Ménopause

Ménopause : opter pour le traitement phytothérapique

Publié le 27 avril 2015
Docteur Bérengère Arnal est médecin gynécologue, obstétricien, sophrologue, phytothérapeute. Elle est la Présidente fondatrice (2007) d'Au sein des femmes, association dédiée aux femmes atteintes de cancer du sein.
La phytothérapie de la ménopause résulte d'une prescription individualisée, modulable dans le temps, prenant en charge la globalité de la patiente, dans son histoire au quotidien.
La phytothérapie de la ménopause résulte d'une prescription individualisée, modulable dans le temps, prenant en charge la globalité de la patiente, dans son histoire au quotidien.
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Le traitement phytothérapique de la ménopause (TPHM) est une alternative au traitement hormonal de la ménopause (THM). Un choix à faire avec son gynécologue.

La phytothérapie trouve une large place dans le traitement des déséquilibres hormonaux physiologiques et pathologiques, de la femme, de la puberté à la ménopause. Dans ce dernier cas, elle vise à compenser l’arrêt des sécrétions hormonales par l’ovaire (oestrogènes et progestérone) et les conséquences possibles mais pas obligatoires pour toutes sur l’organisme de cet arrêt : fatigue physique et/ou psychique, fragilisation de la gestion des humeurs, gonflements, prise de poids, bouffées de chaleur, sueurs, insomnies, troubles de la libido…

En quoi ça consiste ?
Le TPHM associe phyto-oestrogènes et phyto-progestagènes. Il ne se résume pas au simple traitement des bouffées de chaleur, mais se veut une véritable alternative au traitement hormonal substitutif. Sa place dans la pathologie de l'ostéoporose est limitée. Associé à des conseils nutritionnels incontournables, il participe à la prévention du vieillissement général.

Les contre-indications absolues du TPHM sont celles des phyto-oestrogènes : les cancers du sein, les accidents thrombo-emboliques récents, (phlébite, embolie pulmonaire, accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde). Les compléments à base de soja sont à éviter en cas de pathologie thyroïdienne et de traitement par la lévothyroxine

Le TPHM  permet dans la majorité des cas, une diminution et au mieux, une cessation des bouffées de chaleur et sueurs, un meilleur état physique et psychique, une amélioration du sommeil, de la sécheresse cutanée et vulvo-vaginale (il vaut mieux toujours ajouter un traitement local au quotidien), et parfois de certains troubles génito-urinaires. Il est sans action sur le poids.

En cas de bouffées de chaleur et sueurs invalidantes qui résistent à la prescription d'un simple TPHM, le recours au THM n'est pas forcément immédiat. D'autres étapes sont envisageables.

Dans un premier temps, il est possible :
1) de doubler voire de tripler provisoirement, la posologie du TPHM  dont l'effet est dose-dépendant
2) de modifier le TPHM  dans sa formulation, un grand nombre de produits sont actuellement sur le marché et permettent de diversifier la prescription (il convient toutefois d’en évaluer sérieusement leur activité)
3) d'associer d'autres phyto-oestrogènes au TPHM , afin de renforcer son action oestrogénique
4) de renforcer le TPHM , par des phyto-progestagènes comme le gattilier, mais aussi la mélisse, qui est, de plus, anxiolytique.

Nota bene : la phytothérapie de la ménopause résulte d'une prescription individualisée, modulable dans le temps, prenant en charge la globalité de la patiente, dans son histoire au quotidien. Les plantes médicinales sont de véritables phyto-médicaments avec des indications, des contre-indications, des risques d'effets secondaires ou d'interférences médicamenteuses. Elles relèvent de la prescription médicale par un thérapeute averti.

Le sevrage du traitement hormonal de la ménopause
Hormis en cas de découverte d'un cancer du sein ou de tout autre cancer hormono-dépendant, l'arrêt du  THM ne doit pas être brutal. On risque de voir réapparaître de façon brutale des signes invalidants de la ménopause, comme les bouffées de chaleur et les sueurs.

Le sevrage du traitement hormonal de la ménopause doit se faire sur quelques semaines voire mois. On associe le TPHM au THM , puis on baissera progressivement les doses du THM, tout en restant à l'écoute de l'apparition éventuelle de troubles tels que les bouffées de chaleur. Cette transition se fait sur les conseils du médecin. Dans plus de 90 % des cas, l'arrêt total du THM est possible. Dans les autres cas, en cas de bouffées de chaleur invalidantes, on peut conserver un THM à dose minimale, associé au TPHM et à des thérapeutiques plus spécifiques des bouffées de chaleur si besoin.

>> Pour une lecture optimisée, retrouvez cet article dans votre magazine iPad d'avril 2015

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