Urban Art

graffiti biodégradable, sculpture en matériaux recyclés... découvrez les pionniers du street art écologique

Publié le 3 avril 2019
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© Valentine Puaux

1 L’art du recyclage avec Bordalo II

À commencer par la Galerie Mathgoth, dans le 13ème à Paris, où s’est achevée il y a peu, l’exposition de Bordalo II « Accord de Paris » dans un espace de 700 m2. Le concept du sculpteur lisboète et militant est simple : donner vie à des animaux sauvages à partir de déchets urbains (canettes, pneus, métal, pare-chocs, palettes de bois et câbles), afin d'interpeller les citoyens quant aux espèces en voie de disparition. L’objectif, comme il l’explique aux médias : illustrer les "ravages de notre société sur la nature", les matières utilisées pour ses sculptures étant justement, celles qui tuent la faune. Ses quelques 130 pièces, issues de la série Big Trash Animals, réparties dans 23 pays et 4 continents, représentent environ 42 tonnes de déchets plastiques réutilisées. Parmi ses plus grandes réalisations, un raton laveur de 4 mètres de haut à Lisbonne, un ours brun à Turin, des renards des neiges à Vegas, ou encore un perroquet à Valinhos au Brésil , sans oublier une tortue pour un festival à Moncton (Canada). Hambourg, Berlin, Londres, Les Antilles, l'Arkansas, le Venezuela... son besoin de créer est illimité ! Une démarche d’ailleurs très appréciée par la Ligue de Protection des oiseaux (LPO)

Site web : bordaloii.com

© Levalet

2 Composer avec la nature avec Levalet

Toujours à Paris, les œuvres de Charles Levalet, inspirent. Artiste collagiste, passé par Barcelone, Strasbourg, Reims, Orléans, Berlin et Zaghreb, Levalet n’a pas de « concept unique » qui définit son travail. « Je travaille toujours in situ, en fonction du lieu et de sa configuration. C’est à partir de là que j’aborde l’oeuvre », explique t-il au téléphone. Le street-artiste déclare aussi « essayer de ne pas avoir de message fixe », afin de laisser l’interprétation libre aux passants. « Je ne suis pas dans la com’ ou le militantisme ». Et s’il a « une conscience écologique », il ne sert pas une seule cause. De façon générale « les œuvres (illégales) sont plutôt bien reçues par le public, moins par les propriétaires des murs ! », ajoute t-il en riant. Avec « Greenwashing » (qu'on voit sur la photo) par exemple, l’artiste place la verdure au sein de son œuvre. Il s’inspire aussi d’éléments urbains, comme de rampes d’escaliers pour composer et jouer avec la perspective.

Site web : levalet.org

© Valentine Puaux à Malakoff

3 Avoir du végétal plein la tête avec Vinie Graffiti

La toulousaine Vinie Graffiti interagit aussi avec la nature, plaçant le végétal au cœur de ses œuvres. Ce qui donne lieu à de surprenantes associations, entre le dessin, à la bombe et la coiffure de son personnage pin-up. Dans le cadre du budget participatif 2014, elle a par exemple réalisé une fresque, « La Baguenaude de Valmy » sur un mur pignon. Deux ans plus tard, elle participe aussi à l’exposition « Grand 8 » à la Réserve Malakoff et relève un joli défi : passer de la 2D à la 3D avec la présentation d’une sculpture vêtue de mousse. Vinie est aussi passée en Colombie, en Géorgie et en Polynésie Française. Dans un autre style, Gabriel Abreu, originaire de la République dominicaine, peint des animaux exotiques. On les retrouve, entre autres, à Saint Domingue et Santiago.

Site web : viniegraffiti.com

© Sandra Lynn Belanger

4 S’amuser avec le tag en mousse

Remplacer la peinture par de la mousse ? C’est possible avec le « graffiti biodégradable », pratique à laquelle chacun peut s’initier avec une simple préparation à base de levure. Si la londonienne Anna Garforth est adepte de la pratique, pour la hongroise Edina Tokodi, c’est une obsession. Contactée par e-mail, elle explique avoir créé sa première œuvre en 2004 à Budapest et avoir depuis, continué à New York, où elle vit depuis 2005. « Mon intention est de créer une fusion immédiate entre l’art et l’environnement et de surprendre les piétons là où il ne s’y attendent pas », dit-elle. Un concept directement inspiré d’un voyage au Japon, réputé pour ses paysages « zen » et conçus pour méditer. Edina Tokodi a aussi collaboré avec WWF Canada dans le cadre d’un projet pour la biodiversité à Montréal. Un yeti taillé dans l’herbe à Breckenridge au Colorado et le « Billboard Mindscape » à Scottsdale en Arizona, témoignent de sa créativité. « L’idée c’est d’attirer l’attention sur le manque de nature au quotidien et dans l’environnement urbain. Je travaille avec des plantes, de la mousse, des fibres et autres matériaux éphémères pour accentuer les états de renouvellement. Je crois que si chacun avait un jardin à cultiver, la relation à l’environnement serait plus équilibrée ». Ses prochains projets ? En Europe, répond l’artiste. Alors, après ça, êtes-vous prêtes à verdir votre espace de co-working ?

