Yoga

Tara Stiles : "Avec le Yoga Rebel, on amène les gens face à eux-mêmes"

Publié le 21 juillet 2014
Fondatrice de FemininBio, directrice de collection chez Eyrolles, dingue de bio, folle de nature, de running et par dessus tout de l'évolution de la conscience de l'être humain ;-)
Tara Stiles : "L'arrivée du Strala yoga à Paris est un beau projet qui se réalise. J'en suis très heureuse."
Tara Stiles : "L'arrivée du Strala yoga à Paris est un beau projet qui se réalise. J'en suis très heureuse."

Connaissez-vous le Strala yoga ? Un yoga version "rebelle" selon le New York Times, qui enthousiasme de l’autre côté de l’Atlantique par son côté ludique et son approche ouverte où chacun est bienvenu quelques soient ses compétences sportives. Bonne nouvelle, il débarque en France ! Rencontre avec sa fondatrice, Tara Stiles, après un cours de Yoga version "strong" au cœur de Manhattan.

FemininBio : Que veut dire Strala Yoga ? 

Tara Stiles : Strala signifie "Etre lumineux", en suédois. J’ai mélangé des mots que j’aimais, comme force (strength), équilibre (balance), conscience (awareness) pour trouver le mot "strala". J’ai découvert plus tard, qu’en suédois, cela veut dire "être lumineux" ! 

On dit que votre yoga est rebelle. Qu’est ce que cela veut dire ? 

T.S : Un jour, le New York Times est venu écrire un article qui a fini en couverture sous le titre "Yoga rebelle". J’ai été surprise mais en fait, c’était un article très positif, parlant d’un yoga beaucoup plus inclusif que le yoga traditionnel. Le journaliste expliquait qu’on ne respectait pas les règles du yoga traditionnel, mais que, doucement et subtilement, on amenait les gens face à eux-mêmes. 

Qu’est ce qui vous a amené au yoga ? 

T.S : J’ai grandi dans la forêt de l’Illinois et il m’arrivait souvent d’aller m’asseoir dans les bois et respirer. Je me sentais connectée et je trouvais que c’était ce qu’il y avait de plus beau au monde. En fait, je faisais mes premiers pas dans la méditation ! Ensuite, j’ai fait de la danse et pendant les cours, on pratiquait le yoga. Et finalement, au lycée, j’ai eu une révélation en voyant mon professeur s’asseoir comme je le faisais, petite, dans la forêt. Je l’ai bombardé de questions sur le yoga et c’est là que je m'y suis mise plus sérieusement. Strala a émergé de cette idée de méditation et de danse d’expression libre. 

Avez-vous suivi une formation particulière ? 

T.S : J’ai continué la danse et suivi diverses formations à New York. Il y a tellement de formations possibles dans le monde du yoga ! Mais je ne m’y retrouvais pas car elles étaient basées sur le suivi de positions strictes plutôt que sur le ressenti. Je sentais qu’il était possible de faire quelque chose de différent. 

Vous avez commencé à enseigner officiellement le Strala yoga en 2008. Quels sont les retours que vous font les participants ? 

T.S : Ils parlent en premier de leur ressenti : "Je me sens libre, je sens que je peux être moi-même, je me sens bien de bouger". Et puis, parce qu’ils suivent leurs propres règles et bougent comme bon leur semble, les gens sont en bonne santé et plus agiles. Ils se sentent plus eux-mêmes et sont tout simplement heureux. Comme nous n’invitons pas les gens à se comparer, à réussir au mieux une figure, tout le monde est bienvenu. Nous n’avons d’ailleurs pas de niveau de cours ! 

Certains mouvements sont tout de même difficiles… 

T.S : C’est vrai… Durant le cours dédié à la force (Ndlr - "strong", le cours que j'ai suivi), on fait des choses un peu folles ! Mais chacun y arrive à son rythme : la première fois que l’on participe, on n’est pas obligé de se tenir en équilibre sur les mains ! Il y a d’autres mouvements que l’on peut faire pour se relaxer. Il n’y a pas de pression, il ne faut pas faire comme son voisin. Chaque participant arrive avec ses capacités, aucun ne se ressemble et le but n’est surtout pas de les faire entrer dans un moule prédéterminé. Chacun vient pour travailler son propre objectif de santé. 
  
Quel est votre objectif premier pour vous-même avec ce type de yoga ? 

T.S : Pour moi, il s’agit de me sentir libre et connectée à mon intuition et à ma créativité. Pratiquer de cette manière, c’est suivre ce que je ressens. Si je me sens bien, je me sens connectée à ma vie, aux gens, à mes objectifs. C’est très important pour moi d’être connectée aux gens. Nous sommes tous attirés par les autres, par nos amitiés, nos relations, même professionnelles. Savoir comment je me sens avec une personne est très important pour moi : j’agis en conséquence. Par exemple, si je ne me sens pas bien avec une personne, je vais me demander comment je peux changer mon ressenti pour améliorer la situation, je vais travailler sur ma propre énergie pour me sentir bien et apporter cette énergie positive aux autres. 

Diriez-vous que le yoga vous a donné de la liberté ? 

T.S : Quand j’étais petite, c’est ce que je ressentais, mais je n’avais rien à perdre, je vivais avec mes parents, tout m’était donné, il y avait toujours à manger sur la table. En avançant dans la vie, j’ai découvert qu’on crée notre propre vie : on n’est pas simplement victime des événements. En devenant responsable de ma vie, je me suis sentie plus libre de faire des choix. J’ai vu que j’avais du pouvoir, de l’autorité, que je pouvais prendre des décisions, être réfléchie, avoir de la compassion pour moi et les autres… Tout cela est lié au sentiment de liberté que je crée dans mon corps et mon esprit grâce à la pratique du yoga.  

