Méditation

Pratiquer la méditation bienveillante

Publié le 23 décembre 2015
La bienveillance, une valeur forte
La bienveillance, une valeur forte
© Pixabay

Apprendre à aimer ? Notre esprit n'y est pas toujours préparer. La méditation de la bienveillance nous y invite, chacun pouvant avancer à son rythme pour s'ouvrir aux autres.

La plupart du temps, nous oublions que nous avons un cœur. Quand nous tombons amoureux, ou quand nous mettons au monde un enfant, nous découvrons que notre cœur est vaste et capable d’un amour sans limite... Mais dans la vie de tous les jours, nous oublions souvent cette faculté à nous ouvrir à l’autre et à vouloir son bonheur. Nous pensons que pour faire face aux difficultés, au chagrin, à la douleur, à la méchanceté, il vaut mieux s’armer, se protéger, se fermer. Et c’est ainsi que nous abordons le quotidien, le travail, la famille, en masquant du mieux possible notre vulnérabilité. De la même manière que notre corps perd en souplesse avec le temps si nous ne l’entraînons pas, le chemin vers notre cœur d’enfant peut s’obscurcir, se voiler au fil du temps. La méditation propose de redécouvrir cette source d’amour qui fait de nous des êtres humains dignes et aimants.
Un entraînement en deux étapes
  • Méditation de la présence attentive
Tout d’abord, en pratiquant la méditation de la présence attentive, également appelée mindfulness, nous apprenons à être présent dans chaque situation de la vie. Au lieu d’être perdu dans nos pensées ou de croire dur comme fer à ce que nous imaginons être vrai, nous exerçons une saine curiosité pour ce qui arrive. Nous apprenons ainsi à synchroniser notre rythme avec celui du monde, notre regard avec la réalité telle qu’elle est.
Pratiquer la présence attentive nous permet également d’entrer en rapport avec une forme de détente très différente de la distraction ou du laisser-aller. C’est une détente de l’esprit qui invite à dissoudre l’anxiété, les idées préconçues sur tout et la déprime qui nous assaille si souvent.
  • Méditation de la bienveillance aimante
Quand nous avons trouvé une base solide à notre pratique, que nous savons revenir sans histoire au moment présent, nous pouvons alors aborder la pratique de la bienveillance aimante. Le moment présent devient notre ami – nous nous y sentons pleinement nous- même comme dans une maison accueillante et vivante – et nous pouvons nous entraîner à sentir notre cœur, qui n’est autre que notre lien aux autres et au monde. Cela passe par des exercices d’évocation (vous vous rappelez, par exemple, un moment où vous vous êtes senti vraiment aimé), par la prise en considération de notre souffrance, par la prise en garde de notre fragilité.
Mais peut-on apprendre à aimer ?
La question mérite d’être posée car c’est tellement étrange, en effet. Nous pensons que l’amour, pour être sincère, doit être spontané, comme surgi de nulle part. Que nous n’y pouvons rien, soit nous aimons, soit nous n’aimons pas.
La réalité est pourtant bien différente : un voisin peut vous être totalement indifférent et le jour où vous apprenez qu’il vient du même village que vous, qu’il est allé à la même école primaire et a eu la même institutrice, vous vous mettez à l’apprécier. Un client ou un collaborateur peut vous sembler extrêmement désagréable, hostile, et après avoir passé une soirée à discuter avec lui, à l’avoir découvert sous un autre jour parce qu’il vous aura parlé de sa famille ou de sa passion des voyages, vous le verrez tout à fait différemment.
Ainsi, la plupart du temps, nous n’aimons pas, nous ne sommes pas reliés, à cause d’une igno- rance et d’une indifférence ambiantes, un peu floues, mais bien installées dans notre société.
La pratique de la bienveillance aimante est un entraînement à nous libérer de notre sentiment de séparation et à sentir de manière très concrète, très physique et très simple, notre besoin d’aimer et d’être aimé. Nous réalisons alors qu’il en va de même pour tout le monde sans exception.
« Bienveillant est la traduction du mot grec euvous qui signifie littéralement bien-pensant. Bien penser, en l’occurrence, veut dire penser en vue de l’autre pour qu’il soit pleinement ce qu’il est. La pensée du bien-pensant est orientée vers la belle éclosion de son être. »
Hadrien France-Lanord
 

Cet article est extrait du livre La méditation de la bienveillance, de Marie-Laurence Cattoire, paru aux éditions Leduc.S

Retrouvez aussi Marie-Laurence Cattoire sur son blog, www.meditation-et-action.com

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