L’épisiotomie

Publié le 29 juin 2009 - Mis à jour le 30 novembre 2012

En France, le taux d’épisiotomie est de plus de 70 % pour les femmes accouchant pour la première fois et de plus de 35 % pour les autres. Ces chiffres ne représentent qu’une moyenne, certaines maternités sont plutôt exemplaires, d’autres ont un taux qui peut aller jusqu’à 90 %. Il est donc devenu raisonnable de penser que c’est un geste médical plus ou moins de routine.

Il est d’ailleurs décrit dans la plupart des guides de grossesse comme préférable à une déchirure potentielle et spontanée, sa réparation et sa cicatrisation ne posant aucun problème inquiétant. Pourtant, l’OMS classe l’épisiotomie parmi les pratiques qui sont fréquemment utilisées à tort et de nombreux pays, tels que le Royaume-Uni, ont drastiquement réduit leur taux grâce à des campagnes d’information.

Voici les raisons les plus couramment invoquées pour la pratiquer :

  • la déchirure potentielle est plus diffi cile à réparer : faux ! Elle demande seulement parfois un peu plus de temps ;
  • la déchirure potentielle est plus longue à cicatriser : faux ! Elle peut également être recousue si besoin est ;
  • la déchirure potentielle peut atteindre le sphincter anal : vrai ! Mais selon une étude récente, l’épisiotomie ne les prévient pas non plus ;
  •  la déchirure potentielle entraîne plus de problèmes d’incontinence urinaire et fécale : faux ! Une étude réalisée en 2005 ne trouve pas de différences significatives ;
  • elle est nécessaire lors d’une naissance assistée avec ventouse ou forceps : faux ! Selon certaines études, il serait préférable de ne pas faire d’épisiotomie ;
  • elle est nécessaire en cas de détresse foetale pour accélérer la naissance : vrai ! Mais il est important de donner d’abord l’opportunité à la maman de pousser en connaissance de cause car lorsqu’elle sait que son bébé est en danger, elle peut être très rapide à le faire naître.

Les raisons pour l’éviter sont les suivantes :

  • elle augmente les risques de déchirures lors du prochain accouchement ;
  • la déchirure ne sera peut-être que superficielle surtout si la maman est libre de choisir sa position et non guidée à pousser son bébé ;
  • il existe des risques de chirurgie réparatrice en cas de suture trop lâche (créant une béance) ou trop serrée (créant des rapports sexuels douloureux) ;
  • la perte de sang est plus importante et peut entraîner une anémie ;
  • elle peut être considérée comme une mutilation génitale.

Pour conclure et laisser place à votre réflexion, l'AFAR souligne : « Les causes des déchirures périnéales que l’épisiotomie prétend éviter sont à rechercher dans les procédures obstétricales : position d’accouchement imposée, poussées dirigées, dopage au Syntocinon, etc. En parlant d’épisiotomie, on peut ainsi remonter toute une chaîne d’interventions abusives, justifi ées uniquement par la crainte du médico-légal. »

N’oubliez pas de mentionner sur votre plan de naissance votre choix à ce sujet.

Cet article est tiré du livre de Marie Touffet, Ma grossesse bio et naturelle : De la conception à la naissance, paru en 2008 aux Editions Eyrolles.

Marie Touffet
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