© © 2019 Sonny All rights reserved

5 Défendre les tigres avec Sonny

Sonny, originaire de Johannesburg (Afrique du Sud) a choisi de défendre la faune à travers des fresques dénonçant l’extinction des félins dans le monde. Ses travaux, récemment exposés à New York, lui ont d’ailleurs permis de récolter un pourcentage de fonds pour mener à bien le projet C.A.T, qui vise à la préservation des tigres en Inde et au Bouthan, avec pour objectif de faire doubler le nombre d’individus mâles et femelles, d’ici 2022. En 2015, il évoquait aussi la disparition des loups, à Cape Town. Songeur, il aborde aussi la fonte des glaces, avec son ours polaire qu’il a imaginé dans le cadre de la Miami Art Week en 2017, ou peint des rhinocéros. Avide de grands espaces pour s’exprimer, Sonny est aussi passé par Amsterdam, Londres, le Canada, la Russie et l’Irlande.

En savoir plus avec sa carte interactive ici : sonnyonline.com/tothebone/#vision

© Hula

6 Peindre le réchauffement climatique avec Hula

Sean Yoro, dit Hula, originaire d’Oahu près d’Hawaï, s’intéresse au réchauffement climatique et à la montée des eaux. Parmi ses réalisations phares et très engagées, des scènes dans lesquelles des êtres humains sont pris au piège par la montée des eaux et sont en train de couler lentement devant les yeux des passants… Ce sont aussi des visages féminins, envahis par des bouquets végétaux, ou des personnages prisonniers dans l’écorce d’un arbre. Un peu comme si le jeune homme avait voulu défendre la nature tant exploitée… qui venait à reprendre ses droits. Double engagement écologique, Hula n’utilise que des pigments et des matériaux biodégradables pour concevoir ses tableaux de rue (huile raffinée d’Ikali et huile de carthame).

Site web : www.byhula.com
IG : @the_hula
FB : Facebook.com/kapucollective

© Jonathan Singer / Unsplash

7 Etre submergé avec les œuvres de Blub

Le florentin Blub (à ne pas confondre avec Blu qui lui est un artiste originaire de Bologne) évoque aussi la montée des eaux dans sa série de fresques "l'art peut-il nager ?". Il s'interroge sur la survie des humains en cas de montée des eaux et se questionne en parallèle, sur la survie du patrimoine et des œuvres d’art hors de l’enceinte d’un musée. Ses réalisations, libres d’interprétation et principalement localisées à Rome, à Florence et en Espagne, mettent en avant de célèbres œuvres d’art, portant toutes un masque pour respirer sous l’eau. La Joconde, la Vénus de Botticelli, la Jeune Fille à la Perle, font partie de son cv artistique, sans oublier son autoportrait de Van Gogh aux Pays-Bas et une nouvelle version du baiser de Klimt.

© @LouisMasai

8 S’éblouir des coraux de Louis Masai

L’Equateur, la Colombie, la Jamaïque, le Malawi, l’Afrique du Sud, la Hollande, la Suisse, ou encore la Chine, l’Irlande, la Norvège, Berlin et l’Italie, voici toutes les destinations parcourues par Louis Masai, désormais installé à Londres. S’il ne se considère pas comme un street-artiste, travaillant principalement en studio et non à ciel ouvert, son curriculum vitae est tout de même truffé de projets à larges dimensions et à visée écologique. Son premier objectif : aborder la 6ème extinction de masse, le silencieux déclin des abeilles, tout comme celui des barrières de corail, que seuls les plus avantagés d’entre nous, peuvent encore aller explorer dans les eaux bleues. « On en sait plus sur l’espace que sur ce qu’il y a dans les fonds marins, c’est fou ! », constate t-il. Le souhait de cet artiste qui a précédemment travaillé avec l'Union internationale pour la conservation de la nature et avec le WWF ?  Provoquer un simple petit déclic dans la conscience collective : « Si, au travers de mon art ils peuvent revoir leur position quant à la planète et de la biodiversité et réfléchir à ce qu’il peut y avoir de mieux pour les plantes et pour les animaux, j’en serai très heureux ». Si vous n’aviez pas entendu parler des projets « Synchronicity Earth » en 2016, sachez que notre avocat des océans y a participé dans le cadre de la COP 21. En vous promenant dans le 11ème à Paris, vous pourrez peut-être retrouver l’un de ses cœurs en corail (rue de la Fontaine au Roi et Rue Saint-Maur).

