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Nathalie Lebas-Vautier d'Ekyog : "Les choses changeront quand les consommateurs l’exigeront."

Publié le 25 avril 2014
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Nathalie Lebas-Vautier, fondatrice d'EKYOG
Nathalie Lebas-Vautier, fondatrice d'EKYOG

Déjà 10 ans pour la griffe éthique EKYOG ! Sa fondatrice, Nathalie Lebas-Vautier, nous parle des tendances de l'été, des pièces intemporelles qui ont fait le succès de la marque, et de la transparence des filières de production. Que de défis à relever pour cette PME française de grande qualité !

EKYOG fête sa dixième année d'existence cette année. Comment le paysage de la mode éthique a-t-il évolué en dix ans ? 

Le paysage a beaucoup changé. Quand nous avons commencé à rencontrer nos partenaires, à rédiger notre charte éthique, à expliquer que nous voulions créer une mode meilleure, peu de gens étaient conscients de l’effet néfaste des modes de production textile. Le développement durable était alors une notion méconnue. 

En dix ans, la prise de conscience des femmes a beaucoup évolué, celles des fabricants également même s’il reste du chemin à parcourir. Les Etats-Unis et le Japon sont en avance sur nous. Dans ces pays, le green, le bio en général sont devenus "mainstream". Nous avons sans doute démarré très ou trop tôt en France mais aujourd’hui, plus que jamais, nous avons la certitude que l’alliance d’un style pointu, d’un rapport qualité-prix très apprécié et du respect de la Nature et des Hommes a vraiment de l’avenir. Nos clientes nous le rappellent tous les jours. 

Quelles sont les principales tendances de la mode printemps-été 2014 que l’on retrouve chez EKYOG ? 

Collection été 2014 EKYOG
Collection été 2014 EKYOG
Ce printemps, le vestiaire EKYOG a invité des "pièces iconiques" issues du sport tels le sweat graphique, le top résille et le jog pant (pantalon en matière souple, comme un jogging NDLR) contrasté. Ces pièces côtoient la transparence, le fleuri, la dentelle et le plissé. Chez EKYOG, nous aimons particulièrement le mix des genres pour créer des passerelles insolites entre l’athlétique et le glamour. 

Le plein été fera la part belle au "Street style" des 90’s en faisant flotter une rafraichissante atmosphère "beachwear" sur des looks au punch sexy : salopette en jean délavé, motifs kashmir et bandana, brassières dénudant le ventre… Une mode douce, féminine et bio ! 

De manière générale, suivez-vous les tendances, ou préférez-vous les "basique-chic" indémodables ?  

Notre cœur de collection est constitué d’intemporels revisités ultra-féminins. Le choix des plus belles fibres naturelles ou biologiques (sans dérivé de pétrochimie, sans substance toxique) permet une belle tenue dans le temps. C’est ce mix qui s’appelle le "Slowear". 

Et bien sûr, nous nous inspirons des tendances mode de chaque saison. Vous pourrez retrouver les grandes tendances chez EKYOG, revisitées, réinterprétées, dans un style résolument féminin et décomplexé. 

Parlez-nous de votre toute nouvelle ligne "Homewear" à porter à la maison. 

Ligne J’ai voulu renouer avec les racines de la marque en y ajoutant la féminité et les détails "style" d’aujourd’hui l’espace d’une collection "capsule" dédiée au homewear. 

Nous avons sélectionné les plus belles matières naturelles et biologiques que travaille EKYOG pour offrir aux femmes la possibilité de mixer cocooning, douceur, confort et glamour. Le graal non ? 

Shorts et tops aux matières duveteuses, body en éponge ultra-féminin, tous les modèles donnent envie afin de se sentir belle et bien chez soi. 

EKYOG pour enfants ou pour homme, une possibilité ?  

L’avenir nous le dira ! 

Vous avez récemment mis l’accent sur la transparence dans vos filières de production. Etait-ce une demande de votre clientèle ?  

Nathalie, en Inde chez les partenaires d'Ekyog. Vérification de la qualité de pièces et contrôle de l’application de la charte éthique
Nathalie, en Inde chez les partenaires d'Ekyog. Vérification de la qualité de pièces et contrôle de l’application de la charte éthique
Je crois que nous sommes entrés dans une période où les gens prennent conscience des dessous de leur consommation avec des actualités, reportages et drames portés à leur connaissance (viande de cheval, drame du Rana Plazza etc). 

