Lettre ouverte à Madame Badinter

Publié le 16 février 2010 - Mis à jour le 12 décembre 2012

Lettre ouverte à Madame Badinter

Considérer que l’écologie, au nom d’un certain naturalisme, renvoie les femmes à la maison et les conduit à déserter la sphère sociale et professionnelle relève de la grossière caricature, voire d'une malhonnêteté intellectuelle reposant sur une méconnaissance manifeste des valeurs philosophiques de l'écologie et de ses acteurs dans le monde contemporain.

Le développement durable, l’agronomie et les sciences de la vie sont les domaines où les femmes ingénieures sont les mieux représentées. Les directeurs du développement durable des grosses entreprises les plus reconnues aujourd'hui sont des femmes. Les premiers cabinets de consulting en développement durable ont été fondés par des femmes, comme le comité 21 qui régit les agendas 21 sur le territoire et est toujours dirigé par une femme. Les personnalités politiques de l'écologie sont des femmes, de Gro Harlem Brundtland qui la première a imposé le concept de développement durable en 1987 à aujourd'hui Dominique Voynet, Cécile Duflot, Corinne Lepage, Nathalie Kosciuzco-Morizet ou même Ségolène Royal, l’une des seules personnalités politiques à parler de l’écologie au PS. Qui enfin a su le mieux faire résonner l’alerte écologique sinon la canadienne Rachel Carson et son « Printemps silencieux » dès les années 1960 ? Bref l'écologie est l’un des seuls secteurs d'activité où les femmes sont déjà en place du bas jusqu'en haut de la pyramide, et où elles peuvent faire valoir leur vision.

Non Mme Badinter, l'écologie ne va pas à l'encontre du féminisme. L’expérience montre qu’au contraire, elle est une opportunité pour le féminisme ! Nous ne renions rien des droits chèrement acquis par nos aînées, mais les visages du féminisme ont changé. Nous ne pouvons plus nous contenter d'analyser notre engagement à l’aune de structures mentales héritées des années 1970.

Nous affrontons désormais une nouvelle donne : la destruction accélérée des ressources naturelles de la planète, la survie même de l'humanité et le principe de responsabilité à l'égard de nos familles et au-delà, de nos sociétés toutes entières.

Femmes, écolos, mères, nous connaissons les risques du bisphénol A dans les biberons et savons que notre lait maternel est contaminé par des polluants chimiques. Mais nous savons, aussi, que le liquide amniotique est composé des mêmes éléments que le milieu marin et que dans notre corps circule de la « poussière d’étoile », comme le dit joliment Hubert Reeves. Alors pas question de se replier dans nos foyers pollués au formaldéhyde !

Considérer la couche lavable comme rétrograde, c'est regarder le doigt du sage qui montre la lune. Car il s'agit aussi de lutter contre une imbrication de systèmes qui, s’ils nous ont libérées du lavoir et de la nurserie, nous aliènent maintenant tant par leurs coûts environnementaux, financiers, humains que par les pollutions qu'ils entraînent.

Notre écologisme au féminin ne se résume pas à protéger nos enfants, il est un combat affirmant notre place d'êtres humaines - au-delà de tout anthropocentrisme - en lien avec la terre et toutes ses espèces vivantes, les racines, le ciel et les étoiles.

Il nous semble par ailleurs douteux de focaliser sur un clivage masculin-féminin : la femme serait garante de la fertilité, de la terre, emprisonnée dans ce rôle trop grand pour elle de gardienne de la vie ? Or, le combat écologique est truffé d'amazones, de guerrières, de chasseresses, telles l'Indienne Vandana Shiva, qui lutte contre l'introduction des OGM dans son pays ou encore la Kenyane nobélisée Wangari Maathai, qui se bat pour la préservation d'un écosystème viable. La femme écologiste ne s'affirme pas seulement comme mère potentielle mais aussi comme une combattante farouche, indépendante et entrepreneuse ...

Nous refusons autant de nous déguiser en costume-cravate dans des structures de gestion économique et politique obsolètes, contre-productives et insoutenables, que de retourner au foyer revêtir le tablier, fut-il en chanvre !

En tant que femmes écologistes, nous nous battons au quotidien pour concilier activité professionnelle, mandats électifs et responsabilités politiques pour certaines (encore trop peu nombreuses) et rôle de mère, en cohérence avec le devenir de la planète que nous savons en danger.
Tel est l'enjeu de notre modernité, tel est notre défi.

Oui, les femmes portent toujours le lourd fardeau de devoir concilier leur désir d'être actives, socialement épanouies et maternantes. Mais renvoyons la responsabilité de ce fardeau à ce qui a créé cette distorsion : un système historiquement décidé par et pour les hommes.

