cholestérol, de calcium et de lactose.

Pour les personnes qui ont un cholestérol, le lait de Soja est le substitut idéal au lait de vache.

En termes de santé, le lait de soja combat efficacement le cancer de sein pour les femmes qui ont atteint la ménopause. Une consommation abusive du lait de soja peut s’avérer cependant dangereuses chez l’homme entraînant une maturation sexuelle précoce et chez l’enfant provoquant certaines carences.

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