Agroécologie

Les Moissons du Futur, le 16 octobre 2012 sur Arte

Publié le 11 octobre 2012 - Mis à jour le 20 juin 2014
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Marie-Monique Robin pendant le tournage des Moissons du Futur
Marie-Monique Robin pendant le tournage des Moissons du Futur
© © Frederic Pardon

Après "Le monde selon Monsanto" et "Notre poison quotidien", Marie-Monique Robin repart autour du monde pour nous livrer le dernier opus de sa trilogie agroécologique "Les moissons du futur". Un documentaire optimiste sur les solutions possibles à la crise alimentaire qui touche indéniablement la planète.

Les Moissons du Futur, le 16 octobre 2012 sur Arte
Les Moissons du Futur, le 16 octobre 2012 sur Arte
Tout a commencé sur le plateau de Mots croisés, l’émission de France 2 présentée par Yves Calvi en février 2011. Jean-René Buisson, président de l’Association nationale de l’industrie agro-alimentaire, est invité aux côtés de Marie-Monique Robin. M. Buisson soutient alors qu’il n’existe pas d’alternative aux pesticides. Selon lui, l’agriculture biologique ne permet pas de nourrir le monde, car elle offre des rendements 40% plus faibles et des prix 50% plus élevés que l’agriculture « chimique » que nous pratiquons à grande échelle.

Marie-Monique Robin décide alors de mener une enquête à grande échelle et rencontre Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, qui lui dit exactement le contraire : l’agroécologie serait la solution.

L'agroécologie comme remède à la crise alimentaire mondiale

C’est le début d’un parcours qui mènera la réalisatrice à travers quatre continents pour répondre à unequestion : comment nourrir 9 milliards d’habitants (en 2050) sans épuiser irrémédiablement les ressources de la planète ? Du Mexique au Brésil, en passant par la Tanzanie, le Sénégal, l’Inde, le Japon, les Etats-Unis et bien d’autres pays encore, des agriculteurs d’un genre nouveau, mais aussi des experts du secteur,  se passent un ballon en forme de globe terrestre qui sert de fil rouge à l’enquête, comme pour ne pas perdre de vue que le choix de chacun d’entre nous a des répercussions à l’échelle de la planète.

Des exemples d'agricultures exemplaires qui respectent les ressources naturelles

Parmi les témoignages, nous avons été particulièrement sensibles au système de la Milpa, technique millénaire, mise en œuvre ici par un agriculteur mexicain. Un nom poétique donné à un écosystème qui associe trois légumes : le maïs, le haricot et la courge. Cultivés ensemble, ils se préservent les uns les autres et utilisent les ressources naturelles de façon optimale.  Ainsi le maïs a besoin de beaucoup d’eau et d’azote pour grandir. Les courges ont de grandes feuilles qui couvrent le sol et en conservent l’humidité. L’azote est fixé naturellement dans le sol par les haricots, qui grimpent le long des tiges de maïs et se développe verticalement, un cercle vertueux.

Un autre exemple : sur l’alliance entre paysans et consommateurs (que nous connaissons en France sous la forme d’AMAP, ou au Québec avec les « Fermiers de famille ») pour limiter le nombre d’intermédiaires des chaines alimentaires, Marie-Monique Robin nous emmène au Japon à la découverte des teikei, pionniers en la matière. Une plongée dans un monde préservé qui semble fonctionner en autarcie.

Il faut tirer des enseignements de cette enquête passionnante : il existe des solutions qui fonctionnent, il faut stopper la monoculture intensive, reconstituer l’auto-suffisance, améliorer la complémentarité entre les cultures, les animaux, la végétation naturelle et les hommes.

Pour l’auteur, il y a urgence. Si elle revient pleine d’espoir de ce voyage, car en bougeant les choses, on pourrait nourrir le monde très vite, elle est consciente que nous avons à faire face à des puissances financières énormes, jouant aussi un rôle trop important de désinformation que nous subissons. De plus, Marie-Monique Robin a vraiment pris conscience, au cours de son périple, des conséquences à très court terme du réchauffement climatique et de la nécessité extrême d’agir maintenant.

L’agroécologie - un terme qu’elle préfère à celui d’agriculture biologique qui peut être pratiquée en culture intensive et donc ne pas respecter les ressources naturelles – progresse mais reste encore très minoritaire (6% en Europe).

Les moissons du futur, à ne pas manquer sur ARTE, le 16 octobre à 16 heures 55 et 20 heures 50.

En attendant, la chaîne met en ligne des vidéos courtes et des papiers réalisés par l’auteur pour présenter l'agroécologie avant la diffusion.

Le livre "Les moissons du futur" de Marie-Monique Robin sort le 11 octobre 2012.

>> Voir la bande annonce du film

 

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Réaction à l'article
Par lunazen le 17 octobre 2012 à 15h58
A voir ABSOLUMENT !

Sur le forum, j'ai posté le lien pour visionner le documentaire et celui du blog de Marie-Monique Robin.

"De plus, Marie-Monique Robin a vraiment pris conscience, au cours de son périple, des conséquences à très court terme du réchauffement climatique et de la nécessité extrême d?agir maintenant."

Il est temps d'agir !

La certification bio existe parce que nous n'avons pas le choix. Si l'on n'est pas sûr du mode de production de nos produits (on n'a pas tous la possibilité de se fournir chez le producteur et de vérifier son mode de production), pour éviter les pesticides et autres traitements invasifs, l'option AB est la seule qui nous garantisse une certaine sécurité mais comme cela est dit dans l'article, l'agriculture intensive existe aussi en bio. Nous devons être plus vigilent.

Dans votre jardin, ne traitez pas vos productions, pensez aux auxiliaires, aux macérations de plantes, etc.

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