Nous sommes une des seules marques au monde à connaître, pour chaque modèle, tout son parcours, et à nous assurer que nos engagements poussés en terme d’environnement et d’éthique soient respectées. Nous voulions montrer à nos clientes qu’elles peuvent nous faire confiance et que nous n’avons rien à cacher. Au contraire, nos partenaires étaient fiers d’être ainsi valorisés. 

Quels sont les défis à relever par une marque comme la vôtre aujourd’hui ?  

Je suis dirigeante d’une PME française, innovante, engagée dans une démarche durable. Je suis une femme entrepreneure et nous nous battons pour rendre la mode meilleure face à des marques puissantes qui ont beaucoup de moyens. Je crois que les défis sont plutôt nombreux ! 

Aujourd’hui, vous travaillez des matières variées telles que le tencel, le lin, la soie. Comment les choisissez-vous ? Quelles sont les plus éthiques ?  

Le premier choix a été celui du coton bio. Il faut savoir que le coton conventionnel occupe 2,5% des surfaces cultivés mais représente plus de 20% des achats de pesticides au niveau mondial, sans compter les problèmes de santé et d’endettement des cotonculteurs. S’engager à long terme, auprès de coopératives de petits cotonculteurs passés au bio, les former, leur garantir des prix d’achat équitables, c’était l’enjeu. Fini les problèmes de santé, l’endettement...Le coton est exempt d’engrais chimiques, de pesticides, d’OGM. 

Pour les autres matières, notre choix a été de n’intégrer que des matières naturelles et plus récemment des fibres recyclées Made in France. Les teintures respectent le standard Oekotex, les substances nocives pour nos clientes et les salariés sont interdites, le traitement des eaux est obligatoire. Nous ne prônons pas la perfection mais essayons, dans tous nos choix, de faire le maximum pour respecter la Nature, les Hommes et nos clientes.  

Que pensez-vous des collections "bio et éthique" développées par certaines grandes enseignes ? Bonne nouvelle pour la planète ou greenwashing qui ne change rien ?  

Toutes les marques qui prendront des engagements réels, contrôlés et tenus, permettront de faire changer les choses. Malheureusement, malgré les grands discours, on observe peu de changement d’un point de vue éthique et écologique sur le terrain. Je crois que les choses changeront quand les consommateurs l’exigeront. 

Quel est le rôle de Terre d’EKYOG ? En quoi cette démarche est importante pour vous ?  

Terre d’EKYOG est notre association créée en 2007 à laquelle nous reversons 10% de nos bénéfices. Je souhaitais pouvoir aller au bout des choses avec des actions qui changeraient vraiment le quotidien de ceux qui en ont besoin. 

Scolariser les enfants des salariés travaillant sur nos collections, construire des puits d’eau potable dans les villages pour que les enfants aient le temps de s’instruire, protéger la forêt amazonienne grâce à nos clientes. C’est finalement peu de moyens pour de grandes choses ! 

La pièce EKYOG qui ne vous quitte plus ?  

Ce n’est pas une pièce en particulier mais les matières "première peau". Je ne peux pas porter autre chose. 

Quelle est votre plus grande fierté, avec EKYOG ?  

Avoir démontré que l’on peut partir de rien et donner du sens à son engagement entrepreneurial. Et finalement aussi d’avoir réussi à conjuguer mode et écologie.

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Réactions à l'article
Par DanielleM le 28 avril 2014 à 10h50
Ekyog

Cela fait plaisir de voir que des marques éthiques peuvent aussi rencontrer un succès commercial. Je suis cliente d'Ekyog. J'y suis venue au départ plus pour le style que pour la démarche éthique et puis finalement si on peut allier l'utile pour la planète à l'agréable c'est encore mieux donc on en redemande !

Par bigoudi67 le 8 mai 2014 à 14h11
Ekyog ...

... de bien jolies choses, mais la dernière fois que je suis passée au magasin de Strasbourg, il n'y avait toujours rien qui m'allait ! Je m'habille en 44 en bas et 46/48 en haut, et vos tailles 44 et 46 sont vraiment trop petites ! Quand est-ce que les marques de vêtements bio et équitables penseront aux rondes ?

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