Instagram : @louismasai

© Benedetta Ristori

9 Le mur le plus éco-friendly d’Europe signé Iena Cruz

Le milanais Federico Massa, alias Iena Cruz (depuis 2010 après une arrivée à New York), actif depuis 1997, constate aujourd’hui avec amertume que « l’impact humain est de plus en plus invasif sur la nature ». Une rencontre à Brooklyn avec la fondatrice de « Yourban 2030 », Veronica De Angelis, dont il partage la même vision artistique, est à l’origine de la conception de « Hunting Pollution », sa fresque de 1000 m2 à Rome. Iena Cruz évoque ainsi un « langage artistique pour sensibiliser la population aux thématiques liées à la protection de l’environnement ainsi qu’au rapport existant entre l’homme moderne et le monde naturel ». La fresque voit alors le jour grâce à l’utilisation de matériaux capables d’absorber le « smog » et de purifier l’air, notamment autour d’une rocade très fréquentée du quartier d’Ostiense : la Via del Porto Fluviale. « Je l’ai réalisée avec les peintures Airlite, inorganiques et respirantes. Leur action est similaire à la photosynthèse chlorophyllienne, qui s’active avec l’énergie de la lumière. La peinture peut alors capturer l’oxyde d’azote et l’oxyde de souffre des pots d’échappements et les transformer en sels », nous explique le muraliste. Cette réalisation est aujourd’hui considérée comme l’œuvre la plus grande et la plus éco-friendly d’Europe (également en 3D). Notez qu’en 2011, à l’occasion de la Fashion Week, il signait une collaboration pour une customisation de sacs, avec Marc Jacobs.

10 Abonnez-vous à FemininBio magazine

Elles fleurissent sur les bâtiments du monde entier : les oeuvres de street artistes engagés mettent de plus en plus l'accent sur les causes écologiques et l'urgence climatique. Certains graffeurs s'attachent à réduire l'impact de leurs réalisations, en recourant à des matériaux recyclés et de la peinture biodégradable. Voici un aperçu des plus beaux street-arts dénichés aux quatre coins du monde.

Alors qu’une exposition sur Banksy se profile en juin à Paris, nous avons fait le tour du monde des plus impressionnantes œuvres de street-art qui réveillent les consciences, en abordant et en défendant l’Ecologie. Que la nature soit évoquée dans le décor, ou qu’elle y soit directement implantée, il y en a pour tous les styles et pour tous les goûts.

L’art du recyclage avec Bordalo II

À commencer par la Galerie Mathgoth, dans le 13ème à Paris, où s’est achevée il y a peu, l’exposition de Bordalo II « Accord de Paris » dans un espace de 700 m2. Le concept du sculpteur lisboète et militant est simple : donner vie à des animaux sauvages à partir de déchets urbains (canettes, pneus, métal, pare-chocs, palettes de bois et câbles), afin d'interpeller les citoyens quant aux espèces en voie de disparition. L’objectif, comme il l’explique aux médias : illustrer les "ravages de notre société sur la nature", les matières utilisées pour ses sculptures étant justement, celles qui tuent la faune. Ses quelques 130 pièces, issues de la série Big Trash Animals, réparties dans 23 pays et 4 continents, représentent environ 42 tonnes de déchets plastiques réutilisées. Parmi ses plus grandes réalisations, un raton laveur de 4 mètres de haut à Lisbonne, un ours brun à Turin, des renards des neiges à Vegas, ou encore un perroquet à Valinhos au Brésil , sans oublier une tortue pour un festival à Moncton (Canada). Hambourg, Berlin, Londres, Les Antilles, l'Arkansas, le Venezuela... son besoin de créer est illimité ! Une démarche d’ailleurs très appréciée par la Ligue de Protection des oiseaux (LPO)

