Eveil

L'Eveil Evolutionnaire d'Andrew Cohen : préface de Deepak Chopra en exclusivité

Publié le 18 avril 2013

Par Deepak Chopra.

LORSQU’UN LIVRE VOUS PARLE personnellement, vous entendez la voix de l’auteur murmurer à votre oreille, mais aussi à votre aspiration la plus profonde. C’est ce qui m’est arrivé avec Andrew Cohen, qui m’a fait voir ce que je brûlais de croire : il n’y a pas de meilleur moment pour être éveillé.

Enfant, j’avais facilement l’impression de ne pas être à ma place. Je me trouvais né trop tard pour tirer des flèches aux côtés d’Arjuna, pour méditer sous l’arbre de la Bodhi avec le Bouddha ou encore pour m’asseoir sur les coteaux du mont des Oliviers en Galilée pour y écouter le sermon. Aujourd’hui, le sentiment omniprésent, y compris dans les cercles spirituels les plus avancés, est qu’il faut regarder en arrière vers des époques où les humains étaient plus près de Dieu, de leur âme ou de la promesse de Moksha.

Il est donc très stimulant d’entendre un enseignant clamer d’une voix forte et passionnée que nous sommes bien à notre place. C’est l’un des nombreux messages qu’on peut trouver dans ces pages. Vous verrez combien Andrew sait prendre le pouls de notre vie moderne ; la justesse de son analyse des exigences et des distractions de notre monde bruyant et agité est celle d’un diagnosticien talentueux. Il y a bien longtemps, alors que je passais plusieurs heures par jour à poser des diagnostics pour des patients, j’ai appris qu’aucun de ceux-ci n’accepterait mes conseils tant qu’il ne comprendrait pas, de façon très simple, la première étape conduisant à la guérison. Celle-ci était toujours la même : "Vous allez aller mieux" Rassurer est un remède, même s’il ne peut être mis en bouteille, et dans ce livre Andrew m’a profondément touché et rassuré avec cette profonde conviction : Ne vous inquiétez pas. Il y a une place pour celui qui cherche. C’est l’univers qui vous a amené ici, à ce moment précis, afin que vous puissiez vous éveiller.

Le célèbre adage, un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas, est faux. Il commence en réalité avec la conviction que ce premier pas est possible. Or la plupart des gens manquent d’assurance pour toutes sortes de raisons. Certains se dévalorisent trop, s’empêchant d’aller au-delà des territoires limités du connu ; d’autres restent prisonniers de murs imaginaires ou sont bloqués à l’intérieur d’eux-mêmes ; d’autres encore sont paralysés par la timidité, la crainte, le doute et le scepticisme, quelles qu’en soient leurs nuances. Je partage complètement la perspective d’Andrew lorsqu’il demande : pourquoi certaines personnes nourrissent-elles une passion pour la spiritualité et d’autres non ? Je partage aussi sa réponse : c’est parce qu’elles ne se sont pas éveillées à l’impulsion évolutive à l’intérieur d’elles-mêmes. 

Il existe un autre adage, qui lui est vrai : une étincelle suffit à embraser une forêt entière. Littéralement cela veut dire qu’un aperçu fugace de votre soi authentique – qu’Andrew assimile à l’impulsion évolutive – sera si attractif que vous ne pourrez que suivre le chemin de votre propre évolution. Nous savons que c’est une tendance naturelle. Les enfants sont impatients de traverser toutes les étapes de leur développement. Avoir cinq ans n’a pas de charme quand à l’horizon vous pouvez en avoir six, puis sept et huit. Ce processus automatique recèle une magie intrinsèque que peu de monde réalise. Quand un enfant grandit, il n’a pas à renoncer à qui il est aujourd’hui pour devenir qui il sera demain. Les enfants restent simplement qui ils sont, tandis qu’à un niveau plus profond, le futur déroule la prochaine étape de leur développement.

Une fois adulte, nous perdons le lien avec cette magie, et comme Wordsworth disait : « Le monde est trop avec nous, tôt ou tard ». Je ne connais personne d’autre qu’Andrew Cohen qui soit si déterminé à restaurer cette magie, et le moyen en est très simple : il suffit de se reconnecter à l’impulsion évolutive. Cette impulsion prend sa source au-delà de l’espace et du temps, dans le domaine de la pure conscience. Elle s’est manifestée dans le monde physique jusqu’à se perdre derrière le masque du matérialisme ; l’esprit humain s’est laissé distraire par la danse de maya. Pour toutes ces raisons, l’impulsion évolutive a besoin d’être à nouveau révélée et décrite en détail, comme le fait ce livre de façon admirable. Et je fais totalement mien le point de vue d’Andrew, qui considère que la spiritualité traditionnelle a trop mis l’accent sur l’évasion, l’autre monde, le retrait et un fatalisme vis-à-vis du monde des affaires corrompu. 

Par définition, l’impulsion évolutive change son point de focalisation au fur et à mesure que la société humaine se transforme. Au VIème siècle avant Jésus-Christ, la personne lambda était en mode survie. Comme ses besoins et ses soucis étaient drastiques, il était séduisant de se retirer dans la paix et le silence intérieurs. Dans cet espace, la communion avec le transcendant s’avérait être infiniment fascinante. Mais il était vrai également que limiter l’esprit à cette paix intérieure – ou même au monde intérieur – était trompeur. La transcendance infuse toute chose ; il n’y a qu’une réalité provenant de la même source.

Le problème est que nous vivons tous dans la dualité, et nos esprits ont été façonnés pour considérer la dualité comme réelle. Notre moi est divisé et nous percevons le monde en termes d’opposition, vrai et faux, bien et mal, lumière et ténèbres. Comment pouvons-nous nous transformer pour atteindre l’unité quand la dualité est le seul véhicule que nous ayons ? Autant essayer de sécher un poisson dans l’eau ! Après avoir brillamment révélé la nature de la dualité et la fascination qu’elle exerce sur nous, ce livre prescrit une cure pour le moi divisé. J’ai particulièrement été séduit par les cinq titres des chapitres décrivant les principes de l’Éveil Évolutionnaire :

  • La Clarté d’intention
  • Le Pouvoir de la volition
  • Faire face à tout et ne rien éviter 
  • La Perspective du processus
  • La Conscience cosmique. 

C’est là je crois qu’Andrew révèle la quintessence de la transformation du soi, et chaque clé étant cruciale, j’aimerais les commenter les unes après les autres.

La Clarté d’intention : rien n’a plus de force que l’intention, car elle est le résultat de trois ingrédients : le désir, la constance vis-à-vis du but, et la profondeur de l’attention. Ce sont les trois facettes de Samyama, connues dans la tradition indienne. Quand une personne maîtrise le Samyama, chacune de ses intentions est soutenue par le cosmos entier, ou pour parler plus prosaïquement, ce que vous voulez est ce que l’impulsion évolutive veut pour vous.

La clarté est alors bien plus que de se dire « Je sais vraiment que je veux être riche » – ou tout autre rêve dont on souhaite la réalisation. En fait, la clarté signifie que vous avez utilisé la conscience qui est la vôtre, pour acquérir les trois aspects de Samyama :

Vous avez un désir, qui est aligné avec celui, plus global, d’évoluer et de grandir.

Votre but est suffisamment constant pour vous permettre de suivre la réponse que l’univers donne à votre désir, peu importe où cela vous mène.

Vous êtes pleinement ancré dans votre conscience, si bien que les messages justes peuvent passer et être entendus – après tout, vous ne pouvez rien recevoir ni agir à partir de quelque chose dont vous n’avez pas conscience. