Confiance en soi

Tenir ses bonnes résolutions, c'est possible

Publié le 23 août 2016
Michelle Jean-Baptiste accompagne particuliers et professionnels dans la réalisation de leur projet.
Michelle Jean-Baptiste accompagne particuliers et professionnels dans la réalisation de leur projet.
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Les bonnes résolutions, c'est bien connu, ça ne tient pas longtemps... Et pourtant, si on les prend, c'est bien qu'on aimerait réussir à les transformer en réalité, non ? Alors, si pour une fois, on mettait toutes les chances de notre côté ? Rencontre avec Michelle Jean-Baptiste, auteur de Mes bonnes résolutions en action.

Pourquoi veut-on prendre des bonnes résolutions ? Que recherche-t-on ?
Prendre de bonnes résolutions, c’est à la fois une tradition, un petit rituel de bonne année ou de nouveau cycle (un anniversaire, un nouveau diplôme, un mariage, l’arrivée d’un enfant, une séparation, le départ en retraite, un licenciement, un décès) et une envie de changement, une envie de faire quelque chose de mieux pour soi. Ce que l’on recherche la plupart du temps c’est à échapper à quelque chose qui nous déplait, c’est à mettre fin à une situation tout en s’autorisant à se réaliser. Par exemple on veut déménager, apprendre une nouvelle langue, perdre du poids, arrêter de fumer, changer de métier, prendre plus de temps pour soi, voyager, trouver l’âme sœur, se mettre au sport. Parfois on veut même tout ça à la fois.

Comment définissez-vous une bonne résolution ?
Une bonne résolution c’est une décision que l’on prend pour soi et pour son bien être (il y a « bonnes » dans « bonnes résolutions » ;-) C’est un engagement que l’on prend avec soi-même et qui ne dépend que de nous. Mais il faut savoir être vigilant avec les bonnes résolutions car on les confond souvent avec d’autres choses qui n’ont rien à voir comme les rêves, les souhaits, les fantasmes, les espoirs, la liste au père Noël ou au bon génie de la lampe, les vœux pieux. Pour qu’une bonne résolution soit une vraie décision et qu’elle ait des chances de se réaliser, elle doit être bien formalisée. Une bonne résolution va se traduire par des actions concrètes qui répondent à des besoins qui ont une réelle importance pour soi et à des objectifs clairement identifiés.

Faut-il garder une trace de nos progrès ?
C’est indispensable, car nous avons la mémoire courte pour les étapes intermédiaires, ce que j’appelle les « petites victoires ». On oublie facilement que pour arriver au premier étage il nous a déjà fallu gravir plusieurs marches. Par contre nous sommes champions (et les femmes dans ce domaine ont la médaille d’or) pour nous focaliser sur ce qui ne va pas, sur ce qui n’a pas encore été réalisé, sur les deux prochains étages qu’il nous reste à monter. C’est la raison pour laquelle je propose dans mon livre de tenir un « petit carnet de bonnes résolutions ». C’est un journal de bord qui va vous permettre de formaliser vos avancées et auquel vous pourrez vous reporter pour faire des bilans d’étapes réguliers. Et si vous rencontrez des difficultés, des loupés, des retards, des baisses de motivation plutôt que de vous laisser abattre et de vous énerver à l’idée d’avoir perdu un temps précieux, essayez plutôt d’en tirer quelque chose de positif et demandez-vous plutôt ce qu’ils vous ont permis de réaliser, de faire ou d’éviter.

Est-ce une bonne idée de parler aux autres des bonnes résolutions que l'on prend ?
Oui c’est une bonne idée car il est prouvé que les bonnes résolutions qui ont été « annoncées » ont plus de chance d’être tenues. Parler c’est formaliser et se mettre en situation de déjà s’envisager en train de faire, d’avoir ou d’être ce que l’on a prévu. Lorsque vous prenez à témoin les personnes qui vous entourent, celles-ci ne manqueront pas de vous rappeler votre engagement : « alors tu en es où de ton projet de cours d’anglais ? » ou encore «  Super, ça fait déjà deux semaines que tu as arrêté de fumer ». Mais on voit bien par ces exemples que cela ne fonctionne que si l’on a choisi les bonnes personnes comme témoins de notre décision. Donc pensez à choisir des personnes positives et bienveillantes dans votre entourage et surtout sélectionnez celles qui vivent déjà ce que vous souhaitez atteindre ou qui sont passées avec succès par les mêmes épreuves que vous. Par contre fuyez les défaitistes, les rabats joie et les grincheux. Ceux-là ne feront que participer au renforcement des baisses de motivation quand ils ne nuiront pas carrément à la tenue de vos bonnes résolutions.