Composer avec la nature avec Levalet

Toujours à Paris, les œuvres de Charles Levalet, inspirent. Artiste collagiste, passé par Barcelone, Strasbourg, Reims, Orléans, Berlin et Zaghreb, Levalet n’a pas de « concept unique » qui définit son travail. « Je travaille toujours in situ, en fonction du lieu et de sa configuration. C’est à partir de là que j’aborde l’oeuvre », explique t-il au téléphone. Le street-artiste déclare aussi « essayer de ne pas avoir de message fixe », afin de laisser l’interprétation libre aux passants. « Je ne suis pas dans la com’ ou le militantisme ». Et s’il a « une conscience écologique », il ne sert pas une seule cause. De façon générale « les œuvres (illégales) sont plutôt bien reçues par le public, moins par les propriétaires des murs ! », ajoute t-il en riant. Avec « Greenwashing » par exemple, l’artiste place la verdure au sein de son œuvre. Il s’inspire aussi d’éléments urbains, comme de rampes d’escaliers pour composer et jouer avec la perspective.

Avoir du végétal plein la tête avec Vinie Graffiti

La toulousaine Vinie Graffiti interagit aussi avec la nature, plaçant le végétal au cœur de ses œuvres. Ce qui donne lieu à de surprenantes associations, entre le dessin, à la bombe et la coiffure de son personnage pin-up. Dans le cadre du budget participatif 2014, elle a par exemple réalisé une fresque, « La Baguenaude de Valmy » sur un mur pignon. Deux ans plus tard, elle participe aussi à l’exposition « Grand 8 » à la Réserve Malakoff et relève un joli défi : passer de la 2D à la 3D avec la présentation d’une sculpture vêtue de mousse. Vinie est aussi passée en Colombie, en Géorgie et en Polynésie Française. Dans un autre style, Gabriel Abreu, originaire de la République dominicaine, peint des animaux exotiques. On les retrouve, entre autres, à Saint Domingue et Santiago.

S’amuser avec le tag en mousse

Remplacer la peinture par de la mousse ? C’est possible avec le « graffiti biodégradable », pratique à laquelle chacun peut s’initier avec une simple préparation à base de levure. Si la londonienne Anna Garforth est adepte de la pratique, pour la hongroise Edina Tokodi, c’est une obsession. Contactée par e-mail, elle explique avoir créé sa première œuvre en 2004 à Budapest et avoir depuis, continué à New York, où elle vit depuis 2005. « Mon intention est de créer une fusion immédiate entre l’art et l’environnement et de surprendre les piétons là où il ne s’y attendent pas », dit-elle. Un concept directement inspiré d’un voyage au Japon, réputé pour ses paysages « zen » et conçus pour méditer. Edina Tokodi a aussi collaboré avec WWF Canada dans le cadre d’un projet pour la biodiversité à Montréal. Un yeti taillé dans l’herbe à Breckenridge au Colorado et le « Billboard Mindscape » à Scottsdale en Arizona, témoignent de sa créativité. « L’idée c’est d’attirer l’attention sur le manque de nature au quotidien et dans l’environnement urbain. Je travaille avec des plantes, de la mousse, des fibres et autres matériaux éphémères pour accentuer les états de renouvellement. Je crois que si chacun avait un jardin à cultiver, la relation à l’environnement serait plus équilibrée ». Ses prochains projets ? En Europe, répond l’artiste. Alors, après ça, êtes-vous prêtes à verdir votre espace de co-working ?

Crédit photo pour les oeuvres d' Edina Tokodi  : Sandra Lynn Belanger
http://www.mosstika.com/

Défendre les tigres avec Sonny

Sonny, originaire de Johannesburg (Afrique du Sud) a choisi de défendre la faune à travers des fresques dénonçant l’extinction des félins dans le monde. Ses travaux, récemment exposés à New York, lui ont d’ailleurs permis de récolter un pourcentage de fonds pour mener à bien le projet C.A.T, qui vise à la préservation des tigres en Inde et au Bouthan, avec pour objectif de faire doubler le nombre d’individus mâles et femelles, d’ici 2022. En 2015, il évoquait aussi la disparition des loups, à Cape Town. Songeur, il aborde aussi la fonte des glaces, avec son ours polaire qu’il a imaginé dans le cadre de la Miami Art Week en 2017, ou peint des rhinocéros. Avide de grands espaces pour s’exprimer, Sonny est aussi passé par Amsterdam, Londres, le Canada, la Russie et l’Irlande.

