Bien-être

Lâcher-prise : deux mots, tout un programme

Publié le 28 juillet 2015
Christine Marsan est psychothérapeute et coach, écrivain et conférencière au service de l'humain, de la coopération et de la mutation de la société
Quel meilleur moment que les vacances pour lâcher prise ?
Quel meilleur moment que les vacances pour lâcher prise ?
© Fotolia

A l’approche des vacances, le soleil nous invite à changer de rythme. Une envie de ralentir ou de lâcher la pression quotidienne et de faire autre chose, autrement.

Vous aimez passer vos vacances à faire du kayak, de la randonnée, du farniente au bord de la mer ou faire du vol à voile ? Le principe est le même, il y a un besoin de coupure, de vacance. 
Et rappelons-nous que la vacance, c’est un synonyme du vide. Nous aspirons à prendre un temps pour soi, un temps vide de choses à faire, de contraintes, de contribution à des entreprises avec lesquelles peut-être nous ne sommes pas toujours en harmonie ou dans lesquelles la pression est sans cesse plus forte. 
Investir le présent
Nombreux sont ceux qui connaissent la recette et qui savent qu’il faut lâcher les peurs et le contrôle. Cela s’appelle lâcher-prise. Mais combien parviennent réellement à le pratiquer au quotidien ?
Nous avons été tellement formatés, conditionnés à nous soucier de demain, à regretter hier, que nous ne savons pas investir le présent.
Combien de fois voyons-nous une personne dans un lieu merveilleux ou vivant un moment délicieux, perdue dans ce qu’elle va faire ensuite ? Ainsi, dans les voyages organisés, en pleine visite d’un temple entend-on : "Vous savez où on va manger ce soir ?" ou dans un ashram en Inde : "C’est quoi votre programme aujourd’hui ? Yoga, Qi Qong ?".
Nous parcourons des milliers de kilomètres pour nous dépayser et/ou nous retrouver, et nous sommes encore agités ou obsédés par demain, sans nous délecter des gouttes d’essentiel disséminées tout au long de la journée.
Nous avons raison de chercher à ralentir afin de retrouver la possibilité de nous poser, de faire cesser la cavalcade de notre mental, de voir à nouveau les merveilles de la vie, chaque jour, dans toutes les petites choses que la vie nous propose. 
Le bonheur est dans le quotidien. Et c’est dans cette disposition du calme retrouvé par la présence à ce qui est que nous pouvons faire l’expérience du lâcher-prise.
L'été, le moment idéal pour lâcher-prise
Avec l’été et la période estivale de vacances, c’est le moment idéal pour renouer avec les bonnes pratiques. 
Nous pouvons ainsi nous mettre ou nous remettre à la méditation quotidienne ou réaliser une salutation au soleil pour honorer la vie et nous placer en harmonie avec elle. Nous pouvons aussi pratiquer le Yoga, le Qi Qong, le Tai Chi, le WuTao et nombre d’autres pratiques quotidiennes qui permettent de faire circuler l’énergie et de nous focaliser sur nos rythmes biologiques. Ainsi, nous mettons en syntonie avec les vibrations du vivant. Cela facilitera notre lâcher-prise.
Evidemment, il y a des périodes plus propices que d’autres pour réussir cet abandon, en période de vacances et sans souci, c’est plus facile. Toutefois la vie est parfois facétieuse et nous fournit des épreuves (travaux pratiques) qui mettent à mal nos meilleures résolutions. Nous pouvons vivre un moment de rupture amoureuse, de perte d’emploi, de maladie ou encore de perte de ressources financières et là, l’abandon est bien plus difficile.
Notre agitation mentale s’accroît. Nous ressentons que nous sommes pris par le stress, l’anxiété, la peur du lendemain et de l’inconnu et notre cerveau le plus archaïque (reptilien) s’affole littéralement. Il nous pousse à agir et cela se traduit souvent par de l’agitation. Agir pour agir, pour ne plus subir ces tensions internes et les émotions intenses qui sont liées à la cause de notre stress.
Le risque est alors de nous disperser, d’agir sans que ce soit à bon escient, de prendre de mauvaises décisions et d’être déçu après-coup de ce qui se sera produit.
Lâcher-prise toute l'année
Si l’exercice semble plus difficile, pratiquer le lâcher-prise et se focaliser sur le présent même dans les pires périodes, c’est bien pourtant la recette de la vie. 
En effet, les épreuves ont toujours un sens et parfois ce qui nous est proposé c’est de parvenir à retrouver la sérénité et de nous abandonner à la vie, au beau milieu du "pire". C’est ce que l’on appelle aussi l’épreuve de la foi, que nous soyons croyants ou pas. Il est question ici de s’abandonner aux lois de la vie et de découvrir alors toutes les synchronicités qu’elle nous prodigue.
Nous avons besoin d’argent, voilà que nous obtenons un remboursement inattendu, nous nous désespérons d’être seul et nous rencontrons l’âme sœur lors du concours de poney de notre fille, nous avons des douleurs et nous apprenons par le médecin que c’est bénin et qu’il existe une toute nouvelle médication, et ainsi de suite.
Il nous faut délaisser nos habitudes de contrôle qui sont l’héritage de nos cerveaux les plus anciens. Nous pouvons leur rendre hommage car ils nous ont permis de survivre jusqu’ici face aux dangers de toutes sortes. Toutefois aujourd’hui, nous sommes invités à déployer davantage de ressources pour embrasser la complexité de la vie.
Décider de s’abandonner à la vie, de lâcher-prise, une fois toutes les graines de possibles semées (idées de projets, contacts, démarches pour visiter une maison à acheter...) et laisser la vie décanter, apporter la créativité de ses réponses et nous émerveiller par ses miracles.
Bonnes vacances !

L'auteur : Christine Marsan a écrit Oser changer sa vie et Petit cahier d'exercices pour oser changer sa vie, parus aux Editions Jouvence. Retrouvez l'auteur sur sa chaîne Youtube.

>> Pour une lecture optimisée, retrouvez cet article dans votre magazine iPad de l'été 2015

 

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