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Je suis végétarienne : témoignage de Brenda 41 ans

Publié le 9 mars 2013
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Brenda 41 ans, végétarienne depuis 17 ans
Brenda 41 ans, végétarienne depuis 17 ans
© Brenda

Brenda a 41 ans, elle est thérapeute holistique. Dans son témoignage, elle explique, preuves à l'appui, que le régime végétarien est bon pour la santé et représente l'une des solutions à la catastrophe écologique vers laquelle nous nous dirigeons.

Comme la plupart d'entre nous, j'ai grandi sans prêter beaucoup d'attention au fait de manger des animaux. Quand un enfant se préoccupe du sort des animaux et se demande comment on peut les aimer et en tuer certains pour les manger, la réponse embarrassée des adultes est souvent : " Ce n'est pas pareil ". Ainsi nous sommes éduqués à faire une différence entre les animaux que nous mangeons et ceux que nous aimons. Pourtant certains " amis de l'homme ", comme le cheval chez nous, ou bien – à notre plus grand effroi – les chiens et chats en Chine peuvent tout aussi bien se retrouver dans notre assiette. Où se situe donc la différence exactement ?

Je suis devenue végétarienne quand j’ai pris conscience que manger de la viande implique d’être responsable de la souffrance et la mort d’animaux. Cela semble d’une banale évidence, pourtant c’est une réalité que peu d'entre nous souhaitent regarder.

Ainsi, afin de cesser de contribuer à la souffrance des animaux, j’ai décidé de ne plus en manger. Sur le plan social, cela n’a pas toujours été simple. Dire que l’on est végétarien(ne) suscite des réactions qui vont de l’inquiétude ("Mais tu manges du poisson au moins ?") à une agressivité incompréhensible ("Tu es vraiment intolérante ! ça me donne envie de manger plus de viande").

Aujourd’hui, les motivations qui poussent à devenir végétarien sont mieux comprises (et pour cause, le scandale de la vache folle, la crise climatique sont passés par là). Mais la prise de conscience de l’impact sur la santé et l’environnement d’une alimentation carnée est lente et difficile. Je ne dis pas cela pour jeter l’opprobre sur les personnes qui ont une alimentation carnée, ni culpabiliser qui que ce soit. Je respecte le choix de chacun. Mon propos est ici de partager mon expérience et ce que j’ai appris au sujet du végétarisme, source de conversations houleuses et de malentendus, qui reposent souvent sur un manque d’informations sur le sujet.

Quand je suis devenue végétarienne, j'ai découvert les mensonges qui nous incitent à manger de la viande. Nous sommes conditionnés à croire que nous ne pouvons pas nous en passer, et que ce serait même dangereux pour notre santé. La viande serait nécessaire à notre croissance pendant l'enfance et indispensable afin d'éviter des carences lorsque nous devenons adultes. C'est faux. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un régime alimentaire varié, qui couvre tous nos besoins nutritionnels, et procure notamment un apport suffisant en protéines. Ce n'est pas la même chose. Et la Nature nous fournit tout ce dont nous avons besoin pour grandir et rester en parfaite santé sans avoir à manger de chair animale.

Parmi ces mythes, il y en a 2 qui ont la dent dure. Le premier est le danger que représenterait l’absence de protéines animales. Le deuxième est que l’homme est omnivore. Pour le premier, il est maintenant établi qu’un régime végétarien n’est pas nécessairement synonyme de carences, mais permet en plus d’être en meilleure santé. Il permet même à certains athlètes d’accomplir des performances sportives de haut niveau.

Récemment aux Etats-Unis, un groupe de médecins membres de l'Association Médicale Américaine s'est réuni et a créé le Comité des Médecins pour une Médecine Responsable, une organisation qui tend à faire évoluer les consciences aux USA en matière de nutrition, particulièrement au sein de la communauté médicale. Selon ce groupe de médecins, "le fait est que, il est très facile d'avoir une alimentation équilibrée avec des produits végétariens. La nourriture végétarienne fournit abondance de protéines. Une certaine combinaison des aliments n'est pas nécessaire. Tout assortiment varié de végétaux fournit plus qu'assez de protéines pour les besoins du corps. Bien qu'il y ait un peu moins de protéines dans une alimentation végétarienne que dans un régime comprenant de la viande, c'est en fait un avantage. L'excès de protéines est associé aux calculs rénaux, à l'ostéoporose, et certainement aussi aux maladies du cœur et à certains cancers. Une alimentation à base de légumineuses, de céréales complètes et de légumes contient la quantité adéquate de protéines, sans l'overdose de protéines que la plupart des mangeurs de viande font. "

Le deuxième mythe, un argument qu’on oppose aux végétariens est que l’Homme est omnivore, et qu’il n’est pas naturel qu’il écarte la viande de son alimentation. Si l’on part du principe que l’on n’a pas à changer ce que l’on a toujours fait, c’est un argument défendable, je le concède. Mais on peut aussi s’interroger sur l’évolution de l’Homme. On peut même légitimement penser qu’il est dans le cours naturel des choses d’évoluer et de modifier notre comportement. Nous ne sommes pas dans les mêmes conditions qu’aux temps préhistoriques. Et notre biologie a évolué, de même que notre conscience s’est développée (c’est en tout cas une tendance globale, même si la conscience des êtres n’évolue pas au même rythme pour tous, il suffit d’observer l’état du monde pour s’en convaincre). Nos besoins tant physiologiques que psychiques ne répondent plus aux mêmes critères que ceux qui prévalaient quand l’unique préoccupation était de survivre.

