Education

Choisir l'éducation non-violente

Publié le 30 avril 2015
Végétarienne, yogi, méditante, maman écolo... j'aime partager mes expériences sur le chemin du bien-être et de la santé. Une vie plus saine et plus heureuse, voilà ce que je vous propose d'expérimenter avec moi.
© photl

Le 30 avril, c'est la journée mondiale de la non-violence éducative. Une journée importante pour discuter et faire connaitre cette alternative éducative constructive pour l'enfant et ses parents.

La violence éducative, c’est la violence employée au nom de l’éducation de nos enfants. Si les enseignants ne sont désormais plus autorisés à frapper leurs élèves et user de gifles et autres coups de règles, la même règle ne s’applique pas en France à l’intérieur des foyers. Notre pays s’est d’ailleurs fait rappeler à l’ordre par le Conseil de l’Europe au mois de mars, au motif que le droit français « ne prévoit pas d’interdiction suffisamment claire, contraignante et précise des châtiments corporels ». Plus de la moitié des pays membres ont déjà légiféré en faveur d’une plus grand protection des enfants. Chez nous il existe encore un « droit de correction » toléré dans la mesure où celle-ci est légère et à but éducatif. 

Mais peut-on réellement éduquer ainsi nos enfants ? 
Depuis une vingtaine d’années, des études de plus en plus nombreuses ont permis de faire le lien entre les coups infligés par des parents et les conséquences sur les enfants : moins de confiance en soi et davantage de stress, d’anxiété et d’agressivité. 

L’arsenal des corrections comprend généralement des coups (fessées ou claques), des punitions (envoyer l’enfant dans sa chambre, l’enfermer, le priver de diverses choses) et humiliations (le gronder ou le moquer devant ses frères et soeurs ou ses camarades dans le but de l’embarrasser). 

Les punitions sont inefficaces parce qu’elles se fondent sur le retrait d’amour : c’est bien de notre affection que l’on prive momentanément l’enfant lorsqu’on le congédie quelque part. Or c’est dans le regard de ses parents que se construit un enfant. Si ce regard est froid et non-aimant, l’enfant développe une image négative de lui-même. Ce qui l’incitera au passage à renouveler ses bêtises, le rendra plus sensible aux transgressions et - les statistiques le prouvent - accroîtra sa tendance aux comportements à risques à l’adolescence et l’âge adulte. 

Amour et collaboration 
Face à la tentation autoritaire, l’amour est toujours une réponse plus adaptée. On peut partir du postulat qu’une bêtise ou un comportement difficile sont là pour nous dire quelque chose : à nous parents d’écouter et de chercher à comprendre pour accompagner l’enfant. La discipline positive propose d’inciter l’enfant à « bien » se comporter par plaisir et elle fonctionne bien lorsque la recherche d’harmonie est mise au coeur des relations familiales. 

Si l’on envisage nos enfants comme des citoyens en herbe, il est préférable de les éduquer à respecter les règles communes et à bien se comporter… pour permettre le vivre-ensemble plutôt que par peur des représailles. 

Pourquoi donne-t-on des claques ? 
En général parce que l’on en a reçu soi-même. L’éducation reçue influe beaucoup sur celle que l'on donne. Que l’on ait grandi en imitant ou rejetant le modèle familial, il y a un domaine dans lequel on reproduit : la violence éducative.

Il est très rare de frapper son enfant lorsque l’on n’a pas été soi-même frappé. D’une part parce que la violence ne nous est pas familière et ne nous vient pas à l’esprit, d’autre part parce que si nous y songeons nous réalisons qu’elle ne sera pas efficace. La boîte à outils de parents n’en a vraiment pas besoin ! 

En revanche lorsque l’on a soi-même reçu des coups, on en donne dans plus de la moitié des cas. Souvent moins de génération en génération car le regard social porté sur la fessée a beaucoup changé : il est très rare aujourd’hui d’assister à une gifle dans l’espace public. Mais les corrections existent encore et de nombreux parents avouent les donner à regret, sous l’impulsion du moment, ou faute de savoir comment faire autrement. L’immense majorité des parents aiment leurs enfants et souhaiteraient les élever dans la joie et la bonne humeur. Certains disent « subir » la culpabilité des coups donnés. 

Parlez-en
La parole est une alliée nécessaire. On peut rejoindre (ou créer) un groupe de parents pour échanger sur les difficultés rencontrées dans l’éducation des enfants. Il n’existe pas assez de lieux pour permettre aux parents de se retrouver. Pourtant, si éduquer un enfant procure un immense bonheur, c’est aussi compliqué et souvent source de tracas. 

S'il vous arrive de donner des claques et que vous décidez d’arrêter, pourquoi ne pas faire équipe avec votre conjoint ? Vous pouvez prévoir un temps de discussion chaque semaine sur les hauts et les bas de votre éducation non-violente, vous débriefer mutuellement et vous appeler à l’aide en cas de « crise ». Vous pouvez aussi vous lancer dans cette aventure avec une amie ou un membre de votre famille. 

Mettez-vous au coin
C’est le time out, mais pour les parents. Lorsque l’épuisement est là, et que la colère monte, on peut vraiment bénéficier d’un moment de pause. Parfois le seul répit sera de s’enfermer deux minutes derrière la porte des toilettes pour respirer profondément plutôt que crier ou s’énerver, et de ressortir davantage en capacité de gérer la situation conflictuelle. On évite ainsi une claque, des cris, mais aussi une réaction disproportionnée. Et il est tout à fait possible d’expliquer « Maman est fâchée et va respirer deux minutes ». 

Lisez
C’est un peu comme en parler : lire sur l’éducation non-violente et la discipline positive permet de se mettre dans de nouvelles dispositions. Non seulement on apprend de nombreux conseils pratiques qui seront utiles à tous les âges de nos enfants, mais on se met dans un état d’esprit plus serein et paisible. Lire des ouvrages qui nous aident à éduquer nos enfants avec tout l’amour que nous leur portons est une occupation qui rend heureux : ça tonifie les muscles d’amour.

 
Julie anime le blog Coeur Corps Tête.
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