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Education bienveillante : mieux comprendre son enfant, ses émotions et ses besoins

Publié le 9 janvier 2014 - Mis à jour le 18 janvier 2016
Pratiquer une éducation bienveillante avec ses enfants permet de comprendre ses émotions et de répondre à ses besoins
Pratiquer une éducation bienveillante avec ses enfants permet de comprendre ses émotions et de répondre à ses besoins

Comment aider un enfant à extérioriser ses émotions ? Comment aider un enfant à exprimer de manière constructive sa difficulté à accepter une règle ? Comment le faire participer aux tâches ? Des réponses !

En tant que parent, on est parfois débordé, désorienté, esseulé. Comment résoudre un conflit dans la famille ? Il y a essentiellement quatre points à pratiquer :

  • Connaître les différentes étapes de développement de l’enfant. A ces étapes, correspondent différents besoins qu’il faut apprendre à distinguer et à identifier.
  • Répondre aux besoins de chaque personne dans la famille, c’est-à-dire en faisant attention à répondre autant aux besoins des enfants qu’aux besoins des parents (de femme, d’homme), pour éviter la crise de nerf. Avec l’évolution de l’enfant, il apprendra à patienter dans la satisfaction de ses besoins ; c’est ce qu’on appelle la frustration ! Elle est tellement inhérente à la vie, qu’il est nécessaire d’apprendre à la gérer, progressivement, depuis le plus jeune âge.
  • Mettre des limites claires. Il est en particulier nécessaire de définir avec votre conjoint l’organisation et les principes de ce qui est autorisé et de ce qui ne l’est pas. Tout en laissant de la place à de l’imprévu et de la fantaisie, à la créativité.
  • Utiliser des outils pratiques, comme le bâton de parole ou le coussin à colère.

Aider mon enfant à exprimer ses émotions 
Depuis ces dernières années, la connaissance des émotions et l’importance qu’elles ont dans notre vie au quotidien a fait des progrès extraordinaire, notamment au travers des neurosciences. Une émotion, c’est un message qui vous informe si vous vous trouvez dans une situation agréable ou désagréable, voire s’il y a un danger. Apprendre à les connaître, à les nommer et à les gérer est fondamental.

Quand l’enfant ne s’exprime pas encore, c’est à nous, parents, de nommer les émotions en les décrivant par rapport à ce qu’il entend, voit ou ressent. « Je te sens excité, je te sens de bonne humeur, je te vois en colère, j’entends que tu es fâché, je te vois triste ». Il est important d’utiliser « je », le présent… et surtout de ne pas juger, mais de décrire. Progressivement, l’enfant va apprendre à les reconnaître par lui-même. Quand l’enfant commence à bien parler, les émotions deviennent un sujet d’échange courant. On lui demande « que ressens-tu ? ». Le dessin est aussi un excellent moyen d’échange au sujet des émotions dans toutes les situations où la parole est difficilement accessible, temporairement ou sur une plus longue durée.

Aider mon enfant à exprimer de manière constructive sa difficulté à accepter une règle 
La première source de difficulté pour accepter une règle serait que cette règle ne soit pas juste ou qu’elle n’ait pas de sens. Il est donc tout à fait nécessaire que l’adulte qui énonce une règle soit non seulement convaincu, mais aussi « aligné », cohérent avec ce qu’il dit, y compris dans le ton de la voix. 

De cela découle une règle fondamentale concernant les règles en famille, il est nécessaire d’être en accord avec l’autre parent, spécialement pour énoncer des règles communes et les faire appliquer avec la même rigueur.

Une piste pratique et très efficace pour apprendre progressivement l’intérêt et l’usage des règles, c’est l’utilisation des jeux de société et du sport. Outre le bon moment partagé, il s’agit d’une confrontation sans risque à la règle, à ce qu’elle produit de positif et à ce que sa transgression produit de négatif, en particulier l’exclusion.