On vous sent très spontanée. Est-ce votre personnalité ou est-ce venu avec la pratique du yoga ? 

T.S : Je suis spontanée, mais le yoga m’a permis de continuer à explorer cet aspect de ma personnalité. D’ailleurs, je travaille beaucoup sur moi : je me demande comment être plus efficace, plus productive, avoir plus de compassion, comment améliorer ou aider la situation. Lorsqu’il y a un défi, c’est l’occasion pour moi de regarder comment je réagis et me demander si cette façon est utile, si elle est liée aux circonstances de ma vie ou à ma vie passée. 

Il me reste encore beaucoup à apprendre sur moi, c’est pourquoi je continue à suivre des cours de yoga au-delà de ma pratique personnelle. J’ai aussi un formidable réseau de personnes qui s’est constitué naturellement, au fil des ans, que je peux appeler quand j’ai besoin de soutien ou de réponses. Personne ne vous prépare à ce qui se passe, il faut simplement agir ! 

Vous vous sentez en méditation quand vous bougez ? 

T.S : Oui. J’ai toujours été active, j’aime physiquement bouger mon corps, ça a toujours fait partie de ma vie. Je sens que je peux ralentir mon mental plus longtemps en étant en mouvement. Je pense que la méditation est plus difficile en étant assis sans bouger car on commence à penser. Si on bouge, on a quelque chose à faire. 

Partagez-vous aussi votre expérience de méditation avec les participants aux cours de yoga ? 

T.S : On nous demande de plus en plus de cours dédiés à la méditation. Je dois trouver le meilleur horaire pour le faire, sachant que nous sommes à New York et que les gens viennent ici pour bouger. Il y a un désir fort, universel, de se sentir connecté à nous-mêmes et aux autres. Je pense qu’on arrive tous à un moment où on se dit que le but de la vie c’est plus de s’éveiller, de se connecter, plutôt que de gagner de l’argent, de construire une carrière et d’avoir une maison. Bien sûr, on peut faire ces choses-là aussi, et c’est super, mais le but principal est ailleurs. Aujourd’hui, de plus en plus de gens le ressente. 

Vous faites un lien important entre le style de vie, la nourriture et le yoga. Vous venez d’écrire un livre à ce sujet… 

T.S : Oui, et cela me réjouit. Le principal, c’est de se sentir mieux, puis lorsqu’on se sent mieux, on veut faire tout ce qu’il faut pour continuer à se sentir bien et en bonne santé. Les gens viennent et demandent ce qu’ils doivent manger, ce qu’ils doivent faire… Tout le monde pose des questions sur la nourriture, mais en même temps tous savent ce qu’il faut faire. 

La question est alors de savoir comment faire en sorte d’avoir envie de manger plus de plantes, de nourriture saine, et de cuisiner à la maison. Si vous commencez à faire un peu de yoga tous les jours, si vous méditez, vous allez vouloir vous sentir mieux. Toutes les recettes sont simples, peu onéreuses, ni trop chères ni compliquées, rapides à faire à la maison et vous aident à vous sentir mieux. 

Des recettes comme des jus, des smoothies ? 

T.S : Oui. D’ailleurs, mon smoothie du matin est un mélange de banane, d’épinards et de lait d’amande. C’est tellement simple et en même temps  plein d’énergie ! Je mets tout dans mon Vitamix et hop, c’est fait. Mon Vitamix est génial, mais j’ai aussi un mixeur que j’ai acheté à $20 qui marche très bien. Je ne pense pas qu’il faille un mixer très cher pour se faire du bien. 

Êtes-vous végétarienne ? 

T.S : La plupart du temps. Je n’ai pas de règles concernant la nourriture : je mange du poisson de temps en temps, j’aime le fromage, mais je n’en mange pas en grande quantité. 

Vous avez aussi écrit un livre où vous faites une relation entre la minceur et le yoga… 

T.S : C’était mon premier livre, en 2007. J’avais choisi comme titre Slim, Calm, Sexy (Mince, Calme, Sexy). L’éditeur m’avait dit que personne n’achèterait un livre sur le yoga car le sujet était ennuyeux. J’ai proposé de l’écrire de manière à montrer les résultats. 

A l’époque, personne ne parlait du yoga pour dire que vous alliez être en bonne santé, en forme, avec un esprit calme et vous sentir sexy. Les gens associaient le yoga à la spiritualité. C’est vrai aussi, mais cette présentation coupait du yoga des gens qui faisaient des exercices et des programmes de gym sans réels résultats. Ils ne savaient pas que s’ils faisaient du yoga, ils auraient non seulement des résultats physiques mais aussi émotionnels. Or, c’est ce que beaucoup de gens recherchent. 

Aujourd’hui, le Strala yoga arrive en France. Quels sont vos projets pour la suite ? 

T.S : L’arrivée du Strala yoga à Paris est un beau projet qui se réalise. J’en suis très heureuse. Je suis venue régulièrement à Paris, où j’ai formé les professeurs dans près de 30 Club Med Gym. Ça se passe très bien. Pour la suite, j’ai divers partenariats en cours ou en projet. Cela fait deux ans que je crée une ligne de vêtement pour Reebook, je travaille aussi avec une chaîne d’hôtels pour proposer du yoga Strala à leurs clients. Mais je dirais que mon projet principal est de développer le réseau de professeurs de Strala : de plus en plus de gens sont demandeurs, car attirés par ce style de mouvements qui leur permet de se sentir mieux, plus connectés et plus détendus. C’est vraiment excitant et je suis ravie de former des profs !

>>  Pour une expérience de lecture optimisée retrouvez cet interview dans votre magazine IPad de juillet-août 2014

 

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