Cancer

Le frottis, un geste à privilégier pour dépister le cancer du col de l'utérus

Publié le 4 février 2015
© Pixabay

Le 4 février, c'est la Journée Mondiale contre le cancer. A cette occasion, FemininBio revient sur un geste médical essentiel pour dépister à temps le cancer du col de l'utérus : le frottis. Le docteur Bérengère Arnal nous en dit plus.

Chaque année 3000 nouveaux cas de cancer de l'utérus sont détectés et l'on identifie des lésions précancéreuses chez plus de 31000 femmes. 90 % de ces cancers pourraient être évités par un dépistage régulier par frottis. Le docteur Bérengère Arnal, gynécologue, revient sur ce geste essentiel et pourtant négligé par 40% des femmes.
A quoi sert le frottis ?
Le frottis sert à dépister le cancer du col de l’utérus.Il consiste à prélever des cellules du col de l’utérus à l’aide d’une petite brosse. Celles-ci seront analysées par un(e) cytologiste et permettront de détecter ou non la présence du virus.
A quoi est dû le cancer du col de l'utérus ?
Ce cancer fait suite à une contamination par une famille de virus sexuellement transmissibles, Human papilloma virus (HPV). Certains sont susceptibles d’induire à distance de la contamination, parfois 15 à 20 ans après, des précancers puis des cancers du col de l’utérus. Le tabac, qui diminue l’immunité locale, et la multiplicité des partenaires sexuels sont des facteurs de risque important. Parmi ces nombreux virus, certains sont capables d’induire des lésions cancéreuses, on les dit oncogènes. D’autres sont sans gravité, on les dit non oncogènes. 

Quels sont les symptômes ?
En fait, il existe deux types de cancer de l'utérus : celui du col et celui du corps. Le premier touche la femme jeune et se dépiste par la pratique régulière du frottis, il n’entraîne pas de symptômes sauf à un stade avancé. Celui du corps (endomètre) concerne la femme ménopausée et post-ménopausée et se manifeste par des petits saignements anormaux. Tout saignement inhabituel doit immédiatement faire consulter un gynécologue.

Quel est la situation sanitaire des femmes dans ce domaine ?
20% seulement des femmes en période d'activité génitale auraient un col parfaitement normal et sain tout au long de leur vie. 80% des femmes auraient été en contact avec le virus HPV, mais le plus souvent il s’élimine tout seul. Il faut ni s’inquiéter, ni se précipiter, il n’y a généralement pas d’urgence.
Que se passe-t-il si un souci est détecté lors du frottis ?
Lorsque des anomalies cytologiques sont constatées au frottis, une colposcopie doit être pratiquée. Le col est examiné à la loupe binoculaire (colposcope) sans préparation, après application d'acide acétique, puis après application de lugol fort. La colposcopie visualise la lésion, la localise et la grade, elle permet de pratiquer des biopsies dirigées.
Les lésions peuvent évoluer de trois façons : la régression, la stabilisation, l'aggravation vers le carcinome. Le traitement des infections virales à HPV ne doit pas forcément être systématique. L'identification d'un virus HPV n'est pas suffisante, il faut qu'il y ait une image colposcopique anormale pour décider d'un traitement. Parfois on refait un frottis à six mois. Le frottis peut s’être normalisé ; si ce n’est pas le cas, il y a deux types de traitement : le laser et une petite intervention chirurgicale, appelée conisation.

Comment est décidé le traitement à suivre ?
Le choix du traitement va dépendre du degré de gravité de la lésion et de son potentiel évolutif (typage du virus), de la durée d'évolution de cette lésion qui est difficile à évaluer (de quelques mois à quelques années) et de son étendue. Des facteurs tels que l'âge de la patiente, le désir de grossesse, la possibilité ou non d'une surveillance rigoureuse, interviennent également dans la décision. Par ailleurs, la phytothérapie, l’aromathérapie, l’homéopathie, la micro immunothérapie, la mycothérapie ont une place complémentaire dans la prise en charge de ces infections.

Quel bilan de la pratique généralisée du frottis tirez-vous ?
Le dépistage systématique par la pratique du frottis a permis depuis une cinquantaine d'années de réduire la mortalité par cancer du col utérin, de 50 à 70%. On dénombre actuellement chaque année, 3000 nouveaux cas de cancers du col et 1100 décès contre 53000 nouveaux cas de cancer du sein et environ 12000 décès par an avant la mise en place de cette politique de santé publique. Je suis pour ma part pour la pratique annuelle du frottis de dépistage du col de l’utérus.
 
L'Institut National du Cancer informe :
- le frottis est recommandé dès l'âge de 25 ans et jusqu'à l'âge de 65 ans, le virus évoluant lentement et même en l'absence de rapports sexuels
- il est important de faire un frottis régulièrement, au moins tous les 3 ans
- un frottis peut être réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue, une sage-femme ou dans différents lieux de soin (centre de santé, centre de planification ou d'éducation familiale, ou, sur prescription, dans certains laboratoires d’analyses de biologie médicale).
Plus d'informations sur le site de l'Institut National du Cancer
 
Retrouvez Bérengère Arnal sur son blog pour des conseils santé au féminin.
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