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Vivre à la campagne réduit les risques d'allergie

Publié le 9 septembre 2015
Jennifer Maherou est la chargée de documentation scientifique de l’Association Santé Environnement France (ASEF), qui réunit plus de 2 500 médecins en France. L'association travaille sur divers sujets tels que la qualité de l’air, l’environnement de l’enfant, la biodiversité ou encore l’alimentation.
Vivre à la campagne réduirait les risques d'allergie
Vivre à la campagne réduirait les risques d'allergie
© Pixabay

Le milieu agricole qui diminue le risque d’être allergique et les phtalates qui augmentent le risque de fausses couches, voilà ce qu’il ne fallait pas manquer cette semaine dans l’actu santé-environnement.

L’allergie n’est pas dans le pré !
Ce n’est pas un scoop, le grand air, la campagne, c’est bon pour nos enfants. Mais une nouvelle étude vient de montrer que cela pouvait également diminuer les risques d’allergie. Tous les deux jours pendant deux semaines, les chercheurs ont exposé des souris à de la poussière qui, comme toutes les poussières contient des endotoxines, des composants d’enveloppe de bactéries. En exposant ensuite ces rongeurs à des acariens, les scientifiques ont constaté qu’ils ne développaient pas de symptômes allergiques, contrairement aux souris n’ayant pas été soumis à la poussière.  
Cela s’expliquerait par le fait que les endotoxines induiraient la production d’une enzyme ayant un effet anti-inflammatoire atténuant ainsi la réaction du système immunitaire face aux allergènes. Vivre à la ferme diminuerait donc le risque d’allergie et tout cela grâce à une enzyme ! 
Si vous habitez en ville, inutile de culpabiliser… Il suffit juste d’éviter de vivre dans un environnement où règne une hygiène parfaite. Pour cela, bannissez Eau de Javel et désinfectant. D’une part, parce que la présence de certains d’eux est indispensable à notre santé, et d’autre part parce que désinfecter trop souvent peut favoriser le développement et la résistance de certains germes pathogènes. Par ailleurs, s’il n’est plus confronté aux microbes, notre organisme ne peut plus produire de défenses immunitaires efficaces. 
Si passer moins de temps à faire le ménage est bon pour la santé de nos enfants, on ne va pas se plaindre…
Les phtalates, des molécules à bannir pendant la grossesse
Cette semaine, une étude a montré que les phtalates ne seraient pas trop conseillés pendant la grossesse. Pourquoi ? Parce qu’ils augmenteraient le risque de fausses couches. Mais au fait, les phtalates, c’est quoi ? Ce sont des molécules utilisées dans l’industrie pour rendre les plastiques plus malléables. Tout cela pour dire qu’on les trouve… partout : emballages alimentaires, rideaux de douches, sols en PVC, ballons, colles, mais aussi cosmétiques. Cela ne nous inquiéterait pas s’ils n’étaient pas considérés comme perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils interfèrent avec notre système hormonal pour induire obésité, diabète et troubles de la reproduction. Et oui, beau palmarès à eux tous seuls ! 
Pour mener cette étude, les chercheurs ont mesuré les métabolites des phtalates dans les urines de 132 femmes ayant subi une fausse couche et de 172 femmes enceintes dont la grossesse se déroule normalement. Outre le fait que les métabolites aient été trouvés dans 95% des échantillons, les concentrations étaient plus élevées chez les femmes ayant vécu une fausse couche que les autres.
Alors, si on est enceinte ou que l’on projette de l’être, dehors les phtalates ! S’il est impossible d’y échapper, on peut tout de même limiter notre exposition. Mais comment ? Privilégiez par exemple les plats et bocaux en verre pour la conservation des aliments et optez pour des cosmétiques écolabellisés qui garantissent l’absence de produits chimiques !
 

 

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