Comment changer la donne si les femmes restent toujours les parias des structures de décision ?  Le vrai défi d'aujourd'hui n'est pas de savoir comment faire entrer les femmes dans un système inchangé et destructeur pour la cellule familiale comme pour la planète, mais de changer le système pour que les femmes y pénètrent, faisant valoir leur point de vue, leur sensibilité et de faire émerger les valeurs écologistes et post-féministes d'aujourd'hui. C'est la condition indispensable à la métamorphose de nos sociétés vers un monde égalitaire et durable.

Nelly Bonnefous - Rédactrice en chef « Passage au vert » (Ushuaïa TV)
Odile Chabrillac - Fondatrice - The different magazine
Isabelle Delannoy - Journaliste et co-auteure « Home »
Pascale d’Erm - Journaliste et présidente EcoMamans
Anne Ghesquière - Fondatrice - FemininBio.com
Laurence Mermet - Conseillère information écoresponsable
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Par francine le 25 février 2010 à 10h01
Pourquoi toujours opposer l'action des hommes et des femmes ?

Bonjour,
Je suis très touchée par les réactions aux positions de Madame BADINTER, à plusieurs titres :
- l'écologie est une préoccupation de bon sens, comme le montre les évolutions constatées ces dernières années ;
- pourquoi n'en faire qu'une préoccupation effectivement de "costumes-cravates" qui tentent d'ignorer ce qu'est une couche de bébé et tous les aspects "pas drôles", soit, qui vont avec ;
- n'est-ce pas l'occasion de remettre en cause ces mentalités négatives qui mettent au ban de la société, pour les "charges" qu'ils représentent, les tout-petits, les personnes âgées, bref ce qui va contre la vie sans difficulté ;
- la couche-culotte du tout-petit est bien symbolique à cet égard : c'est un petit geste dans le contexte d'une société du tout prêt à consommer ; et pourtant, ça semble toucher loin...
- bravo à celles qui ont lancé les couches lavables !
- oubli-t-on la complémentarité des hommes et des femmes ?
- bien davantage encore, toutes les femmes ne sont pas faites pour être ingénieures, ou en tous cas avoir une profession qui les valorise ou qui les motive à "travailler" dans le circuit lucratif : n'est-ce pas le moment de réveiller les mentalités pour dépasser le tout lucratif, d'une part, y compris pour les femmes mais pas seulement
, d'autre part le vrai problème est de ne pas stigmatiser les femmes qui par exemple ont fait le choix d'une activité "écolo" - double stigmate ! - et plus encore de rechercher dans le milieu lucratif les valeurs qui mettent l'humanité en valeur et non le travail comme un absolu
Désolée d'avoir été longue...
Merci !

Par premabha le 25 février 2010 à 12h09
Ajout

Vous citez Vandana Shiva, vous pourriez mentionner l'éco-féminisme. [L?écoféminisme est une philosophie et un mouvement nés de l?union des pensées féministes et écologistes. Pour ce mouvement, le comportement de domination et d?oppression des femmes est le même que celui qui contribue au saccage environnemental.] d'après wikipédia.
Juste pour préciser, il y a des hommes éco-féministes.
Je trouve qu'on n'en parle pas assez en France, je l'ai découvert en Angleterre à l'Université grâce à un prof qui avait fait sa thèse dessus.

Par selma le 25 février 2010 à 12h19
merci

merci pour cette réponse que j'attendais, ces arguments sont tellement stupides, immatures et contre versés dans la société actuelle qui se bat pour notre planète
elle me fait de la peine cette femme..j'aimerais bien avoir l'avis de ses enfants tiens

Par Anne Ghesquière le 25 février 2010 à 12h49
France Guillain répond

Je suis le contre exemple manifeste!!! Elle a 66 ans, j'en ai 68. J'ai allaité 5 enfants (j'ai TOUJOURS eu accès à la contraception, libre à Tahiti d'où je viens depuis 1950!), en moyenne 12 à 18 mois par enfant.
C'est toujours moi qui ai gagné la vie de tout le monde j'ai fait plusieurs tours du monde à la voile comme skipper avec mes enfants jeunes, l'essentiel seule adulte à bord.
J'ai écrit plus de 65 livres, enseigné 11 ans à l'éducation nationale, fait des conférences et je suis la plus épanouie et la plus heureuse des "femmes chimpanzés" comme le dit LA Badinter.
Elle n'a vraiment pas du tout évolué avec son époque!!!! Ce qu'il nous faut, ce sont des crèches parentales dans toutes les entreprises, toutes les écoles, toutes les administrations. Afin d'avoir LE CHOIX! allaiter ou non au choix.
Quant aux couches de coton, elle n'a jamais vu un lave-linge ni un sèche-linge?

