Quel avenir pour la naturopathie ?

Publié le 21 août 2007 - Mis à jour le 15 novembre 2012

Mal connus et souvent mal considérés, les naturopathes ne perdent cependant pas l’espoir de faire connaître leur pratique et de la développer.

L'avenir de la naturopathie

Perspective à moyen terme : la mise en fonction d’une médecine intégrée.

L’avenir de la naturopathie n’est assurément pas à chercher dans un combat dualiste contre l’allopathie, mais dans une démarche ouverte à un partenariat où chacune des corporations pourra respecter l’autre dans sa différence et sa complémentarité.
 
 
On ose donc parler de plus en plus aujourd’hui de médecine intégrée (en anglais Integrative Medicine), à l’image de quelques états nord-américains ayant su décliner un travail en commun au service du patient.
 

Une modélisation fort intéressante a été proposée au Canada. Le modèle australien est tout à fait encourageant. Une autre recherche est en cours, associant des participants venus du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Chine. On a présenté des exposés sur la pratique clinique des approches intégratives des soins de santé en place dans quatre centres, soit le Marylebone Health Centre (Londres, Royaume-Uni), le Duke Center for Integrative Medicine (Caroline du Nord, États-Unis), le Shanghai Yueyang Hospital (Shanghai, Chine) et le Tzu Chi Institute (Vancouver, Canada).

 
 
 
En France, depuis 2001, sous l’impulsion du sympathique doyen de la Faculté de Bobigny, le Professeur Pierre Cornillot, plusieurs recherches méthodologiques et éthiques ont été publiées, et les naturothérapeutes possédant leur DUMENAT peuvent s’en inspirer.
 
 
Dans cette mouvance, voire cet effet de mode, même la kinésithérapie envisage une pratique intégrée.
 
 
Trois principaux écueils à cette démarche sont toutefois bien réels, et il convient d’en souligner la pertinence dans le contexte francophone et de demeurer plus vigilants que jamais :
 
 
1.    Danger de récupération par le système dominant, institutionnel : l’allopathie. La naturopathie deviendrait en ce cas une orientation réservée aux seuls détenteurs d’un doctorat d’état en médecine, comme c’est officiellement le cas pour l’homéopathie, l’anthroposophie ou l’acupuncture en France. Pire, elle deviendrait une spécialité, mais ce scénario catastrophe est très peu probable (car cela supposerait la validation complète des techniques naturopathiques et leur intégration dans les cursus médicaux classiques).
 
 
2.    Danger de réduire la médecine intégrée à une allopathie assouplie, prescrivant des plantes et des compléments alimentaires. Cette déviance apparaît clairement dans presque tous les états américains où la naturopathie est une profession enregistrée et…allopathisée (ce néologisme – allopathysed naturopathy or homeopathy - se retrouve même en anglais, sous la plume des naturopathes et d’homéopathes inquiets). Des acupuncteurs sont sur la même réserve, de même que des praticiens ayurvédiques. Perdre notre identité serait ici perdre notre âme !
 
 
3.    Danger de libéraliser la pratique de la naturopathie à des praticiens insuffisamment formés, péjorant l’image qualitative de la profession et donnant prise aux critiques nous taxant si facilement d’incompétence, voire de charlatanisme.

Daniel Kieffer
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