Ménopause

Petite rétrospective de la péri-ménopause

Publié le 9 avril 2015
Danièle Flamenbaum est gynécologue acupunctrice. Elle travaille sur les questions de psychanalyse transgénérationnelle. Elle a écrit « Femme désirée Femme désirante » et "Les Passeuses d'Histoires" (Payot)
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La ménopause, mauvaise passe ou redécouverte de soi ? Danièle Flamenbaum nous invite à faire une pause pour réfléchir à ce tournant de notre vie de femme.

La pré-ménopause annonce la ménopause, elle est marquée par des troubles du cycle, souvent les cycles se rallongent, sautent un mois puis au contraire se raccourcissent deux fois de suite, auxquels peuvent se manifester quelques bouffées de chaleur, une sensibilité aux changements de température, des coups de chauds et froids, une vulnérabilité, des troubles de l’humeur et du sommeil. Rien de gravement pathologique mais un désagrément qui devrait faire office de sonnette d’alarme pour nous prévenir de l’arrivée du changement.

Tout dépend de notre état d’esprit: ou bien nous avons anticipé cette fin de cycle, nous nous y sommes préparées et nous allons pouvoir accueillir et accompagner les modifications qui se passent à tous les niveaux dans nos différents corps pour les considérer, ou bien les troubles nous tombent dessus comme une fatalité, nous nous affolons, en quête de trouver la bonne parole et le médicament miracle chez les médecins de France et de Navarre.

La femme, un être multiple
Quand je dis que nous avons plusieurs corps, il faut se figurer l’être humain comme un emboitement de corps de plus en plus subtils. Nous avons un corps physique, moléculaire, de chair, de muscles, de tissus et de sang que nous pouvons toucher dont la peau et les poils forment la surface extérieure. Ce corps physique est animé par notre corps de souffles, le corps Qi des arts martiaux, des médecines orientales, notre corps énergétique, celui qui permet nos sensations, celui qui est à l’œuvre dans la sexualité et la méditation. Ce corps de Qi est celui que l’on ressent se déplisser quand nous avons du plaisir à ressentir la chaleur d’un bain de soleil. Sans ce corps de Qi, notre corps physique serait de la chair inerte, c’est lui qui nous permet d’être vivant. Ce corps de Qi, de sensations, est lui même animé par notre corps d’images, émotionnel et sentimental pour être coordonné par nos corps mental et spirituel qui donnent le sens, la connaissance et la conscience.

Les émotions jouent un rôle essentiel dans les perturbations hormonales et la médecine chinoise à l’art de raconter tout ça très bellement en parlant d’énergies subtiles. Elle parle d’ailleurs de la ménopause comme « la décapitation du dragon rouge » !

Ce sont les croyances socio culturelles et familiales inscrites dans notre mémoire cellulaire, ces énergies émotionnelles et sentimentales engrammées depuis la petite enfance qui s’imposent sur notre corps de sensations, comme ‘la petite madeleine’ de Proust. Quand on est pris par des inhibitions, des peurs, des colères, des tristesses, des ressassements, des incohérences, des insatisfactions, notre ‘peau’ de sensations réagit : elle se rétracte s’agite ou s’affole et s’installent alors des dysfonctionnements.

Les symptômes de la ménopause
En dehors des troubles du cycle, il peut y avoir un malaise général, une lourdeur du corps, un ballonnement du ventre, les seins gonflés plus ou moins douloureux, un état général affaibli, une fatigabilité, des troubles de l’humeur anxiété, irritabilité et du sommeil qui entrainent des troubles de concentration. Bien sûr les bouffées de chaleur, le risque de déminéralisation osseuse, la sécheresse de la peau, des fuites urinaires. …

Un nouveau fonctionnement se met en place qu’il faut accueillir, aider, accompagner. Une force physique nous quitte, il faut la remplacer par une force psychique nouvelle qui va nous renforcer et donner un nouveau départ.

Ménopause heureuse ?
Je ne veux pas omettre les femmes, elles sont rares mais elles existent, qui d’emblée se sentent beaucoup mieux à la ménopause. Elles se sentent en forme, légères, à l’aise et sont tout à fait surprises de cette état d’être auquel elles ne s’attendaient pas du tout. Elles sont dégagées d’un encombrement du maternel de leur famille qui se lève, aussitôt que la capacité de procréer disparaît.

L’encombrement du maternel c’est celui de la fonction qui assiste, soutien, nourrit mais là, il y a eu intrusion, accaparement, main mise sur la personne, enfermement. Ce n’est pas uniquement celui de notre maman réelle, c’est celui de l’ambiance maternante et donnée aussi par les pères, les grand-mères les grands-pères les copines, les patronnes.

Une transmission générationnelle
La ménopause arrive entre 45 et 55 ans. Après un an d’absence de règles, la femme est dite ménopausée. Cette date de survenue de la ménopause peut correspondre à la puberté des enfants et toutes les vulnérabilités de ces transformations peuvent faire des ambiances volcaniques à la maison. La date de la ménopause est souvent la même pour une mère et sa fille. Il est donc important de saisir que l’on répète à son insu le mode de vie que celui de nos mères et des femmes de notre famille. Aussi les ménopauses précoces qui arrivent bien avant l’heure et qui témoignent toutes de troubles de la reproduction qui ont atteint les lignées antérieures.
 

Retrouvez Danièle Flamenbaum sur son site internet : www.danieleflaumenbaum.com

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