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Le silence, est-ce simplement ne pas entendre de bruit?

Publié le 18 novembre 2016
Le silence est-il d'or ?
Le silence est-il d'or ?
© Pixabay

Nous avons rencontré Caroline Escartefigues, psychologue clinicienne, sur la question du silence. Plongez au fil de nos rendez-vous au coeur de cette notion passionnante. Aujourd'hui, on s'interroge sur la définition du silence.

Etymologiquement le silence signifie l’absence de bruit. Mais existe-t-il vraiment ? De nombreux savants sont absolument convaincus que tout ce qui se passe dans l'espace se déroule dans le silence. Selon eux, même les collisions spatiales se passent dans un silence absolu. Toutefois, des chercheurs russes ont réussi à enregistrer le son émis par la sphère magnétique de Jupiter et par d'autres objets se trouvant dans l'espace. A ces fins, ils se sont servis de matériel moderne doté de programmes dernier cri. A proprement parler le silence n’existe pas. L’univers est fait de vibrations ; et le son est vibration. Rendez vous compte même à l’échelle de l’univers, le silence, compris comme l’absence de bruit n’existe pas ! 

Le silence serait donc l’absence de parasites ; mais nous vivons une drôle d’époque, jamais à l’abri d’une contradiction. Pris dans des exigences contraires j’observe que nous n’avons jamais été aussi intolérant au bruit… et au silence ! Dans une même journée, qui n’a pas pesté contre le bruit des voisins, et mis la musique a tue tête pour accompagner un trajet ? On peut faire les yeux ronds contre un enfant qui joue dans un compartiment de train et, le soir venu, aller se coller devant un mur d’enceintes pour s’étourdir d’infrabasses ! Voilà ou nous en sommes, à la fois en besoin et en lutte contre le silence.

Mais finalement qu’est-ce que le silence ? Est-ce l’absence de mots, de bruits ? Est-ce forcément le négatif de quelque chose ? Cet au-delà est en fait bien plus. Le silence est une richesse. Si ce n’était qu’une absence de bruit, ce serait trop simple. La parole vient du silence. À chaque fois que l’on parle, c’est que, quelques dixièmes de seconde auparavant, nous pensions à ce que nous allions dire. Mais il est vrai que le silence était peut-être davantage une valeur positive dans le passé. C’était la condition du recueillement, de la rêverie, de l’écoute de soi. Car faire silence c’est aussi et surtout retourner son regard vers l’intérieur, rester impassible.

Le silence, c’est un état dans lequel l’individu fait retour sur lui-même, approfondit son être, un état dans lequel il médite, il rêve, il crée, il réfléchit, il prie s’il est croyant. A de nombreux moments nous réalisons tous que ce n’est que dans le silence et la solitude que les réponses peuvent être rencontrées. Comme le dit Maître Eckhart : « Ce n’est que dans le silence et le repos intérieur que le Verbe et l’Esprit se font entendre dans le fond de l’âme, en son fond le plus intime et le plus pur ». Finalement le silence, c’est comme le clap d’une scène de cinéma il permet un espace de retour à l’origine des choses! Ne dit-on pas d’ailleurs que le silence est d’or ?

Caroline Escartefigues est psychologue clinicienne. Son site internet, psychologieenpleineconscience.fr

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Par leido le 24 novembre 2016 à 12h41
Le silence

La quiétude de l'âme, hors du quotidien. Ressentir un bien être même avec un bruit particulier (l'eau qui coule, les feuilles qui volent, le chant des oiseaux). En fait c'est pour moi c'est sortir de mon environnement et ne rien entendre d'habituel. sinon les sons feutrés de la nature.

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