Par Matyl le 25 février 2010 à 15h26
Un peu d'objectivité

Avant de critiquer, lisez attentivement son livre et ne déformez pas ses propos..Madame Badinter, qui a tant fait pour la femme, mérite mieux que votre mépris..

Par ambre95150 le 25 février 2010 à 16h28
bon sens

enfin merci muriel bertelho de parler juste je partage tout ce que vous ecrivez;
les reactions si peu reflèchies me font un peu peur ;quelle violence si peufondèe
cela me pousse a voir le mouvement ecologique d une autre manière plus nègative ;je crois que le fanatisme de ces femmes va me faire changer de point de vue
on passe d un extreme a l autre ;
moi l allaitement ne m èclate pas ;je reserve mes seins je les reserve a mon amant
la libertè mes dames c est ça le vrai combat

Par ninon le 26 février 2010 à 08h12
merci

merci pour votre vive réaction aux propos de Mme Badinter.
je soutiens le mouvement à 100%!

Par irène le 26 février 2010 à 15h58
Bravo !

Je ne sais pas exactement ce que pense Mme Badinter, mais je trouve vos réflexions très constructives et je me sens solidaire à 100% de votre point de vue !

Par Tenzin-La le 27 février 2010 à 02h14
Nous sommes libres.

Après et avant tout, nous sommes libres d'allaiter et d'y trouver du bonheur, libres de ne pas le faire sans nous sentir coupables.Parmi mes proches une jeune future mère avait décidé de ne pas allaiter son enfant afin de ne pas nuire à sa carrière de marketing quand l'enfant arriva elle oublia sa décision et l'allaita 18 mois.

Par michel marseille le 27 février 2010 à 02h30
tous les biberons de toutes leurs nuits...

Chaque expérience est unique.
Père de deux filles, habitué du rythme de la nuit, j?ai donné à mes deux filles, qui ont cinq ans d?écart, tous les biberons de toutes leurs nuits, et j?ai changé leurs couches, (jetable).
Je ne me pense ni bon ni mauvais, mais seulement père.
Leur mère ne souhaitait pas allaiter, pour cela, il fallut, dés l?accouchement, et contre les avis et les comportements péremptoires du personnel soignant et accompagnant, ne pas se laisser imposer des choix qui n?était pas les siens.
La pression et l?emprise des mères maquerelles, jeunes ou vielles, reste toujours sidérantes.

La est le c?ur du débat, être libre de son choix, sans être stigmatisée par toutes celles et ceux qui connaissent bien mieux l?affaire, que la future mère pour son premier enfant.
Comment bien faire et faire mieux encore, en étant à l?intérieur de son discours et sa pratique pour une écologie et une harmonie durable.

Les rapports des humains avec la nature, les rapports des individus avec le genre, les rapports des femmes avec la maternité, sont de l?ordre du culturels, et non pas du naturel.

Ce que j?ai compris à l?écoute d?Elisabeth Badinter, c?est le danger de survaloriser un model de maternité, que l?on dirait supérieur à tous les autres au prétexte qu?il serait plus « naturel », cela ne se ferait en fait que contre les femmes et qu?en réduction de leur liberté de choix.

Faire des choix que l?on pense harmonieux, pour soi, pour son couple, pour ses enfants, pour un environnement durable, ne saurait, en soit, faire de bonnes mères, sinon pour désigner les mauvaises mères, celles qui ne peuvent ou ne veulent.

Le combat pour les moyens et le temps d?allaiter ses enfants peut être un combat féministe et écologique, si il est un combat pour la liberté de choix, et n?impose pas à toutes d?allaiter, comme le combat pour le droit à l?avortement qui n?a jamais imposé d?avorter.

Discours de la servitude volontaire
«Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres. »

Par ambell le 27 février 2010 à 09h45
sans hommes et sans femmes il n'y a pas d'être humain

j'ai rejoins non pas les verts, mais Europe Ecologie et je n'ai jamais pensée que je rétrogradais vers une condition de femme foyer. Par conte beaucoup d'autres mouvements se targuent de n'être pas machiste et il s'agit surtout d'effets d'annonces politiquemet corrects. La différence des sexes existe et le nier est absurde, nous avons chacun nos richesses complémentaires et indivisibes . Sans hommes, sans femmes, il n'y a pas d'être humains, oublier cela et considérer que les uns sont plus indispensables que les autres est une aberration. Vive les pères et les mères biens dans leur rôle de parents solidaires et indissociables.

