Alerte ! Les menus de nos enfants sont très toxiques

Publié le 2 décembre 2010 - Mis à jour le 11 septembre 2015

Attention, poison ! Une enquête publiée le 1er décembre révèle que notre alimentation est truffée de substances chimiques. Impliquées dans l’augmentation des nombres de cancers, chez l’homme, la femme et même l’enfant, elles sont présentes dans tous les aliments, y compris ceux que l’on pensait anodins. Les résultats de cette enquête sont alarmants, il est grand temps d’agir !

Alerte ! Les menus de nos enfants sont très toxiques
Alerte ! Les menus de nos enfants sont très toxiques

Même sans être tous convertis au bio, une grande partie des Français (80%) s’inquiète de la présence de pesticides dans les fruits, légumes et céréales que nous mangeons. Mais quelle est la réalité de nos contacts avec ces substances ? C’est parce que la question trottait depuis longtemps dans la tête des responsables de Générations Futures et HEAL (Health & Environment Alliance) qu’une grande enquête a été menée sur la question. En partenariat avec le Réseau Environnement Santé et le WWF-France, les deux associations ont construit le menu type d’un enfant de 10 ans sur une journée, et ont fait analyser tous les aliments des quatre repas (incluant le goûter) et la collation matinale.

Des résultats effrayants

Les résultats, présentés mercredi 1er décembre, se lisent comme une liste interminable de produits dont on aimerait mieux ne même pas connaître le nom. Boscalide, dimethomorphe, dithiocarbamates pipéronyl butoxyde, pirimiphos méthyle, difenoconazole, carbendazim, flufenoxuron, PCB aux nombreuses déclinaisons numériques, etc., la liste est longue et affligeante.

Bien que suivant les recommandations du Ministère de la Santé, à commencer par les 5 fruits et légumes et les 3 produits laitiers par jour, un enfant de 10 ans peut intégrer plus de 128 résidus chimiques, provenant de 81 substances différentes. Sur ces 81 substances, 42 sont classées cancérogènes possibles ou probables, 5 cancérigènes certaines et 37 sont susceptibles d'agir comme perturbateurs endocriniens. Cette avalanche de chiffres est extrêmement préoccupante.

Car si Générations Futures et HEAL ont mené l’enquête, c’est qu’elles ont déjà démontré que le nombre de cancer chez l’adulte et chez l’enfant est en constante progression depuis les années 1980, et que cette augmentation est largement due à notre environnement. Porte-parole de Générations Futures, François Veillerette rappelle ainsi qu'un million de personnes sont prises en charge chaque année à l'hôpital pour soigner leur cancer.

« Malheureusement les résultats de nos analyses vont bien au-delà de ce que nous craignions », déclare l’association, qui précise que son enquête ne visait pas à l’exhaustivité mais à mettre en lumière un phénomène sournois. « Dans la quasi-totalité des cas, les limites légales pour chaque substance chimique prise individuellement ne sont pas dépassées » souligne Générations Futures. Le problème vient du fait que l’on mange plusieurs fois par jour. Un seul repas ne dépasse pas les seuils autorisés, mais l’accumulation des quatre repas quotidiens dynamite les recommandations du Ministère.

Aucun aliment épargné

Dès le petit-déjeuner, notre alimentation nous empoisonne : beurre et thé au lait contiennent à eux seuls plus d'une dizaine de résidus cancérigènes possibles et trois avérés comme des cancérigènes certains ainsi que près d'une vingtaine de résidus susceptibles de perturber le système hormonal. Et le festin ne fait que commencer : viande, poisson, légumes, féculents, tout a été passé au crible, et tout a été pointé du doigt.

Plus inquiétant encore, à l’heure de la mondialisation, la pomme prévue comme encas et importée du Brésil, présente des traces de six substances chimiques, dont un fongicide pourtant interdit en France. Dans les haricots verts du Kenya, au menu du déjeuner, les analyses ont fait ressortir des traces d'un insecticide puissant également interdit dans l'Union européenne.

Le contenu de l’assiette n’est pas le seul pointé du doigt. L’assiette en plastique utilisée pour les repas contenait également des résidus chimiques, et l’eau du robinet analysée contenait des nitrates et du chloroforme.
 

