Grossesse

Couple: comment vivre l’infertilité?

Publié le 10 avril 2012 - Mis à jour le 22 août 2017
Martine Valton-Jouffroy est gestalt thérapeute et maternologue à Bruxelles. Elle accompagne les femmes dans leur souffrance psychologique liée à la maternité ou l'infertilité, ou les couples en démarche de procréation médicalement assistée (PMA).
© Vil Son/Unsplash.com

L'infertilité constitue l'une des crises les plus profondes du couple. Elle menace tous les aspects de la vie à deux : elle n'affecte pas uniquement la relation entre les deux partenaires, mais touche également chacun individuellement, en affectant le sens du moi, les rêves d'avenir, les relations avec les parents, amis et collègues.

Peu de crises mettent en question autant d'aspects psychologiques et sont aussi accablantes que celles liées à l'infertilité. Quelques pistes à suivre pour les couples qui y sont confrontés. 

Les conséquences psychologiques sont souvent ignorées et non traitées
Les couples qui traversent ces moments ont une vraie souffrance dans la solitude et le stress, ce qui ne favorise pas le traitement.
Les traitements de contournement de l'infertilité (assistance médicale à la procréation) connaissent actuellement un taux de réussite comparables à ceux des grossesses naturelles (de l'ordre de 15 à 20 % de réussite).

Une grossesse n’est jamais garantie
L’objectif d’avoir un enfant passe par des phases répétées de douleur, de stress, de solitude, d’espoir et de déception. C ‘est un moment ou le contrôle que chacun d’entre nous voudrait exercer sur son corps ou les événements est mis a l’épreuve.

La décision d'aller consulter doit être prise à deux
Si votre couple a connaissance d'un problème préexistant (par exemple un problème médical antérieur pouvant entraîner une infertilité), recherchez une aide médicale. Dans les autres cas, chez les femmes de plus de trente ans, il convient de rechercher une aide après des tentatives infructueuses de procréation de plus de six mois; les femmes âgées de moins de 30 ans devraient faire appel à une aide médicale après avoir essaye de concevoir un enfant pendant une ou plusieurs années.

Evaluation et diagnostic
Pour environ 10% des couples, aucune cause spécifique d'infertilité ne peut être identifiée, d'où une amplification du stress où, en l'absence d'une cause reconnue, on pourrait penser qu'un traitement aura moins de chance de succès.
A ce moment, votre couple a besoin de parler à des personnes qui comprennent et connaissent vos sentiments et être assures que, malgré le caractère envahissant des examens, cette phase est primordiale dans la détermination d'un traitement adapte à leur cas. Des groupes de soutien aux patients et des conseillers expérimentes peuvent souvent jouer un rôle clé à ce stade.

Le traitement
La durée de la phase de traitement est très variable en fonction de la cause de l'infertilité, du type de traitement et des désirs du couple. Pour des couples traites uniquement par thérapie médicamenteuse, 80% obtiennent une grossesse après plusieurs cycles de traitement. Pour les techniques d'assistance médicale à la procréation (par exemple la FIV, les inséminations...), le taux de succès varie entre 10 - 20% par cycle de traitement.
Pour les couples qui n'obtiennent pas de grossesse après plusieurs cycles de traitement, la décision de poursuivre le traitement dépend de leurs désirs et est prise après consultation avec le corps médical.

Résolution du problème d’infertilité
Après plusieurs tentatives infructueuses, arrive le moment où les couples peuvent être amenés à prendre la décision de poursuivre ou d'interrompre la thérapie.
Pour beaucoup, la décision d'arrêter le traitement s'accompagnera de sentiments de chagrin, de vide, de tristesse, d'épuisement et parfois également de soulagement. Cependant, en prenant cette décision, les couples se donnent du temps pour redéfinir leurs priorités et se fixer des objectifs, ouvrant ainsi la voie à une résolution de leur problème.

Pour certains, la solution consistera à s'accorder une pause dans le traitement et essayer à nouveau plus tard; pour d'autres, ce sera la décision d'adopter, d'autres encore décideront de mener une vie sans enfant.

Comment mieux vivre cette épreuve ?

  • Le couple doit communiquer régulièrement et être  prêt à partager les sentiments de colère, de frustration et d’anxiété. Un aide psychologique peut être conseillée ou groupes de paroles.
  • S’informer dans des ouvrages et des témoignages de couples ayant traverse les mêmes moments.
  • Savoir s’arrêter quand les forces et ressources du couple ne sont plus la. Sinon on risque de tomber dans l’acharnement thérapeutique.

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