Allaitement et système immunitaire

Publié le 22 décembre 2008 - Mis à jour le 15 novembre 2012

Le lait maternel, ce n’est pas qu’un aliment. Ce n’est pas que l’addition de lipides, de glucides, de protides, de vitamines, d’oligo-éléments… destinés à faire grandir et grossir les petits humains, et parfaitement adaptés à leur métabolisme.

Allaitement et système immunitaire

Le lait maternel, c’est aussi plein de facteurs de protection : anticorps, lactoferrine, lysozyme, caséine, fibronectine, protectine, protéines du complément, mucine, lactadhérine, lymphocytes, cytokines, enzymes comme la catalase, oligosaccharides, etc., etc.
Tous ces éléments (et on en découvre de nouveaux chaque jour) jouent non seulement un rôle important pour la protection de l’enfant pendant la période d’allaitement, mais on pense maintenant qu’ils ont aussi un impact à long terme, car ils aideraient à la mise en place de son système immunitaire.

Une récente étude a découvert une autre façon pour le lait maternel de participer à la mise en place du système immunitaire : en transportant des bactéries ayant pour origine l’intestin de la mère, il aiderait à la constitution de la flore microbienne digestive du bébé, essentielle pour la mise en place et l’« éducation » des fonctions immunitaires.

Encore plus récemment, une équipe française a découvert par quel mécanisme l’allaitement pouvait prévenir les allergies : lorsqu’une mère qui allaite respire de potentiels allergènes, ceux-ci pourraient, à l’instar des aliments, passer dans le lait et être transmis au bébé. Cette voie de transmission pourrait être particulièrement efficace pour rendre l’enfant tolérant à cet allergène . En somme, une sorte de désensibilisation précoce !

On a également découvert dans le lait de femme des molécules aux propriétés anti-cancéreuses, notamment HAMLET (acronyme pour : alpha-lactalbumine humaine rendue létale pour les cellules cancéreuses), une protéine dérivée du lait humain qui détruit sélectivement les cellules cancéreuses en activant leur apoptose par divers mécanismes. Son innocuité et son efficacité en font une molécule prometteuse dans la lutte contre le cancer .

Des bactéries (utiles). Des allergènes (utiles). Des protéines anti-cancer. Qu’est-ce que le lait maternel pourrait bien encore contenir ? Eh bien, des chercheurs australiens viennent tout juste de découvrir qu’il contient… des cellules souches !
Pour le Dr Cregan, qui a fait cette découverte avec son équipe , les seins d’une nouvelle mère prennent, à la naissance, le relais du placenta pour faire en sorte que la destinée génétique du bébé s’accomplisse correctement. Et il ajoute : « Les fabricants de lait industriel se sont polarisés sur le fait d’égaler les qualités nutritives du lait maternel, mais jamais leurs produits ne pourront assurer cette bonne conduite du développement de l’enfant (developmental guidance). »

Claude Didierjean-Jouveau
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