Alors que faire ?

L’enquête visait à « faire prendre conscience aux citoyens et aux responsables publics de la part importante que représentent les facteurs de risque environnementaux parmi les causes de cancers et ainsi de les inciter à agir et prendre les mesures qui s'imposent » précisent Générations Futures et HEAL.

Des études ont montré que laver les fruits et légumes, et même les éplucher, ne suffit pas, voire est inutile. Le groupement d'associations milite donc pour « l'application du principe de précaution dans l'objectif de diminuer au maximum l'exposition environnementale, et notamment alimentaire, de la population à des substances soupçonnées d'être cancérigènes ou perturbateurs endocriniens » en interdisant notamment « l'usage de pesticides au champ » et l'utilisation de certains additifs.

Car cette enquête devrait, pour bien faire, être suivie d’autres enquêtes : « l'impact de ces résidus dans les aliments conjugué aux autres substances chimiques auxquelles nous sommes exposés tous les jours, par l'air, les cosmétiques, les biocides, n'est pas évalué non plus » souligne Générations Futures. Les experts tirent donc la sonnette d’alarme.

Pour une "démocratie sanitaire"

François Veillerette, porte parole de Générations Futures, rappelle qu'1 million de personnes se rendent chaque année à l'hôpital pour soigner leur cancer. Il est plus que temps d'agir pour lutter contre cette épidémie car c'est bien de cela qu'il s'agit.

Le docteur Laurent Chevallier, nutritionniste et membre du Réseau Environnement Santé, tire également la sonnette d'alarme : aujourd'hui ce sont 700 000 agriculteurs (ou travaillant dans l'agriculture, femmes des exploitants,...) qui sont exposés aux pesticides, la contamination de nos assiettes ne touchent pas seulement ceux qui mangent mais aussi ceux qui produisent avec des produits polluants et pour l'environnement et pour le corps. Le nutritionniste ajoute que le problème de ces polluants, c'est leur interaction les uns avec les autres, il en appelle aux pouvoirs publics pour que plus d'études scientifiques soient menées à ce sujet. Il demande également qu'une attention toute particulière soit faite aux femmes enceintes : le principe de précaution doit absolument s'appliquer, il en va de la santé du bébé. Les sages-femmes ont un rôle important à jouer dans l'information sur l'alimentation et l'environnement de la femme enceinte. Laurent Chevallier regrette encore le manque de formation de ces professionnels de la maternité.

Enfin, Serge Orru, Directeur général du WWF-France, souhaite qu'une "démocratie sanitaire" voit le jour et demande un débat non seulement avec le Ministère de l'Ecologie mais également avec les Ministères de la Santé et de l'Agriculture. Il rappelle également l'engagement du WWF-France dans l'introduction du bio dans les cantines au travers sa campagne "oui au bio dans ma cantine" (à l'issue du Grenelle de l'environnement, il a été décidé de passer à 20 % de bio dans les cantines scolaires à horizon 2020). Le bio peut être une des solutions de poids dans la lutte contre les polluants comme les pesticides.

Le Directeur du WWF-France interpelle en citant le Professeur David Servan-Schreiber "comment peut-on aller bien sur une planète malade ?" Et si chacun se posait la question pour de vrai ?

Pour en savoir plus :

- Lire le détail de l'étude sur le site www.menustoxiques.fr. L'étude est également disponible en PDF

- Le site de Générations futures (ex-Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) : www.mdrgf.org

- Le site de la campagne cancer et environnement : www.environnement-et-cancer.com

Claire Sejournet
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Réactions à l'article
Par timoussette33 le 2 décembre 2010 à 20h02
On nous ment tout le temps

Combien de fois par semaine, ne nous serine t-on pas que nous allons tous finir centenaires et que la durée de vie ne cesse de rallonger. C'est totalement faux, on mange très mal et les aliments sont malsains. Il va falloir que les gens choississent entre leurs gadgets électroniques et ce qu'ils mettent dans leur assiettes.

Par gillygaloo le 2 décembre 2010 à 21h44
Beurk !!!!!

Manger du bio serait certainement l'idéal, mais manger tout bio est très cher et on finit par se demander à quel point le bio est réellement bio!

