Féminitude

Célébrer le cycle féminin

Publié le 20 novembre 2015
Formatrice, conférencière, professeur de yoga et moon mother. Parallèlement à un parcours professionel varié, ses recherches pluridisciplinaires l’ont amenée à faire le pont entre différentes traditions et à s’intéresser tout particulièrement à la spiritualité féminine. www.lunafemina.com
La tente rouge, une célébration du féminin
La tente rouge, une célébration du féminin
© Marie Yamoona

Il existe dans notre monde occidental un mouvement de femmes, silencieux et peu connu, qui souhaitent s’affranchir de l’image réductrice que leur a façonnée notre société moderne post-féministe. Reliées entre elles grâce aux réseaux sociaux, elles participent à toutes sortes d’activités pour se réapproprier leur vraie Nature.

A l’heure de la mixité, de la parité et du débat sur les genres, de plus en plus de femmes participent régulièrement à des rituels pour partager et honorer leur Féminin. Par Féminin, elles entendent ce qui se joue en profondeur en elles au long de leur existence et qui les détermine, qu’elles soient mères ou pas. Les rituels auxquels participent ces femmes, de tous âges et de toutes catégories sociales, sont souvent inspirés de ceux utilisés dans les sociétés primordiales. Leur principe est que le message transmis s’inscrit d’abord dans le corps pour ensuite être assimilé par le mental, les participants occupant de ce fait une place active dans l’intégration du processus.

Célébration de la Nature et de la Femme
Dans l’émergence actuelle du Féminin, il y a concomitance de plusieurs facteurs : le besoin de se reconnecter à la Nature en raison des problèmes environnementaux, l’envie de prendre une place différente dans la société et le désir d’avoir une quête spirituelle, mais pas forcément dans une religion établie. L’Occident est très marqué par les religions monothéistes qui donnent plus d’importance à l’homme qu’à la femme et privilégient le dogme.

Les femmes cherchent aujourd’hui à s’affranchir de ce modèle pour se reconnecter à leur vraie nature et à la Nature. Certaines d’entre elles se tournent vers les traditions spirituelles autochtones, car la femme y jouait un rôle prépondérant. À l’image de la Terre-Mère appelée par exemple "Changing woman" chez les Navajos ou "Pachamama" dans la culture inca, la femme était respectée car sa vie durant, elle portait en elle et incarnait les différents cycles de la Nature, la Terre Nourricière.

Les premières règles
Beaucoup de femmes - certaines d’entre elles déjà ménopausées - souhaitent célébrer leurs premières règles, ce rite de passage dont elles ont été privées à l’adolescence. Elles se libèrent ainsi des mémoires négatives et ont l’opportunité de développer avec elles-mêmes et entre elles une relation plus profonde et plus authentique. Les sociétés indigènes considéraient que l’action et le mouvement étaient les outils les plus puissants de transformation, d’apprentissage et d’auto-programmation. 

Les rites de passage
Dans leurs rites de passage, les personnes posaient des actes et utilisaient leur corps pour y laisser une empreinte symbolique. Par exemple, lorsqu’une personne était amenée à changer de vie, on lui faisait traverser un pont. Devant le pont, elle visualisait tout ce qu’elle allait devoir laisser derrière elle, puis le traversait en imaginant toutes les qualités qu’elle allait devoir mettre en place dans cette nouvelle étape de vie, puis le pont traversé, elle "rêvait" cette nouvelle vie. Elle imprimait ainsi en elle une mémoire positive qui allait l’aider dans la réalisation de sa vie.

Les "Lunes"
Selon les traditions amérindiennes, le pouvoir créatif et intuitif de la femme est à son apogée lors de son "temps de lune" (de l’anglais "moon time", qui se rapporte à la période des règles), qui avait souvent lieu à la nouvelle lune. Lors de leurs menstruations, les femmes de ces cultures se réunissaient dans une Moon Lodge, "ancêtre" des Tentes Rouges, pour se reposer et se mettre en phase avec leur ressenti. Voulant retrouver et valoriser ce moment considéré comme sacré par les Anciens, les femmes se rencontrent aujourd’hui en cercle (*) à la nouvelle lune pour échanger librement.

Elles souhaitent aussi prendre du temps pour elles lors de leurs "lunes" car c’est le moment propice pour se laisser inspirer par la Vie et accueillir la sagesse enfouie au plus profond de soi. Chaque mois, elles essaient de vivre cette période en pleine conscience et de la regarder comme un rite de passage porteur de sens et libérateur.

Les cycles menstruels
Au lieu de subir leur nature cyclique, provoquée par les fluctuations hormonales, ces femmes la célèbrent et la reconnaissent en adaptant leur mode de vie selon leurs potentialités du moment, déterminées par chaque phase de leur cycle.

Elles respectent ainsi les différentes femmes qui les habitent successivement : jeune fille, mère, enchanteresse, vieille femme sage, archétypes féminins que l’on retrouve par ailleurs dans les contes de fées et dont elles veulent incarner toutes les facettes. 

La ménopause
Les Anciens confiaient souvent aux femmes ménopausées le pouvoir de décision car elles étaient considérées comme dépositaires de la sagesse ancestrale. Au moment de l’arrêt de leurs "lunes", période marquée par des moments parfois difficiles d’acceptation de cette étape de vie, les femmes d’aujourd’hui aspirent à un nouveau départ et le fêtent dans la joie avec leur entourage.

Ainsi osent-elles vivre cette période comme une nouvelle tranche de vie qui va leur permettre d’aller explorer des parties d’elles-mêmes inconnues jusqu’alors et de vivre encore plus en accord avec qui elles sont vraiment. En célébrant les différentes saisons de leurs cycles et de leur vie, ces femmes libres du XXIème siècle ont envie de marquer leur différence avec les hommes, tout en désirant entretenir un lien fort et constructif avec eux. Elles veulent ressentir leur Féminin sereinement jusqu’à la Séniorité, incarner pleinement toutes les dimensions de leur Être, et rayonner ainsi pour le bien-être commun.

(*) Le propre du cercle : une animatrice respectée mais pas de "leader", donc pas de prise de pouvoir sur quiconque.

Claire Jozan-Meisel a créé Lunafemina en 2012. Elle organise des ateliers, des conférences et des rencontres en France et a auto-édité le livre de DeAnna L'am, Le Fil Rouge, manuel de tes premières lunes.

L'illustration de l'article est tirée du livre Le Fil Rouge et a été réalisée par Marie Nanouk. Retrouvez son travail sur son site internet, Du spirituel dans la matière

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