Médecines douces

Mieux comprendre la naturopathie

Publié le 21 août 2007 - Mis à jour le 18 février 2015

D'où vient la naturopathie ? Quels sont ses fondements ? Comment se pratique-t-elle aujourd'hui ?

 

Pour comprendre une science, il faut comprendre son histoire. (Claude Bernard)

Officiellement, on parle de naturopathie depuis 1895 sous l’impulsion de l’américain John Scheel, lui-même inspiré par les travaux du curé Sébastien Kneipp et des hygiénistes allemands (Rausse, Hahn, Just, Felke…) mais c’est en 1902 que Scheel confie son concept à Benedict Lust (prononcer « loust ») qui protège alors le terme en fondant la première école aux USA. Il devient ainsi le père incontesté de la naturopathie.

Par la suite, sous l’impulsion croisée des hygiénistes américains et européens, d’autres grands noms apparaissent comme Lindlhar, Kellogg, Macfadden, Shelton ou Jensen aux USA, Stanley Leif en Grande-Bretagne, Carton, les frères Durville, Pierre Valentin Marchesseau ou André Roux en France.

Les fondements philosophiques, scientifiques et techniques de la naturopathie définissent clairement sa spécificité : Si la naturopathie est modélisée et formalisée depuis plus d’un siècle, elle puise des racines dans toutes les grandes traditions hygiéno-médicales du monde, depuis les civilisations de Sumer et des Esséniens jusqu’en Orient, avec les médecines ayurvédique et chinoise par exemple. Mais c’est assurément à Hippocrate, trois siècles avant J-C que nous devons l’impulsion la plus originale, et les praticiens d’aujourd’hui sont toujours fidèles à ses enseignements, oubliés ou méconnus des thérapeutes le plus souvent, et, probablement des médecins allopathes qui prêtent pourtant toujours le serment du même nom.

Au plan philosophique, la naturopathie intègre le concept nommé «vitalisme», c'est-à-dire qu’elle étudie, respecte et gère «l’énergie vitale» intrinsèque de l’individu, qui permet à la fois de maintenir la santé (homéostasie) ou de la retrouver (régénérescence, auto-normalisation, voire auto-guérison).

Notons que ce concept est universel dans le temps (histoire) et dans l’espace (géographie) sous les termes de Prâna en Inde, de Chi en Chine, de Physis ou Vis Naturae Medicatrix chez Hippocrate, ou de Rouah en médecine hébraïque par exemple, mais rejeté par l’allopathie depuis ses origines (liées au positivisme matérialiste de la fin du 19ème siècle et aux découvertes scientifiques physiologiques et biochimiques). Le vitalisme ne perdure guère aujourd’hui authentiquement que chez les naturopathes, les homéopathes, les acupuncteurs ou les magnétiseurs.

Au plan scientifique, on parle d’«humorisme», terme néo-hippocratique également, supposant qu’il n’est pas de santé sans équilibre du milieu intérieur : «les humeurs» (sang, lymphe, liquides interstitiels et cellulaires) pouvant souffrir de surcharges (déchets, toxines et pollutions diverses), de carences, d’altérations bio-électroniques ou de troubles de la circulation.

Au plan technique, nous appliquons les règles de «l’hygiénisme» traditionnel, c'est-à-dire tous les éléments naturels pouvant entretenir ou optimiser la santé : eau, air, alimentation, compléments alimentaires, exercices physiques, ensoleillement, gestion du stress, plantes et huiles essentielles, techniques réflexes, manuelles ou énergétiques, etc. L’hygiénisme recouvre à la fois le champ de la prévention primaire active, le souci du respect écologique et la qualité de vie qui en découle.

Au plan méthodologique enfin, nos stratégies s’appuient sur le «causalisme» (recherche des causes premières des troubles et non des symptômes apparents) ainsi que sur le «holisme» (approche globale et dynamique de l’être humain, sur ses différents plans d’existence, et en interaction permanente entre eux et avec l’environnement).  

Daniel Kieffer
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