Boire

Quand faut-il boire ?

Publié le 8 avril 2015
Naturopathe, Christopher Vasey est aussi conférencier et auteur de nombreux livres parus aux éditions Jouvence.
© Pixabay

Boire est un geste essentiel pour notre santé. Mais quand boire ? Avant un repas, pendant, après ? Christopher Vasey démèle le vrai du faux.

Y a-t-il des moments de la journée plus favorables que d’autres pour boire ?
De manière générale, il est considéré que boire un grand verre d’eau à jeun, au lever, est une bonne chose. La raison en est qu’au réveil, l’organisme n’a généralement reçu aucun apport d’eau de toute la nuit, soit pendant 8 heures environ. À aucun autre moment de la journée, il ne reste si longtemps sans apport de liquide. Le réveil est également un moment où le corps va éliminer une quantité importante de liquide : l’urine fabriquée au cours de la nuit. Un apport compensateur est par conséquent le bienvenu. La consommation d’eau au lever a également pour avantage de réveiller l’organisme. L’arrivée d’eau dans le tube digestif stimule en effet les différentes fonctions.

Pour le reste de la journée, le conseil « il faut boire chaque fois que l’on a soif » doit être suivi, pour autant que la soif soit «perçue», ce qui n’est pas toujours le cas.

Faut-il cependant boire pendant les repas ?
La question est très controversée. Certaines personnes y sont fortement opposées, alors que d’autres le recommandent vivement. Qu’en est-il exactement ?
Le besoin de boire pendant les repas est légitime. L’apport de liquide permet une meilleure fluidification et déglutition des aliments secs et répond à la soif osmotique qui se déclenche automatiquement avec les repas. Il s’agit de la soif qui appelle un apport de liquide afin d’éviter que les cellules ne doivent céder de leur eau pour diluer le sang qui s’épaissit avec l’arrivée des substances nutritives du repas. Le but de la prise de boissons est donc bénéfique puisqu’en buvant pendant les repas, on évite qu’à la longue, les cellules se déshydratent.

Il faut cependant veiller à ce que cette soif reste dans certaines limites. Si elle est modérée, elle est physiologique. On la retrouve d’ailleurs aussi bien chez les êtres humains de toute race et tradition que chez les animaux. Cependant, chez les personnes dont la consommation de liquide est de manière générale trop restreinte, le besoin de boire pendant les repas se manifestera de manière exagérée. Leur corps manquant chroniquement d’eau, le sang n’aura ni un volume suffisant de liquide à céder pour la production des sucs digestifs (jusqu’à 7 litres par jour), ni un volume suffisant pour éviter que sa concentration ne s’élève trop avec l’arrivée des substances nutritives en prove- nance des intestins. Les besoins en eau seront donc importants, la soif qui se déclenchera sera forte et la personne boira beau- coup pendant le repas.

Si le but d’obtenir le liquide manquant est pleinement atteint, il n’en reste pas moins que pendant les digestions, la présence de beaucoup de liquide dans le tube digestif présente des inconvénients. Non seulement les aliments noyés dans l’eau sont plus difficiles à attaquer par les sucs digestifs, mais ces der- niers sont déconcentrés par l’excès de liquide et perdent de leur force. Les digestions sont ainsi naturellement perturbées. Elles le sont d’autant plus lorsqu’il ne s’agit pas d’eau, mais de bière, de vin ou de boissons sucrées. L’alcool, les tanins, les acides et le sucre que contiennent ces boissons ont en effet une action inhibitrice sur les sucs digestifs.
Ainsi, si boire un peu d’eau pendant les repas est bénéfique, boire beaucoup ne l’est pas.

Que peuvent faire les personnes qui boivent beaucoup aux repas pour éviter de perturber leur digestion par leur mauvaise habitude ?
La solution consiste tout simplement à devancer la demande d’eau, en en offrant suffisamment à l’organisme avant le repas. Une demi-heure étant une durée suffisante pour que l’eau ingérée à jeun ait pénétré dans le courant sanguin et soit devenue disponible aux organes digestifs (pour la fabrication des sucs digestifs) et au sang (pour se fluidifier), il est conseillé de boire 30 minutes avant les repas. Ainsi, le corps disposera d’une grande partie de l’eau qui lui sera nécessaire lorsque l’heure du repas arrivera. La quantité de liquide consommée pendant celui-ci sera alors beaucoup moins grande.

Boire beaucoup directement après les repas n’est évidemment pas bénéfique non plus. Un apport important de liquide ne devrait pas avoir lieu trop rapidement après les repas afin que les digestions puissent s’effectuer correctement. Ces dernières prennent en moyenne 2 heures ; il serait par conséquence préférable de ne boire abondamment qu’après ce laps de temps.

Bien sûr, ces indications ne sont que des lignes directrices générales. Le conseil «il faut boire chaque fois que l’on a soif» reste valable. Il est bon cependant de savoir comment déplacer les moments où se manifestent des grandes soifs lorsque celles-ci apparaissent à des moments peu opportuns physiologiquement.

 

 

Ce texte est un extrait du livre de Christopher Vasey, Quand le corps a soif, paru aux éditions Jouvence.

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