En savoir plus avec sa carte interactive ici : sonnyonline.com/tothebone/#vision

Peindre le réchauffement climatique avec Hula 

Sean Yoro, dit Hula, originaire d’Oahu près d’Hawaï, s’intéresse au réchauffement climatique et à la montée des eaux. Parmi ses réalisations phares et très engagées, des scènes dans lesquelles des êtres humains sont pris au piège par la montée des eaux et sont en train de couler lentement devant les yeux des passants… Ce sont aussi des visages féminins, envahis par des bouquets végétaux, ou des personnages prisonniers dans l’écorce d’un arbre. Un peu comme si le jeune homme avait voulu défendre la nature tant exploitée… qui venait à reprendre ses droits. Double engagement écologique, Hula n’utilise que des pigments et des matériaux biodégradables pour concevoir ses tableaux de rue (huile raffinée d’Ikali et huile de carthame).

Site web : www.byhula.com
IG : @the_hula
FB : Facebook.com/kapucollective

Etre submergé avec les œuvres de Blub

Le florentin Blub (à ne pas confondre avec Blu qui lui est un artiste originaire de Bologne) évoque aussi la montée des eaux dans sa série de fresques "l'art peut-il nager ?". Il s'interroge sur la survie des humains en cas de montée des eaux et se questionne en parallèle, sur la survie du patrimoine et des œuvres d’art hors de l’enceinte d’un musée. Ses réalisations, libres d’interprétation et principalement localisées à Rome, à Florence et en Espagne, mettent en avant de célèbres œuvres d’art, portant toutes un masque pour respirer sous l’eau. La Joconde, la Vénus de Botticelli, la Jeune Fille à la Perle, font partie de son cv artistique, sans oublier son autoportrait de Van Gogh aux Pays-Bas et une nouvelle version du baiser de Klimt.

S’éblouir des coraux de Louis Masai

L’Equateur, la Colombie, la Jamaïque, le Malawi, l’Afrique du Sud, la Hollande, la Suisse, ou encore la Chine, l’Irlande, la Norvège, Berlin et l’Italie, voici toutes les destinations parcourues par Louis Masai, désormais installé à Londres. S’il ne se considère pas comme un street-artiste, travaillant principalement en studio et non à ciel ouvert, son curriculum vitae est tout de même truffé de projets à larges dimensions et à visée écologique. Son premier objectif : aborder la 6ème extinction de masse, le silencieux déclin des abeilles, tout comme celui des barrières de corail, que seuls les plus avantagés d’entre nous, peuvent encore aller explorer dans les eaux bleues. « On en sait plus sur l’espace que sur ce qu’il y a dans les fonds marins, c’est fou ! », constate t-il. Le souhait de cet artiste qui a précédemment travaillé avec l'Union internationale pour la conservation de la nature et avec le WWF ?  Provoquer un simple petit déclic dans la conscience collective : « Si, au travers de mon art ils peuvent revoir leur position quant à la planète et de la biodiversité et réfléchir à ce qu’il peut y avoir de mieux pour les plantes et pour les animaux, j’en serai très heureux ». Si vous n’aviez pas entendu parler des projets « Synchronicity Earth » en 2016, sachez que notre avocat des océans y a participé dans le cadre de la COP 21. En vous promenant dans le 11ème à Paris, vous pourrez peut-être retrouver l’un de ses cœurs en corail (rue de la Fontaine au Roi et Rue Saint-Maur).

Le mur le plus éco-friendly d’Europe signé Iena Cruz

Le milanais Federico Massa, alias Iena Cruz (depuis 2010 après une arrivée à New York), actif depuis 1997, constate aujourd’hui avec amertume que « l’impact humain est de plus en plus invasif sur la nature ». Une rencontre à Brooklyn avec la fondatrice de « Yourban 2030 », Veronica De Angelis, dont il partage la même vision artistique, est à l’origine de la conception de « Hunting Pollution », sa fresque de 1000 m2 à Rome. Iena Cruz évoque ainsi un « langage artistique pour sensibiliser la population aux thématiques liées à la protection de l’environnement ainsi qu’au rapport existant entre l’homme moderne et le monde naturel ». La fresque voit alors le jour grâce à l’utilisation de matériaux capables d’absorber le « smog » et de purifier l’air, notamment autour d’une rocade très fréquentée du quartier d’Ostiense : la Via del Porto Fluviale. « Je l’ai réalisée avec les peintures Airlite, inorganiques et respirantes. Leur action est similaire à la photosynthèse chlorophyllienne, qui s’active avec l’énergie de la lumière. La peinture peut alors capturer l’oxyde d’azote et l’oxyde de souffre des pots d’échappements et les transformer en sels », nous explique le muraliste. Cette réalisation est aujourd’hui considérée comme l’œuvre la plus grande et la plus éco-friendly d’Europe (également en 3D). Notez qu’en 2011, à l’occasion de la Fashion Week, il signait une collaboration pour une customisation de sacs, avec Marc Jacobs.

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