Développement personnel

Changer de job, confiance en soi: par où on commence?

Publié le 4 août 2017
Mathilde Forget est coach en reconversion professionnelle
Mathilde Forget est coach en reconversion professionnelle
© DR

Avec l’été, le temps ralentit. Que vous soyez en vacances ou au travail, c’est le moment idéal pour faire le point sur votre vie professionnelle, et, peut-être, envisager d’évoluer vers de nouveaux horizons. Mathilde Forget, coach en reconversion professionnelle, nous donne ses conseils pour réussir la transition.

Quel lien faites-vous confiance en soi et épanouissement dans la vie professionnelle ?
Souvent, les gens me disent « je ne veux pas me lancer car je n'ai pas confiance en moi ». Justement, il ne faut pas attendre ! C'est en se lançant que l'on prend confiance en soi, grâce à l'action et à l'expérience. Pour autant, ça ne veut pas dire plaquer son boulot du jour au lendemain. Si on a une idée de projet, on peut commencer à se demander comment on pourrait la mettre en place à petite échelle. Imaginons que vous souhaitiez vous reconvertir en masseuse. Commencez par trouver quelques cobayes autour de vous, faites des massages gracieux pour vous faire la main, puis si ça vous plait, montez une page Facebook, élargissez le cercle des personnes que vous massez... Ce sont autant d'étapes à faire petit à petit, qui vous donne confiance en vous tout en vous donnant les clés pour oser un jour franchir le pas et quitter votre job pour monter votre projet.

Finalement, être radical dans son changement de vie est contreproductif...
Oui, y aller par étape vous permet de voir comment vous vous sentez dans cette vocation, et éventuellement la redéfinir. Si vous vous sentez en accord avec vous-même, vous alignez plaisir, bien-être et confiance et c'est très motivant pour aller jusqu'à l'étape d'après et continuer d'enchaîner les petits succès qui amènent finalement à changer.

A-t-on toujours une idée claire de sa vocation ?
Loin de là ! D’ailleurs, quand des personnes viennent me voir en me disant qu’elles n’ont pas trop confiance en elles et ne savent pas vraiment ce qu’elles veulent faire, je propose toujours de commencer à travailler sur la vocation. La confiance en soi viendra dans un second temps, car finalement, en trouvant leur vocation, une énergie se libère en elles et elles sont déjà bien plus pro-actives.

Y a-t-il un lien entre la vie actuelle et la vie projetée ?
Je suis surprise de constater à quel point il y a souvent un lien entre l’activité actuelle d’une personne et le projet qui se dessine au fur et à mesure des échanges que nous avons lors des séances de coaching. Les révolutions totales sont rares. L’écart le plus extrême que j’ai eu c’est une personne qui travaillait dans la puériculture et qui souhaitait devenir wedding-planner. Le message que je tiens à faire passer, c’est qu’il faut déculpabiliser de ne pas se sentir à sa place dans son job actuel.

C’est vrai que souvent, on se pose des questions après s’être beaucoup investi dans une direction. On peut avoir du mal à envisager de quitter notre job après tout ce que l’on a fait pour y arriver…
Avoir des nouveaux rêves, de nouveaux objectifs, c’est normal ! Et très souvent, ce que les personnes ont fait avant a du sens pour leur nouvelle vocation. En étant dedans, on ne s’en rend pas forcément compte. Mais on s’appuie toujours sur son expérience pour avancer, car elle nous a permis de gagner des compétences. Surtout, cela ne sert à rien d’avoir de regrets sur nos choix passés.

Qu’est-ce qui est difficile lorsqu’on commence à s’interroger sur qui l’on est ?
Le plus dur, c’est de mettre des mots sur qui on est et sur nos aspirations profondes. On ne connaît pas bien nos forces et nos talents, on ne sait pas dire ce que l’on veut vraiment faire dans la vie. C’est un grand frein pour avancer !

Au fond, que gagne-t-on quand on réussit à aligner motivation, plaisir et bien-être dans notre vie professionnelle ?
On rentre dans un cercle vertueux : plus on met d’action, plus on ressent du bonheur et du bien-être, et cela nous motive autant que ça nous booste pour continuer. Lorsque je rencontre des personnes au chômage depuis longtemps ou qui sont en burn-out ou s’en remettent, je leur conseille de trouver un petit job, qui ne sera pas le boulot de leur vie, mais qui les remettra en mouvement. Il faut réenclencher une dynamique positive : l’être humain a besoin de se sentir utile !

Vous dites aussi qu’aller à la rencontre des gens est essentiel. Pourquoi ?
J’ai un mot clé, l’audace. Il faut oser créer du contact, ça booste d’être avec les autres. Si on travaille seul, il ne faut pas s’isoler. Il est possible de travailler dans un espace de coworking ou dans un café par exemple. Il faut oser aller à la rencontre des gens, en allant à des soirées networking, à un salon… Par contre, la démarche doit être sincère et non utilitariste, sinon, ça ne passera pas. L’autre point positif, c’est qu’en allant vers les autres, on doit s’assumer, être capable de parler de soi et défendre son projet. Cela aide à avoir les idées claires et à gagner en confiance en soi.

Vous insistez sur l’importance du lieu où l’on est dans la construction de son parcours professionnel. Pourquoi est-ce important ?
Si on n’est pas bien là on se trouve, on n’a pas envie de se bouger. Les gens se demandent rarement s’ils sont dans le bon endroit pour réaliser ce qu’ils souhaitent faire de leur vie. Parfois, ça prend la forme d’un rêve « un jour, je quitterai Paris ». Mais quand est-ce que ce rêve arrivera ? Je pense que c’est très important de se sentir bien là on l’on vit pour se réaliser pleinement. Ayant beaucoup déménagé, je peux le confirmer personnellement ! Depuis mon arrivée à Marseille, je me sens totalement à ma place et j’ai de multiples projets.

Y a-t-il un âge auquel on a plus tendance à faire un bilan de sa vie professionnelle ?
Je dirais que j’ai une majorité de clients entre 25 et 40 ans. A 25 ans, on peut se poser des questions car cela fait 2 ou 3 ans que l’on travaille et on réalise que l’on n’est pas à sa place dans le métier que l’on a choisi. 28 ans est un âge charnière au niveau de la maturité, on sent les 30 ans qui approchent et on se pose beaucoup de questions. On a assez d’expérience pour se dire que l’on a été patient, on a peut-être déjà changé une fois de job, et on ne se sent toujours pas à l’aise. J’ai aussi pas mal de clients autour de 35 ans, je pense que c’est une crise de la quarantaine qui arrive plus tôt. Finalement, la crise existentielle, la quête de sens, arrive à tout âge.

Quand vous parlez de quête de sens, cela veut-il dire que l’on va forcément avoir envie de travailler dans le bien-être ou l’humanitaire ?
Pas du tout ! Il s’agit de trouver le métier qui a du sens pour soi. Un avocat trouvera du sens à ce qu’il défend et un comptable dans l’exactitude des comptes, par exemple. Et surtout, il s’agit de ne pas juger les autres métiers ! Chacun s’épanouit dans ce qui lui convient et on a besoin de tous les métiers, pas seulement de professeurs de yogas ou de naturopathes. La quête de sens n’est pas une mode, c’est une envie profonde de contribuer à l’évolution de l’humanité ou de la planète.

Pour contacter Mathilde Forget : www.bilandesens.fr // www.mathilde-forget.com

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