Fratrie

Quand bébé arrive, comment agir avec les frères et sœurs ?

Publié le 7 mai 2012 - Mis à jour le 4 mars 2014
Martine Valton-Jouffroy est gestalt thérapeute et maternologue à Bruxelles. Elle accompagne les femmes dans leur souffrance psychologique liée à la maternité ou l'infertilité, ou les couples en démarche de procréation médicalement assistée (PMA).

Lorsque bébé est là, c’est un grand bonheur pour tout le monde mais aussi un grand bouleversement pour les parents et les autres enfants. Tout le monde doit retrouver sa place pour en laisser un peu à celui qui arrive. Certains frères et sœurs semblent ravis, d’autres sont agressifs, ou encore régressent. Tous ces mouvements témoignent des émotions qui animent chacun d’eux et parfois avec la fatigue de la naissance, comment faire face ?

Informer dès le 4e mois

Dès que le ventre s’arrondit et que les nouvelles de la grossesse sont confirmées, les enfants peuvent être informés de cet événement à venir et c’est aussi le moment ou on peut aussi expliquer comment se font les enfants si la question est posée. Des livres très bien faits à ce sujet peuvent aider les parents avoir une attitude simple et facile pour répondre aux questions. Le ventre rond est aussi une partie du corps de la mère ou le frère et la sœur ont été eux aussi à un moment et donc ça leur permet de prendre conscience aussi de leur origine.

Au moment de la naissance

L’organisation autour de l’arrivée du bébé devrait pouvoir être prévue a l’avance de manière a ce que chacun se sente aussi pris en charge, même si ce nouveau bébé retient toute l’attention. Des grands parents, des amis, des nounous peuvent être mis a contribution pour aussi entourer les autres enfants à se sentir entourés. La visite à la maternité est également un moment important ou le bébé pourrait donner des petits cadeaux de bienvenue pour marquer son arrivée au monde. L’attitude des parents est aussi celle de la compréhension de certains enfants qui peuvent mettre du temps à apprivoiser cette nouvelle créature qui en fait ne fait que pleurer et prendre l’attention de la maman. La patience est a ce moment la une qualité importante.

Le retour a la maison

Si à la maternité, la mère et l’enfant sont pris en charge, le retour à la maison peut être plus folklorique. Il s’agit aussi, là, de faire quelques préparations en demandant de l’aide a une mère, une belle mère, une sœur , une voisine qui pourrait quelques heures dans la journée, décharger la maman et s’investir avec les autres enfants pour que la vie continue aussi pour eux. L’important étant d’avoir du temps avec leur mère a eux tous seuls mais aussi de pouvoir établir avec d’autres adultes une relation pendant la période des quelques semaines après l’accouchement.

Et après ?

•    Lorsque qu’un enfant régresse, il est en train d’attirer votre attention en redevant petit et peut refaire pipi au lit, demander des biberons, redemander les bras plus que d’habitude. Le mieux est de lui donner ce qu’il demande et de ne pas lui demander d’être grand trop tôt. Si on accepte de moment de régression, il trouvera  cela moins intéressant que de retourner à ses activités. Par contre, le pipi au lit doit être regarde sans culpabilité et l’assurer que ca arrive et que ce n’est pas grave. Par contre, si cette période dure, il faut en parler au pédiatre.

•    L’enfant peut aussi exprimer son hostilité en tapant la mère ou le bébé et on peut lui proposer de taper une poupée, par exemple. Il peut tout a fait verbaliser son mécontentement de l’arrivée de cet intrus mais il n’a pas le droit de l’agresser physiquement. Il n’empêche que vous l’aimez toujours et c’est important de le lui dire. Cette phase peut arriver quelques mois après la naissance sous des phrases sibyllines comme" Tu ne t’occupes que du bébé" ou" Je le déteste". La verbalisation alors est assez saine car elle traduit l’état juste de votre enfant qui nomme sa jalousie.

•    Lorsque vous avez plus d’un autre enfant  a la maison, essayez de passer du temps avec chacun individuellement et pour cela bien sur, cela requiert de demander de l’aide extérieure et de se donner des rendez vous dans la semaine. A long terme, chacun va retrouver sa place et aussi apprendre a partager.

La comparaison est un poison

Lorsque la fratrie s’organise petit à petit, les comparaisons peuvent apparaître et empoisonnent véritablement la vie de famille. La manière la plus intéressante est au contraire de valoriser les différences en insistant plutôt sur les qualités que chacun déploie. L’un sera plus sportif et démontrera de l’habileté avec son corps, l’autre sera plus a l’aise avec des jeux ou la patience, l’observation le mettront dans une position confortable. Chacun pourra aussi faire bénéficier aux autres de ses habiletés, en leur servant de repère intéressant à imiter. Le regard des parents est a ce moment la primordial et pour faire comprendre que la différence est une richesse pour la famille et non un terrain d’affrontement.

Pour aller plus loin
www.taktic.eu

Lectures :

  • Sur les genoux de maman d'Ann Herbert Scott – Glo Coalson. Traduction Agnès Desarthe Ed. Lutin Poche l'école des loisirs.
  • Tous les livres écrits par Catherine Dolto pour les petits enfants, dont Raconte-moi ma naissance, Les aventures du bebe dans le ventre de sa maman chez Gallimard.
Martine Jouffroy Valton
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