Par shodan le 3 décembre 2010 à 11h23
agissons !

On y a mis le temps mais on y est arrivés à dire que les pesticides et autres produits chimiques utilisés à outrance sont néfastes à la santé humaine. Alors agissons maintenant : réclamons l'arrêt pur et simple des pesticides !!!!! Le bio pour tous est possible (une autre étude démontre que la moitié de la production alimentaire mondiale part à la poubelle ....)et à des prix raisonnables. Maintenant nous savons alors nous ne devons plus nous laisser faire.

Par matata31 le 3 décembre 2010 à 12h34
Alerte

on le sais depuis longtemps tout cela . encore une chose en plus , c comme les aerosols , parfum menage deo laque etc... le gouvernement autorise la vente de produits mortel sur le long terme depuis des lustres,alimentation plastic ou autre on nous tue a petit feu de jour en jour c de la prémiditation .CONSOMMONS PLUS MEME SI CA NOUS TUE C LEURS SEUL PRIORITé.et c pas pres de changer .......

Par annabio le 3 décembre 2010 à 14h09
Mobilisons-nous !

Pour changer les choses il faut nous prendre en main. C'est long mais en essayant de parler avec d'autres parents d'élèves par exemple pour faire de la sensibilisation et faire progresser le bio dans les écoles par exemple. N'attendons pas que cela vienne d'en haut. Levons-nous !

Par shodan le 3 décembre 2010 à 15h12
cela peut changer

Pour répondre à Matata31, on sait tout cela depuis longtemps mais dans certains milieux seulement. Ce n'est que récemment que l'information arrive au grand public (car les industriels ont tout fait pour étouffer les rares études indépendantes qui ont pu se faire); Il ne faut rien attendre du gouvernement, mais qui dit CONSOMMER dit consommateurs : nous avons à tous un pouvoir énorme mais ne l'utilisons pas....

Par Michel Boisset le 3 décembre 2010 à 15h32
Une peur infondée

Il est curieux qu'aucun toxicologue ne soit cité dans cet article. Qu'il y ait des contaminants minéraux et organiques présents dans nos aliments n'est absolument pas nouveau, depuis des années des structures comme le Conseil d'Hygiène et par la suite l'Assa (en France) et l'EFSA pour (l'europe) ont publié des rapports sur ce sujet et formulé des recommandations et fait des évakuations des risques. Le fait qu'on détecte une substance n'implique pas un danger car les doses acceptables sans risque, fixées avec des facteurs de sécurité très élevés, ne sont pas atteintes dans cette étude. Quant aux effets cocktails, il n'ont de sens que pour des molécules ayant une (ou des) cible(s) communes. D'accord pour développer la recherche en toxicologie, mais ne nous faisons pas d'illusion sur l'implication de Fillon Sarkozy et autres NKM dans cette démarche de prévention à l'heure où on ferme des labos et casse des équipes.

Par cathlineka le 4 décembre 2010 à 02h09
alerte les menus de nos enfants....

Evidemment qu'il n'y rien à attendre "d'en haut": au gouvernement sont ceux qui nous empoisonnent et leurs amis! Et ils gagnent de l'argent sur notre santé, doublement, en nous empoisonnant d'un côté, et en nous vendant des médicaments, des traitements de l'autre, car ce sont les mêmes!

Par nordevan le 4 décembre 2010 à 11h19
citoyen

Il est temps de reprendre le pouvoir citoyen !

Par lunazen le 4 décembre 2010 à 19h24
Se prendre en main

Il paraît en effet que l'on vit plus longtemps mais est-ce que l'on vit/vivra mieux, en meilleure santé ? C'est moins sûr ! Ces nombreuses études sont alarmantes et mettent en danger les personnes dites fragiles (nourrissons, enfants, femmes enceintes et/ou allaitantes, personnes âgées, personnes malades). Peut-être que les chiffres ne dépassent pas les normes fixées mais c'est l'accumulation qui rend ces doses dangereuses. Bien sûr les gouvernements font leur b.a en faisant des petits gestes hypocrites car hors caméras, c'est l'argent qui fait tourner ce monde. C'est individuellement qu'il nous faut nous prendre en main.

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