Dans la relation enfant-adulte autour de la règle, il y a un fil rouge à conserver : ne pas avoir peur de ne pas être aimé. Au moment où l’adulte rappelle une règle, l’enjeu n’est pas d’éviter la colère de l’enfant ; si cette règle le dérange il peut, légitimement, être en colère. Il s’agit plutôt de lui transmettre notre conviction que nous agissons pour son bien ou pour l’harmonie du groupe.

Faire participer mon enfant aux tâches ménagères
On peut les faire participer pratiquement à tout âge. Cela commence par l’imitation. Il faut saisir cette motivation fondamentale et les rendre acteur au plus tôt. Bien sûr, il faut aussi accepter d’avance qu’il y aura des choses moins bien faites et qu’il y aura, indéfiniment, des hauts et des bas dans cette motivation et dans la coopération.

L’autre clé, il faut faire les choses avec eux, le plus longtemps possible, jusqu’à 8 à 10 ans. Et dans ce cadre, il sera plus facile de procéder par une « politique des petits pas », c’est-à-dire ne leur proposer que des tâches à leur portée en montant la difficulté très progressivement. Pour les plus petits, cela demande en particulier de changer les habitudes plusieurs fois par an, et pas seulement en début d’année scolaire.

Concrètement, un enfant qui renverse son verre d’eau ou son lait sur la table à 2 ou 3 ans, il ne s’agit pas d’abord de le « gronder » : l’enfant peut essuyer lui-même. Et on lui demandera « gentiment », c’est-à-dire sans colère, ni jugement. Ces premiers gestes sont des pas fondamentaux vers la responsabilité et l’autonomie. Dès 3 à 4 ans, on peut apprendre à mettre son linge sale dans le panier adéquat ; à 6 ans, on peut mettre le couvert ; à 7-8 ans, on peut participer à faire un plat ; à 10 ans on peut faire un repas complet (et tant pis pour l’état de la cuisine à la fin !).

Que penser de la punition ?
Marie-José LACROIX, psycho-sociologue et psychanalyste, dit : « l’éclatement de la cellule familiale, l’effritement de l’autorité parentale, la disparition des tabous, la consécration de l’enfant-roi, la montée en puissance de l’individualisme ; en quelques décennies, ce qui structurait l’individu a volé en éclat. Pour se construire socialement, une personnalité a besoin de contenant, c’est-à-dire d’éléments référents qui vont la contenir. Faute de quoi, il n’y a plus de soupape, plus de limites et c’est la porte ouverte aux désordres psychiques. » La punition est une de ces limites. Elle sert à matérialiser le dépassement des limites posées ensemble. Bien sûr, elle ne doit pas être une punition corporelle ni humiliante. Elle doit faire référence à l’acte que l’enfant a fait et pas à sa personne toute entière. Elle est donc un des éléments fondamentaux d'une éducation bienveillante et structurante.

La punition est demandée après l’événement, quand l’adulte a retrouvé son calme. Il regarde l’enfant dans les yeux, il utilise un ton calme et approprié, il est dans la description des faits… La demande va être proportionnée à l’acte de l’enfant et, le plus souvent, être dans la réparation de l’acte, en particulier quand il s’agit d’aller s’excuser, ou demander pardon, à la personne que l’enfant a agressée ou offensée. Et une fois que la demande est exprimée, l’adulte doit aller jusqu’au bout. L’exemple le plus frappant étant la durée d’interdiction de télé… qui ne doit jamais être levée avant son terme (et donc qui doit être adaptée et proportionnée dès le départ) et surtout pas par l’autre parent ! La cohérence de la punition conditionne son sens pour l’enfant.

Pour aller plus loin, l’association Oze propose régulièrement des ateliers d’éducation bienveillante. Ces ateliers sont un nouveau point de départ pour beaucoup de parents qui y découvrent des repères concrets, des astuces pour tous les jours, des apports d’experts, une première mise en pratique (sans risque) et bien sûr un temps d’échange avec d’autres parents. 

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