Si l’on place l’être humain dans cette perspective, devenir végétarien fait partie intégrante du processus d’évolution, aussi bien sur un plan collectif qu’individuel. Ce processus nous amène à prendre conscience que nous sommes ce que nous mangeons.

Vient un moment où l’on se pose la question des conséquences sur notre corps et notre psyché du fait de se nourrir de la souffrance animale. Cette question devient de plus en plus aigue au fur et à mesure que l’on s’engage dans une démarche de connaissance de soi et que celle-ci devient plus spirituelle.

Dans ce processus nous réalisons que nous faisons partie d’une communauté globale, que nous dépendons des ressources de notre planète et et sommes interdépendants avec tous ses habitants. Et aujourd’hui, au-delà de la question d’éthique personnelle et de santé, le choix d’adopter un régime végétarien – ou pas - est au cœur d’enjeux qui affectent l’humanité toute entière.

Dans son numéro du 8 novembre 1999, le magazine TIME rapportait que : "Aux Etats-Unis, le bétail produit maintenant 140 fois plus de déchets que les hommes… de l'Indonésie à l'Amazone, la forêt tropicale est en train d'être brûlée pour faire toujours plus de place à l'élevage. L'agriculture est la plus importante cause au monde de la déforestation, et la demande sans cesse croissante de viande est la plus grande force d'expansion de l'agriculture."

En fait, il est établi aujourd'hui que la plupart des désastres écologiques dans le monde pourraient être réduits par la baisse ou l'élimination de la consommation de viande : le réchauffement de la planète connu sous le nom "d'effet de serre", la perte de sols cultivables, la pollution de l'air et de l'eau, la destruction des forêts tropicales et la disparition d'espèces animales. La forêt tropicale est détruite pour faire place à des terres pour l'élevage, causant d'irréparables dommages à l'écosystème de la Terre. De plus, les énormes quantités de céréales utilisées pour nourrir le bétail élevé pour la production de viande pourraient permettre de contribuer à nourrir les populations affamées dans le monde.

Sur le plan humanitaire, le rapport entre la quantité de végétaux (céréales) nécessaire pour produire de la viande est de 1 à 10. Quand on sait que des pays du Sud produisent des céréales pour la production de viande pour les pays riches, alors que leurs populations meurent de faim, c'est dire le gaspillage et l'injustice qu'induit le régime carné à l'échelle du monde ! Sans compter le gaspillage d'eau dont est responsable l'élevage : il faut entre 500 et 2 000 litres d’eau pour produire un kilo de blé et entre 5 000 et 25 000 litres pour produire un kilo de viande de bœuf

Les ressources de la Terre n'étant pas inépuisables, on comprend mieux pourquoi des études nous expliquent aujourd'hui que la survie des habitants de la planète passera par une baisse drastique de notre consommation de viande et un changement d'habitudes alimentaires !

Le régime végétarien est de plus en plus présenté comme l’une des solutions à la catastrophe écologique vers laquelle nous nous dirigeons. Certains vont plus loin, comme Nicholas Stern, l'auteur, en 2006, d'un des plus influents rapports sur le changement climatique et autorité sur ces questions, qui déclarait dans une interview au Times de Londres : "Un peu comme vis-à-vis des automobilistes en état d'ivresse, notre tolérance vis-à-vis de ceux qui ne s'orientent pas vers un régime végétarien va diminuer au cours des prochaines années, compte tenu des conséquences pour la planète de l'élevage d'animaux."

Quand je suis devenue végétarienne, j’étais loin de mesurer les conséquences d’un tel choix. Je suis heureuse de l’avoir fait. Non seulement tous les préjugés que j’avais sont tombés, mais en plus j’ai découvert les bienfaits d’une alimentation végétarienne tant sur le plan personnel que collectif.

Le régime végétarien est bon pour la santé, il permet de renforcer son système immunitaire et de se prémunir de nombreuses maladies. Du reste devenir végétarien(ne) ne signifie pas renoncer aux plaisirs culinaires, la cuisine végétarienne peut être savoureuse, variée, et équilibrée. Et surtout, le choix d’une alimentation végétarienne permet d’agir pour l’environnement et l’avenir de la planète. Il représente une partie de la solution pour résoudre le problème de la faim dans le monde. Le choix d’une alimentation végétarienne peut s’avérer déterminant aussi bien pour soi que pour l’humanité, et à l’échelle de la planète, si nous sommes suffisamment nombreux à l’adopter, il pourrait bien faire la différence face aux enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Brenda, 41 ans, thérapeute holistique

Blog sur la thérapie et le développement de l’intuition

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