Méditation

Écouter notre intuition dans les moments de souffrance

Publié le 18 novembre 2015 - Mis à jour le 19 novembre 2015
La méditation de la bienveillance, une action à portée de tous pour ne pas rester seul dans la souffrance
La méditation de la bienveillance, une action à portée de tous pour ne pas rester seul dans la souffrance
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La pratique de la méditation est une occasion rare de prendre le temps d’accueillir ce qui nous arrive. Par une observation de plus en plus précise de notre état d’esprit, nous développons une meilleure connaissance de notre situation.

Le mot intuition vient du latin intuitio qui vient lui-même de intueri qui signifie « regarder attentivement ». C’est exactement ce que nous faisons pendant la méditation. Nous nous entraînons à ce regard attentif pour ensuite voir plus clairement et plus directement ce qui se passe dans notre vie. Dans les moments de souffrance physique ou émotionnelle, nous pouvons choisir d’écouter finement cette intuition. Nous pouvons débusquer tous les points de souffrance et en prendre soin avec beaucoup de bienveillance. La souffrance n’est pas honteuse, elle est humaine.

Transformer les flèches en fleurs
La souffrance chez ceux qui nous déplaisent peut nous permettre de nous relier à eux. Nous pouvons transformer leur agression en la démasquant. Souvent, une personne qui vous critique injustement ou vous dit des choses désagréables parle d’elle-même plutôt que de vous. Elle parle de ses propres manques, de ses peurs, de ses angoisses. Nous partageons la même vulnérabilité face à la peur, au changement, à l’incompréhension. Ainsi les agressions que nous recevons peuvent être des opportunités pour sentir davantage notre cœur, notre lien aux autres, y compris à ceux qui nous agressent mais qui, comme nous, souffrent.

Ce que la souffrance peut nous apprendre
Notre recherche parfois frénétique de bien-être repose sur un manque complet de confiance en notre souffrance. À l’opposé, la bienveillance naît de l’observation fine, patiente, courageuse, chaleureuse de ce qui nous fait de la peine, de ce qui nous contrarie ou fait souffrir. « Voir c’est toucher et être touché » écrit le philosophe François Fédier. La bienveillance aimante nous permet de toucher notre propre fragilité, notre propre fêlure, pour nous relier aux autres plutôt que de nous isoler davantage.

Au lieu de nous exclure du monde quand nous avons de la peine, nous entrons en relation avec cette vulnérabilité si proprement humaine.

Au lieu de fuir ceux qui ont de la peine de crainte de ne savoir que faire, nous comprenons que l’essentiel est d’être là, d’offrir notre pleine présence attentive.

Le maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh ose même dire que la souffrance est un maître pour nous. Sans elle, impossible de développer de la compassion et de la bienveillance pour soi et pour les autres. « La souffrance sème les graines de la compassion en nous. » Sans la souffrance, impossible de comprendre la condition humaine. Impossible de sentir profondément notre coeur. Impossible de devenir proprement digne et courageux. N’allez pas croire pour autant que j’estime que souffrir est une bonne chose. Nous sommes ailleurs, au-delà d’un avis qui jugerait si c’est mal ou bien : nous avons à reconnaître la souffrance qui est là, inévitablement, puisque inévitablement nous connaîtrons maladie, vieillesse et mort ; nous pouvons travailler avec elle pour cesser d’en être prisonnier et ainsi découvrir un sens de joie qui ne s’oppose ni à la peur, ni à la tristesse, ni à la douleur, mais les englobe plus largement. 

 

Cet article est extrait du livre La méditation de la bienveillance, de Marie-Laurence Cattoire, paru aux éditions Leduc.S

Retrouvez aussi Marie-Laurence Cattoire sur son blog, www.meditation-et-action.com

 

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