Santé

Plus de dioxyde de titane dans les assiettes des Français à partir de 2020

Publié le 18 avril 2019
Secrètement insérées dans nos assiettes, les nanoparticules atteignent notre organisme depuis les additifs alimentaires, comme le dioxyde de titane.
Secrètement insérées dans nos assiettes, les nanoparticules atteignent notre organisme depuis les additifs alimentaires, comme le dioxyde de titane.
© Jonathan Castellon

Pâtisseries, bonbons, chocolat... L'additif E171, ou dioxyde de titane, est omniprésent dans l'alimentation industrielle, sous forme de colorant. De sérieuses inquiétudes pesant sur son caractère cancérigène, selon un récent rapport de l'ANSES, mènent le gouvernement à interdire son utilisation dès le 1er janvier 2020 en France dans les denrées alimentaires. Attention toutefois, il restera utilisé dans la fabrication des dentifrices, cosmétiques et médicaments notamment.

Nous le retrouvons dans de nombreux produits que nous consommons régulièrement : les dentifrices, les bonbons ou encore les médicaments. Le dioxyde de titane, aussi appelé additif 171, "sera interdit dans les denrées alimentaires à partir du 1er janvier 2020" ont annoncé les Ministères de la Transition écologique et de l'Économie ce mercredi 17 avril 2019. Cette décision fait suite à la publication d'un rapport de l'agence sanitaire Anses publié le 12 avril 2019 qui n'avait pu lever les incertitudes sur l’innocuité de cet additif alimentaire. Certaines marques comme Malabar, Carrefour, Super U ou encore Leclerc avaient fait le choix de ne plus en utiliser lors d'une première polémique en 2017.

Utilisé sous forme de nanoparticule, il s'insère partout dans l'organisme

Avec une taille inférieure à 100 nanomètres qui lui permet d'infiltrer l'organisme, cet additif soulève des inquiétudes de la part des associations de défense des consommateurs depuis plusieurs années déjà. Plus récemment, en décembre 2018, 22 organisations, associations et ONG avaient publié une tribune dans le Monde pour que le ministère de l'Economie et des Finances l'interdise définitivement. 

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En effet en février 2017, une étude de l'Inra réalisée sur des animaux de laboratoire révélait déjà le caractère cancérigène de l'additif E171. Les chercheurs avaient alors noté que le colorant, de part sa petite taille, franchissait en une semaine la barrière intestinale des rats, provoquait la modification des mécanismes biologiques cellulaires chez la souris ou encore des anomalies du développement chez des invertébrés. Qu'en déduire quant à l'impact sur la santé humaine ? Si l'on ne peut "extrapoler" ces résultats à l'Homme, ces éléments incitent à être plus vigilant quant à l'usage du colorant dans l'alimentation industrielle.

Parmis les produits épinglés, certains ne mentionnent pas le colorant sur l'étiquette

Bien que potentiellement dangereuse, cette substance n'est pas toujours mentionnée sur les emballages. Ce qui remet sérieusement en cause la question de la transparence dans l'industrie alimentaire. L'association UFC-Que Choisir avait par ailleurs porté plainte en janvier 2018 contre neuf marques différentes, pour dissimulation de l'usage de l'additif.

Pour nous éclairer sur ce que nous consommons, l'association Agir pour l'environnement recense à ce jour des dizaines de produits contenant du dioxyde de titane. Présentée comme un catalogue, la plateforme dénonce des aliments de toute marque et tout budget : chewing-gum, pâtisseries industrielles, chocolats de Pâques ou encore plats préparés.

L'additif continuera d'être utilisé dans les cosmétiques

Si les fabricants n'ont que 9 mois pour se débarrasser du dioxyde de titane dans leurs produits alimentaires, les marques de cosmétiques n'ont, elles, aucune obligation de le rayer de leurs compositions. D'autre part, près de deux tiers des dentifrices actuellement commercialisés contiennent du E171, et ces derniers ne sont pas concernés par la nouvelle décision du gouvernement, tout comme les médicaments. 

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"L’Anses nous dit 'vous avez des risques sur l’ingestion à forte dose', mais dans le cas d’un médicament vous n’êtes pas forte dose", confirmait Brune Poirson, vice-présidente de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement ; avant de rajouter que de nombreux traitements sur le marché sont concernés, et ne peuvent être retirés du jour au lendemain. En d'autres termes, les enlever du marché représenterait un certain coût qu'il faudrait assumer. Les associations défendant l'interdiction de cette substance s'inquiètent du manque de recul quant à nos capacités de quantifier les risques réels.  

A noter que le dioxyde de titane ne présente aucune qualité nutritive ou de conservation, son intérêt principal reste esthétique. 

Pour en savoir plus :

> La fiche technique sur le dioxyde de titane par l'Anses.
> Le rapport sur les risques liés à l'ingestion de l'additif alimentaire E171.
> Le rapport d'étude de l'INRA sur 
les premiers résultats de l’exposition orale aux nanoparticules de dioxyde de titane.

Pour soutenir l'association Agir pour l'environnement, rendez-vous sur leur site.

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