Pourquoi est-ce important de prévoir des étapes en cours de réalisation d'une grande résolution ?
C’est important parce que l’une des principales causes d’échec liées aux bonnes résolutions tient au fait que l’on a négligé les étapes intermédiaires, voire qu’on ne les a pas du tout anticipées. Pour prendre une image simple, si votre bonne résolution est de construire une maison et que vous n’avez pas prévu qu’il vous faudrait un budget, le terrain adéquat, les autorisations, les matériaux, le temps, les professionnels nécessaires pour tout faire etc. il y a de fortes chances pour que vous n’atteignez pas l’objectif.  Pensez à la phrase de Saint Exupéry qui dit qu’« un objectif sans plan s’appelle un vœu ». Les étapes constituent le plan d’action et de réalisation de votre bonne résolution. Pensez donc, dès le début, à décomposer les étapes pour arriver à l’objectif. Pour y arriver, dans mon livre, je propose l’exercice intitulé « Faites le pont » en référence à l’image de la personne actuellement sur une rive et qui souhaite arriver à destination sur l’autre rive. Le voici :

  • Prenez une feuille de papier A4 et positionnez-la à l’horizontale.
  • Indiquez à gauche de votre feuille un point intitulé « Moi aujourd’hui ». Indiquez tout à fait à droite votre objectif en privilégiant une formule très précise et personnalisée comme « Je vais à la piscine une fois par semaine ».
  • Puis, entre les deux, placez chaque étape comme autant de pierre posée entre deux rives ou d’un étage à l’autre.
  • Chacune des étapes doit être envisagée dans le détail c’est-à-dire à la fois en terme d’action, de ressources et surtout de timing (ex : libérer ses lundis soirs et les consacrer à l’activité nautique, prévoir un budget, s’acheter un maillot, une serviette, un sac, s’inscrire, y aller).

Comment se remotiver si l'on sent que l'on a laissé tomber un objectif de bonne résolution ?
Déjà il faut intégrer qu’aucun succès, qu’aucun objectif ne s’est jamais réalisé sans qu’il y ait des hauts et des bas. Il va y avoir des moments où vous aurez le moral dans les chaussettes et c’est normal. Ca fait tout simplement parti du processus. Lorsqu’une pensée négative vous assaille du type « je suis nul-le » ou « je n’y arriverai jamais » ne vous laissez pas démonter et remplacez-la mentalement par une phrase positive toute faite, prête à être dégainée en cas d’adversité, du type « Oui, je peux y arriver » ou toute autre phrase personnalisée que vous vous serez concoctée vous-même un jour où vous avez le moral, ça va de soi. Dans tous les cas la clef du succès c’est de s’adapter. Ce qui compte c’est de ne pas perdre l’objectif de vue et de comprendre ce qui se produit lorsque vous êtes démotivé. Peut-être avez-vous un problème de méthode, de rythme, de ressource ? Peut-être votre objectif n’est-il pas suffisamment bien formulé ? Ce qui est certain c’est que les baisses de motivation ou de moral nous apprennent toujours beaucoup sur nous-mêmes.

Faut-il se féliciter soi-même si au contraire on a tenu et atteint une bonne résolution ?
C’est primordial. On sait bien battre sa coulpe quand on n’y arrive pas. Mettons autant d’énergie à nous féliciter quand ça fonctionne. C’est d’autant plus motivant pour la suite, pour tous les prochains objectifs que nous allons nous fixer. Et puis surtout n’attendons pas que ça vienne des autres ou d’avoir atteint « l’objectif final » pour nous complimenter. Faisons-le à chaque étape, à chaque petite victoire. Prenons plaisir chaque jour, chaque semaine à faire le point sur ce que nous avons réalisé qui nous rapproche de notre objectif et félicitons-nous, car comme dit la pub, « nous le valons bien ! ». Faites-vous aussi des « petits plaisirs-récompenses ». Par exemple si votre bonne résolution est de vous remettre au sport et que vous vous êtes tenue, depuis deux semaines, à votre jogging hebdomadaire (je sais ça ne fait que deux séances alors que vous en visiez peut être sept) félicitez-vous des efforts que vous avez déjà déployés et offrez-vous un petit cadeau avec ou sans rapport avec cette activité. Ce peut être un nouveau sac de sport ou bien un petit macaron à la vanille, moi j’en raffole ! Et pour celles qui font du sport en vue de s’alléger, une bonne tasse de thé ou un jus de fruits pressés bien appréciée fera aussi bien l’affaire, ce qui compte c’est de profiter de ce moment d’auto-récompense et de se sentir heureux d’avoir progressé.

Avocate de formation, Michelle Jean-Baptiste a une vie professionnelle riche et variée : enseignante, chroniqueuse, coach en développement professionnel... Elle a aussi auteur de plusieurs livres, dont Mes bonnes résolutions en action, paru aux éditions Fortuna.

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