Par pierre le 27 février 2010 à 10h45
BADINTER TOUJOURS DERRIERE

LES PROPOS D'ELISABETH BADINTER SUR L'INSTINCT DE MATERNITE, AFFIRMANT QUE CELA RELEVE DU MYTHE, SONT DELIRANTS. LES ETRES HUMAINS DOIVENT AUSSI REGARDER EN FACE LEUR PROPRE ANIMALITE ET RAPPORT A LA TERRE NOURRICIERE. PAS DE TERRE,PAS D'INSTINCT, PAS D'HUMANITE.

Par Julie Le Goïc le 27 février 2010 à 12h04
Un choix de vie

Elue Verte, adjointe au maire de Brest en charge de la santé, maman maternante de 3 enfants, dont un petit de deux ans et demi toujours allaité et en couches lavables, j'ai été profondément "enragée" par les propos de Mme Badinter. Je ne me revendique pas féministe, si le féminisme se réduit à uniformiser tout individu à l'aune des yuppies des années 80. Mon féminisme est basé sur une conviction profonde que chaque individu doit pouvoir trouver son épanouissement , sans être limité par son sexe, son genre ou la pression sociale. Mon féminisme est lié à ma conviction écologique : l'intolérable soumission de d'une partie de l'humanité par l'autre partie est produite par le même mécanisme qui conduit certains à soumettre la nature à leurs désirs, fut-ce en la détruisant.
Le biberon, les couches lavables, les purées maisons que Mme Badinter critique de manière aussi caricaturale, sont à mon avis des chaînes. Des chaînes qui, loin d'avoir libéré la femme de l'emprise de l'homme (tous les chiffres de la participation des femmes aux tâches ménagères montrent que ces "avancées" n'ont pas fait bouger les lignes de l'inégalité domestique), ont enchaîné le couple à la société de consommation.
Le parentage est un choix de vie "naturel", sans autre mode d'emploi que la bienveillance et l'imagination, qui demande la participation des deux parents, et qui est certainement mal vu par Mme Badinter, principale actionnaire de Publicis, parce que ce choix de vie libère la famille du dogme de la consommation.

Par camille le 27 février 2010 à 13h07
post-féministes?

Bravo pour votre vigoureuse lettre ! J'en conteste une expression : "post-féministe". Le féminisme serait-il déjà advenu partout, pour que nous passions déjà au stade suivant ?
Je serai post-féministe quand l'environnement sera post-patriarcal !

Par Missao le 27 février 2010 à 13h55
Merci à toutes d'avoir ouvert ce débat

Un débat nécessaire qui permet de replacer la question des relations homme,femme au coeur de la politique et nous savons combien cette question est et sera au coeur de l'évolution de notre société.

Par Darne le 27 février 2010 à 15h29
du côté des filles

Les Artistes sont aussi très souvent les derniers consultés, je comprend parfaitement votre combat et votre indignation...
J'ai même décelé des lueurs poétiques dans votre réponse à Elisa..
Quand le fleuve de la vie rencontre les bergers soumis, il s'en passe des choses.
A vous le réel..sincèrement

Par vincent le 27 février 2010 à 17h11
Bravo !

Mesdames, tout simplement félicitations pour votre article !
La route est longue mais courage !

Par Verte de plaisir le 27 février 2010 à 23h03
La parité est une évidence

Je trouve ce débat écologisme-féminisme-machisme totalement dépassé, la parité H-F face aux enjeux du développement durable pour notre planète est une évidence, ça ne se discute même pas. Ceux qui le font se trompe de combat et perdent du temps alors que nos actions sont urgentes si l'on veut que les éco-systèmes de cette planète ne soient pas détruits à jamais.

Par perle56 le 28 février 2010 à 00h36
Avocat du diable

Mesdames,
Mme Badinter ose enfin dire tout haut ce que certaines nous pensons tout bas.L'écologie est le nouvel "opium du peuple",un courant sectaire ,rétrograde qui met la femme à la place d'un ventre et mère nourrice Cette ,aliénation aux enfants va créer des monstres

Par frederic le 28 février 2010 à 11h50
J'espère beaucoup de votre mouvement feministe ecolo

Il ne s'agit pas de "viriliser" les femmes pour nourir des pratiques nauséabondes qui mène à l'impasse mais de s'appuyer sur un genre plus enclin à la sensibilité et à l'empathie pour construire un autre model de société.
J'espère beaucoup de votre mouvement feministe ecolo.
Frederic (ingénieur dans l'industrie metallurgie- 42 ans)

Par marie le 28 février 2010 à 11h52
Femme verte et libre de ses choix

La parite H/F n'en déplaise à certains ou certaines existe est c'est une trés bonne chose.Etre écologiste n'est pas un diktat mais un art de vivre et un courant de pensée en aucun un calvaire.Je suis maman de deux grands garçons etce fut un libre choix J'ai beaucoup apprécié votre article la route est encore longue mais l'espoir est permis de penser que notre société va évoluer et qu'il est urgent de réagir

Par damien le 28 février 2010 à 13h14
réaction

Bravo!
C'est comme ça qu'on vous aime, les filles.
Courageuses, engagées, humbles; Quelle belle leçon.

Par maric le 28 février 2010 à 15h43
femme écolo

pour moi etre ecolo c'est retrouver une certaine éthique qui consiste à faire passer le genre humain avant l'argent, c'est remettre au gout du jour les notions de loyauté, de parole donnée, de logique humaine et non finançière ; alors peut_etre que le monde changera avec nous les femmes

Par antonin le 28 février 2010 à 18h47
le temps passe, elisabeth...

Un essai n'exige pas obligatoirement de forcer sur un point polemique, qui vire à la caricature;la naturalisme nordique est tellement puissant depuis le 19ès., qu'il traverse le romantisme, le christianisme .et meme le nazisme. Mais la France?

Par kidaspace le 28 février 2010 à 19h26
Merci Elisabeth Badinter

Merci E. Badinter. Vous avez mis en mots ce que je ressens de l'intérieur du mouvement écolo depuis 10 ans : conception manichéènne des rapports hommes femmes (hommes méchants symboles de mort et femmes gentilles symboles de vie). Les écolos valorisent un profil de femmes, de mères. La violence de la charge contre badinter révèle un visage des écolos qui me rebutent. Où sont leurs belles valeurs d'ouverture d'esprit et de tolérance ? Mais sans doute l'enjeux des élections explique cette réaction aussi violente.

Par colette le 28 février 2010 à 19h32
au moins ça fait réfléchir...

Malgré le grand élan écolo, comment expliquer que 8O% des taches ménagères sont éffectuées encore par la femmes!! j'ai allaité mes deux garcons 14 mois et je suis quand même d'accord avec Madame Badinter pour ètre vigilante sur le tout retour à la nature, pas avant que le partage soit vraiment encré dans les moeurs, ne passons pas la charrue avant les boeufs...

Par Eco69 le 28 février 2010 à 21h26
Bravo mesdames,

je suis un homme, écolo et père de famille. Je vous soutien à 100%. Un retour à des pratiques plus saines et respectueuses n'empêche pas les hommes qui ont décidé de s'occuper de leur famille de le faire. Et je constate tous les jours que les machos ne sont pas dans le camps des écolos. Cherchez les plus à droite !!!

Par jac le 28 février 2010 à 22h15
OUF !

Juste vous dire merci, quant à votre lettre à Madame Badinter.
Un homme !

Par ariane luna le 28 février 2010 à 23h10
verte de rage

merci de votre lettre ouverte que je soutiens à 100%

Par lollilop le 1 mars 2010 à 01h10
Bravo

C'est avec des femmes comme vous que le nouveau monde doit se construire, je suis tout à fait de votre côté.... Battons nous tous ensemble pour faire valoir nos droits à manger sainement, ne pas être polluer jusque dans nos maisons et empoisonner par des additifs souvent cancérigènes, des pesticides, des ogm et des nano même dans les cosmétiques, etc... Mais où allons nous comme ça.

Par noella le 1 mars 2010 à 08h22
de tout coeur avec vous

bravo, je n'avais pas écouté la déclaration de mme Badinter jusqu'au bout!
la defense des femmes devient une nécessité car l'aliénation est beaucoup pernicieuse qu'il y a 40 ans.
une dame de 63 ans

Par anita le 1 mars 2010 à 12h02
LA FEMME DANS LA PUBLICITE

Je vous admirais beaucoup Mme Badinter, comme Mme Simone Weil, pour la défense de la femme dans notre société encore trop machiste. Mais je reprends un peu le thème du Canard Enchaîné : pas un mot sur la femme-objet dans le monde de la publicité : serait-ce votre appartenance familiale à une grande lignée de publiciste, et vos intérêts financiers dans ce domaine, qui font que je n'ai pas entendu de réaction de votre part sur la femme objet de désir pour la moindre vente, notamment dans le milieu de l'automobile, et toujours dans des tenues sexy, ou même très déshabillées alors que rien ne l'y amène.
Oui, il reste à rester très vigilantes, notamment pour protéger les acquis : Planning Familial régulièrement menacé, hôpitaux non assez rémunérés pour l'acte d'avortement, et devant partir encore à l'étranger, pas assez de prévention pour avertir les jeunes filles sur les MST et les grossesses non désirées. Mais aussi, place des femmes manquantes en politique, dans le monde du travail à des postes mérités. pourquoi pas réfléchir à des quotas comme dans les pays scandinaves qui ont obligé ce milieu à évoluer, pour leur plus grand bien d'ailleurs. Mais ne pas tomber dans des extrêmismes rétrogrades, et laisser les femmes faire comme elles le veulent, ou le peuvent, allaiter ou non, ou utiliser ou non les nouvelles couches lavables (qui ne sont pas seules des années 60 !).

voilà quelques pistes de réflexion.

ANITA

Par meliwonka le 1 mars 2010 à 13h54
de tout coeur avec vous

Tout à fait d'accord avec votre position

Par colette le 1 mars 2010 à 19h07
ça fait réfléchir

et bien j'ai suivi de très près la position de Me Badinter sur l'allaitement, et suis trés surprisesur l'interprétation, elle n'a pas dit qu'elle était contre l'allaitement, mais qu'elle constatait que le retour à la nature n'avait en rien, bien au contraire changer les inégalités Homme/femme, 8O? taches ménagères encore éffectuées par les femmes, n'est-ce-pas le probléme, j'ai allaité mes enfants pendant 14 mois, mais je suis tout a fait consciente que mon entourage me le permettait sans que cela n'entrave mon équilibre de femme, attention ne soyons pas trop puristes quand la situation ne le permet pas, et continuons de nous battre surtout pour toutes ces inégalités quotidiennes, et Me Badinter pour cela tient bien la route, ne nous trompons pas de cible..

Par flop le 1 mars 2010 à 21h46
Janus peut-il être éco-logique ?

Comme beaucoup d'entres nous, j'ai beaucoup d'estime pour le travail de Mme Badinter. Cependant, il est possible, comme beaucoup de ceux de sa génération, qu' elle est négligée de réviser ses paradigmes conceptuels. Le projet écologiste ne fait pas que proposer une nouvelle alternative aux propositions en vigueur, mais pari, me semble-t-il sur une révision profonde de notre implication au monde qui passe par une forme plus déterminée d'intégrité. Ainsi, en ce qui concerne Mme Badinter, son engagement janusien dans des formes contradictoires de discours (disons pro-égalitaire homme-femme d'une part, mais travaillant d'autre part à la disqualification de l'image de la femme au travers d'impératifs mercantiles) peut "rester en travers de la gorge" à tous ceux et celles qui souhaitent , comme le propose le projet écologiste, d'établir un rapport étroit entre chacun et son environnement moral, social, économique. Bref, c'est ici et maintenant que je suis et que ça se passe

Par gimyx le 2 mars 2010 à 10h17
02032010

je suis déçue des prises de position de Mme Badinter ainsi que de tous les erudits qui n'ont trouvé d'autre réponse à l'aspect anxiogène de la prise en compte de la degradation exponentielle de l'environnement...que de se faire les detracteurs des ecologistes...
Je pense que malheureusement ces personnes se trouvent coupées d'une réalité:l'erudition ne protege pas de l'evidence!tous apprecions le progres et le confort qu'il nous apporte mais faut-il devenir aveugle pour autant?
Pourquoi le progres ne sert-il pas le plus grand nombre voire chacun et pourquoi le prix à payer serait la destruction de l'environnement...osons le mot: de la nature
Quand la matiere grise tombe dans le denni et sert l'instinct gregaire de la meurtriere loi de toujours plus d'argent il vaut mieux mettre cette grise matiere au repos et juste oser ouvrir les yeux et se dire que tout erudit que l'on soit on peut apprendre encore.
Peut etre justement en acceptant de s'impliquer dans une realité materielle

Par olivia le 5 mars 2010 à 00h04
Attention aux erreurs d'interprétation

Je ne comprend pas pourquoi Mme Badinter, que j'admire et respecte, a entrainé tant de réactions véhémentes de la part d'Europe Ecologie. Ce qu'elle met en cause ce n'est pas l'écologie, mais son instrumentalisation douteuse pour orienter les choix des femmes.

Par alicia le 6 mars 2010 à 00h06
Retour vers le futur

J'écoute parler E.Badinter, du "pourquoi les femmes/mères deviennent écolos"...elle parle donc, de moi, et même, pour moi...avec un certain mépris, condescendante...et surtout elle se trompe, comme elle se trompe! je ne vais pas faire le détail, mais le portrait qu'elle dresse est bien une caricature...en tout point, excepté peut-être la pression actuelle sur les femmes pour être en tout point parfaites, bonne mères, bonnes épouses...mais cela ne se limite absolument pas aux écolos que je sache!
Pire, je ne la trouve pas bienveillante...elle ne donne pas l'impression de vouloir défendre les femmes qu'elle décrit (qui d'ailleurs n'existent certainement pas) ni d'autre d'ailleurs...je me demande donc, ce qui la pousse à dire, à écrire tout cela...est-ce uniquement mercantile...ou bien l'impossibilité d'admettre que les combats d'hier, aussi nécessaires qu'ils ont pu être, ne sont plus ceux d'aujourd'hui.
Et finalement, c'est elle qui ramène la femme au foyer en créant un lien de facto entre certains usages écolos comme la couche lavable, au retour des femmes au foyer. Faut-il préciser que la couche lavable ou jetable n'aliène pas plus la femme que l'homme étant donné qu'il a lui aussi deux mains pour changer son bébé!

Par sandrine le 7 mars 2010 à 14h56
et les droits des hommes?

Je suis tout à fait d'accord avec ce combat, mais franchement quelques chose me dérange:il concerne aussi les hommes!
si les femmes se reconnaissent à présent des droits dans la société pour concilier maternage, écologie, travail, vie de couple...et les hommes?
quand se battront-ils pour leurs droits de pères ? un congé paternité plus long, des congés parentaux ou des temps partiels généralisés et non exceptionnels!

Par elisew le 8 mars 2010 à 12h42
le concept de continuum

je suis tout à fait révoltée par les propos de Mme Badinter. Ma place de femme et mère écolo (féministe à ses heures) dans la société ne me semble pas en danger. et mes engagements de citoyenne pour le respect de la planète ne me semblent pas aller à l'encontre de ma liberté de femme.
allaitement, couches lavables, décroissance, et tout le reste sont des choix responsables et ce ne sont pas ces choix qui excluent les femmes-mères de la société mais bien la société elle-même (par l'image qu'elle a de l'enfant : bruyant, gênant, empêchant ; et du rôle de mère : prenant du temps, demandant des sacrifices). NON, l'enfant ne gêne pas, NON la mère n'a pas à sacrifier sa vie dans la société. c'est la société qui doit changer son regard sur l'enfant et sa place, près des mamans, actives dans la société.
la place de la femme-mère est dans la société, active et entourée, et la place de l'enfant est à ses côtés. il découvre ainsi les interactions sociales qui façonnent la vie de ses semblables, les activités de ces derniers, tout en étant en sécurité sous le regard bienveillant de sa maman.
LA SOCIETE DOIT CHANGER SON REGARD SUR L'ENFANT ET SA MAMAN !
pour celles que ça intéresse, je vous renvoie à la lecture d'un livre formidable sur le maternage naturel (celui de notre continuum de mammifère, celui de nos origines, celui de nos attentes et celui qui conduit au bonheur : de l'enfant, de la mère et de la société ! "Le Concept de Continuum" de Jean Liedloff.
LA SOCIETE DOIT CHANGER SON REGARD SUR L'ENFANT ET SA MAMAN !

Par hocht le 8 mars 2010 à 14h48
adhésion

totale à votre lettre ouverte,qu'ajouterais-je de plus sinon que par la pensée et les actes quotidiens j'appartiens à votre club.Merci pour votre combat qui est aussi le mien.Solidairement et fraternellement vôtre

Par Johanna Saskia le 27 avril 2010 à 21h04
Elisabeth Badinter n'a pas fait une bonne analyse

Elisabeth Badinter et avec elle toute le féminisme de deuxième vague ont choisi pour une indépendance économique de la femme sans réaliser son indépendance juridique. L'un n'est pas possible sans l'autre. Cet endroit est bien trop limiter pour explique toute cela. OU puis je trouver davantage de place pour bien expliquer c que j'ai à dire?

Par Johanna Saskia le 27 avril 2010 à 21h51
Le combat des femmes-RMIstes aux Pays Bas

