Bon, je sens que je vais me faire des ennemies aujourd’hui… Ce n’est pas ce que je préfère mais bon… 

Le fait que l’on s’attaque à Elizabeth Badinter me bouleverse profondément : elle est quand même la dernière voix que j’entends à défendre les femmes et leur condition !

Je pense que l’on se trompe dramatiquement de cible dans ce débat. Nous nous tirons une balle dans le pied, les filles.

Il y a beaucoup d’anti-écolos sur terre, pourquoi choisir de combattre la seule qui défend les femmes ? Les « machos » doivent se réjouir : pas besoin de s’attaquer à elle, eux-mêmes, d’autres femmes s’en chargent pour eux.

Je ne l’ai entendu que sur France Inter,  il y a quelques jours, et encore en étant interrompue par mes enfants. Je ne prétends donc pas être la spécialiste de son discours. Il me semble qu’elle ne faisait - hélas - que souligner quelques vérités :

-          Les femmes font toujours la très large majorité des tâches ménagères et liées aux enfants, et cela évolue très peu. 

 


-         
Les femmes ont une vie professionnelle précaire car elles connaissent souvent une rupture importante lorsqu’elles ont des enfants. Et je le constate tous les jours autour de moi ! Combien sommes-nous à avoir été virées pour avoir eu des bébés et à nous retrouver dans une situation bancale de free-lancing ou formation ou autre ? Je pense que parmi mes copines c’est 80 % des filles, pourtant avec des formations excellentes, voire d’élite… 

-          Allaiter pendant un an ne permet pas d’avoir une vie professionnelle, si on n’a pas la chance de faire partie des « free-lance intello-créatifs » mais si on est salarié dans une entreprise. C’est un simple fait, pas une prise de position. Que les structures doivent changer, c’est une autre question, qui à mon avis ne sera pas résolue demain… 

 


-         
Les couches lavables, c’est super mais cela demande du temps, ce dont une jeune mère ne dispose pas. Je connais certaines mamans extrêmement écolos qui m’ont confié ne pas utiliser de couches lavables car « sinon je ne m’en sors pas ». Même elles ! Et pourtant elles font partie des mamans « aidées ». 

 


-         
Ce que j’ai aimé, toujours sur France Inter, ce sont les pères écolos offusqués qui ont appelé pour dire qu’ils n’étaient pas d’accord et que, eux, partageaient les tâches. Wouah ! Génial ! Bravo ! Au moins, on sait que ça existe… Mais on parlait de la submergeante majorité, pas des exceptions glorieuses. Malheureusement !

 

Je doute qu’Elizabeth Badinter (elle n’est pas qu’une Madame, elle a un nom) voulait dire qu’il ne fallait pas que les femmes écolos soient des « décideuses » , bien au contraire. (Enfin, Al Gore, Yann Arthus-Bertrand, Nicolas Hulot - principales figures médiatiques de l'écologie dans notre petit monde français - sont quand même des hommes, à preuve du contraire).

Je suppose qu’elle est ravie que les femmes soient moteurs et présentes aux plus hautes responsabilités du monde écolo. Elle me semblait plutôt s’inquiéter d’un discours qui laisse entendre qu’une femme devrait allaiter jusqu’à un an, laver les couches et faire soi-même tous les jours la purée bio des bébés - entre autres - tout cela sous peine d’être une mauvaise mère. Discours aliénant et culpabilisant.

Il y a peut-être des choses tout aussi capitales pour la planète à régler avant, sans que ce soit forcément les femmes qui en paient le prix.

Au fait, le titre du forum me semble assez étrange : « Affaire badinter » mais quelle affaire ?

Envie de réagir ? Je prends la parole
Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte