Développement personnel

Et si on décidait de lâcher prise ?

Publié le 1 août 2016
Lâcher prise, un art de vivre
Lâcher prise, un art de vivre
© Pixabay

Lâcher-prise, une injonction moins facile à atteindre que l'on pourrait croire. Et pourtant, nous avons tout à gagner en cherchant à atteindre cet objectif. Colette Portelance, Docteur en sciences de l’éducation et créatrice d’une approche centrée sur la relation, nous explique les enjeux que le lâcher prise englobe.

Pourquoi parle-t-on tant du lâcher-prise en développement personnel ?
Le développement personnel a pour objectifs, comme son nom l’indique, de favoriser l’évolution et le bien-être intérieurs. Le lâcher-prise s’inscrit dans cette démarche parce qu’en nous faisant passer du monde extérieur où l’on se perd au monde intérieur où l’on se trouve, il nous permet de contacter la paix que nous recherchons tous.

Peut-on s’imposer le lâcher-prise ?
On ne s’impose pas le lâcher-prise. Il s’impose en se posant dans nos vies comme un papillon sur une fleur parce qu’il ne résulte pas d’un effort, mais d’une absence d’effort. Dernier recours qu’on découvre après avoir tout essayé, après avoir mené une recherche effrénée, exténuante et parfois désespérée de solutions à nos problèmes de santé corporelle, affective, financière et spirituelle, il arrive au bon moment comme la seule réponse satisfaisante à nos déboires. Quand on est affaibli par la bataille et qu’on a épuisé nos ressources corporelles et rationnelles, le lâcher-prise se présente comme la lumière au bout du tunnel. Lâcher prise ce n’est pas se résigner, encore moins abandonner, mais prendre un autre chemin que celui que l’on emprunte habituellement, le chemin vers l’intérieur de nous-mêmes.

Lâcher prise, c’est accepter la réalité. Comment ne pas percevoir dans cette définition un sentiment de passivité ?
Il n’y a pas de lâcher-prise sans acceptation de ce qui est, de ce qu’on vit, de la différence de l’autre, de ce qui nous arrive et il n’y a pas d’action juste dans cette acceptation. Mais, accepter nos émotions, nos blessures, nos besoins, nos désirs et accepter ceux des autres de même que les événements de la vie, ce n’est pas être passif, c’est choisir d’arrêter de prendre du pouvoir sur les autres en essayant constamment de les changer ; d’arrêter de jouer le personnage de celui qui n’est pas touché alors qu’il l’est profondément ; d’arrêter de dépenser une énergie colossale à nier notre vérité intérieure ; d’arrêter de présenter au monde extérieur une image fausse de ce que nous sommes. Cependant, cette acceptation résulte d’un travail qui ne se réalise qu’en relation puisque c’est la relation qui a fait de nous ce personnage. C’est ce travail de libération qui sert de fondement à mon approche, l’Approche non directive créatriceMC (ANDCMC) et qui s’enseigne à l’École Internationale de Formation à l’ANDC (EIF) située en Belgique.

Quel est le rôle des images mentales pour lâcher prise ?
Si vous êtes visuel, les images mentales d’un coucher de soleil sur la mer ou d’une forêt enveloppante, par exemple, peuvent favoriser le lâcher-prise. Si vous êtes auditif, écouter une musique apaisante peut vous aider à décrocher du mental envahissant et anxiogène et vous détendre. Les kinesthésiques passent par les sensations corporelles pour s’intérioriser. En ce sens, il n’y qu’un chemin pour lâcher prise : le vôtre.

Dans quelles situations peut-on avoir besoin de lâcher prise dans notre relation à l’autre ?
Dans toutes les situations qui suscitent en vous des malaises. Si, par exemple, vous êtes dérangé parce que l’autre est bavard, vantard, envahissant, menteur, infidèle, boudeur, colérique ou jaloux, la tendance normale devant l’une ou l’autre de ces réalités sera probablement de le juger, de lui faire des reproches ou d’essayer de le changer. En faisant cela vous prenez du pouvoir sur lui et vous vous placez dans une position de juge et de supérieur par rapport à lui. Vous agissez comme vous n’accepteriez pas qu’on agisse avec vous quand vous déclenchez des malaises. Ce comportement contrôlant réveille les blessures, engendre l’incommunicabilité et crée des conflits. À la longue, il vous éloigne de l’autre plutôt que de vous en rapprocher. Dans un tel cas de difficulté relationnelle, le cheminement vers le lâcher-prise passe par l’acceptation de la réalité de l’autre, mais aussi de la vôtre, c’est-à-dire de votre insécurité, de vos peurs, de votre impuissance, de vos sentiments d’abandon, de trahison, d’humiliation, de culpabilité et aussi de vos défensives.

Mais accepter ne veut pas dire « subir ». Ça veut dire « composer avec ce qui est », c’est-à-dire assumer la responsabilité de votre mieux-être, récupérer le pouvoir sur votre vie, retrouver votre autonomie et votre sentiment de liberté intérieure. Quand vous travaillez sur l’autre plutôt que sur vous-même, votre bonheur dépend de lui. Vous n’êtes pas libre et vous vous débattez comme un lion en cage pour sortir de la prison dont vous êtes le seul à détenir la clef. Donc, dans ces situations relationnelles souffrantes, acceptez ce qui est, cela vous ouvrira la porte du lâcher-prise. Après, voyez ce que vous pouvez faire autre que de vous battre contre la réalité, pour ouvrir la porte de votre prison de l’impuissance causée par le désir de changer l’autre. Vous pouvez exprimer votre vécu et vos besoins au  lieu d’adresser des reproches, d’éclater en menaces ou de refouler. Vous pouvez poser des limites claires avec des conséquences. Vous pouvez aussi prendre une distance temporaire pour voir clair en vous. Quelle que soit l’action que vous poserez, sachez qu’elle vous apportera beaucoup plus de satisfaction que vos tentatives de changer l’autre parce qu’elle vous procurera un sentiment de pouvoir sur votre vie.

Vous développez 7 étapes pour lâcher prise. Trois concernant l’avant, une le lâcher-prise en soi et la 3e la réalisation de soi. Le lâcher-prise ne serait-il finalement qu’une transition entre les deux
Le lâcher-prise n’est pas une forme de transition, mais l’objectif à atteindre, un objectif auquel plusieurs d’entre nous aspirent avec beaucoup d’impuissance. Il est le cœur de la démarche. Ce qui précède le prépare, le favorise et ce qui suit montre l’accomplissement auquel il donne accès.

Le lâcher-prise est accessible à tous. Pour croire en ses bienfaits, il est fondamental de s’ouvrir à vivre une expérience d’intériorité qui mène au port de la paix, de la sérénité et de la véritable liberté.

Docteur en sciences de l’éducation et créatrice d’une approche centrée sur la relation, Colette Portelance a aidé de nombreuses personnes à soulager leurs blessures affectives. Ette est l'auteur du livre Les 7 étapes du lâcher-prise, paru aux éditions Jouvence.

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