J'étais combattant des Comités femmes-RMIstes aux Pays Bas de 1982 à 1991 et nous avons mis une nouvelle stratégie féministe en place afin d'aboutir à une émancipation de toute femme. Après analyse de notre situation nous avons constaté que dans la loi, la femme occupe une place différente de l'homme. D'après nous , la femme est le vassal de l'homme et avec ce statut-là elle n'arrivera jamais à l'égalité de l'homme. Comment faire pour changer cela? De 1978 à 1991 nous avons manifesté, occuper des mairies et protesté notre désaccord. Le 16 novembre 1990 à Amsterdam a eu lieu le dernier grand évènement qui a mis en scene un tribunal avec à la place des accusés: l'État des Pays Bas.
En 1965 fut crée une loi aux Pays Bas, qui garantit une revenue de secours, une aide pour tout citoyen sans revenue. Cette loi avait un effet inattendu: la séparation des couples et cela sans obligation pour les ex_maris de fournir une pension alimentaire à leur ex_femme et leurs enfants communs.Ces hommes continuaient à percevoir un salaire destiné à toute une famille tout en restant les seuls profiteurs.
FORMATION DES COMITéS DES FEMMES RMISTES
La première Comité des femmes_RMIstes a vu le jour en 1978 à Groningue. Ville après ville et quelques villages la fondèrent à leur tour.En 1982 un point d'appui national pour les Comités fut crée en Utrecht. Le nom hollandais: Landelijk Steunpunt Komitees Vrouwen en de Bijstand.
SUR LES BARRICADES
Les mères trouvaient leur allocation insuffisante pour entretenir une famille. Elles exigèrent plus d'argent: 400 florins de plus par mois(environ 180 euros). Cette revendication (1983) fut manifestée avec des actions ludiques, qui suscitaient l'attention des médias. Au parlement on débattait cette revendication. "Les femmes qui voulaient une augmentation de leur allocation: c'était inouï, scandaleux. Autoriser ce besoin financier mettait en danger tout le pyramide de richesses dont chacun devait à leur tour monter. C'est évident que la femme doit rester à la place du bas d'échelle.
Une période de réveil et des études marquaient les années suivantes. C'était clair que le féminisme de deuxième vaque n'emportait pas une réponse valable: pour les femmes divorcées il n'avait point de place pour négocier sur le partage des taches ménagères. Les employeurs ne voulaient pas les embaucher, si ce n'était pas pour un salaire aumôné. Ayant ni l'argent, ni le temps étaient inconcevable pour les femmes.

Comment le législateur à organisé l'infériorité des femmes.?C'était sur cette question que les femmes-RMIstes se plièrent. A contradiction avec les féministes, la réponse fut cherchée et trouvée dans la systématique du droit.

QUELQUES CONSTATIONS PRéALABLES
Le travail dans le foyer n'est pas reconnu. Comment le législateur a fait disparaitre la notion non_travail?
Chaque femme en couple avec un job rémunéré reste femme au foyer. Pour l'employeur la différence entre le statut d'un homme et la femme est évidente. A suivre....

Par lisa le 28 avril 2010 à 15h32
Ecolo ne rime pas avec sacrifice

Madame Badinter,
Vous n'avez rien compris ! Pourquoi ne parlez-vous pas de l'époque ou c'était l'allaitement maternel qui était visé du doigt ? Et alors quand les femmes voulaient allaiter il fallait qu'elles suivent un protocole qui n'avait aucun sens, et ne marchait pas évidement, que dans le but de vouloir tout contrôler par le corps médical (éssentiellement des hommes). Aujourd'hui nous avons repris ce qui nous appartient, ce qu'on nous a volé. Si le rôle de nouricière est valorisé, biensûr plus de femmes allaitent et allaiteront. Et l'enfant dans tout ça, on lui laisse le choix ? Son épanouissement, sa santé ? L'allaitement crée une indépendance incomparable, plus de bibirons à stériliser, à emporter, à réchauffer, les réveils nocturnes sont plus supportables... On sort de chez soi sans se poser la question comment et où nourir l'enfant, ça va de soi.
Et les couches lavables ne sont pas comparables aux langes de l'époque. Madame Badinter, ce n'est pas moi qui lavent les couches, j'ai une machine à laver, pas vous ? Et j'ai un mari qui a 2 bras pour changer le bébé ! Je ne pense pas que les nouveaux papas ne changent pas plus un enfant en couches jetables qu'en couches lavables. Et les bébés ne font pas plus souvent caca avec les couches lavables... souvent même, les enfants sont propres plus tôt, donc ça fait finalement moins de corvée dans la durée. Vouloir s'occuper de son enfant, le coocooner, l'allaiter (ou essayer d'allaiter), le porter, le mettre en couches lavables ne rime pas avec se sacrifier mais avec contribuer à une vie meilleure à l'homme ou la femme que deviendra cet enfant, au niveau de sa santé, son épanouissement, son environnement et lui apporter ce que la société ne peux lui apporter, celà nous met dans un état de bien-être et dans l'épanouissement personnel accompli... Et cet engagement ne nous prend que 2 ans par enfant en moyenne et aura des résultats positifs pour tout le reste de sa vie.

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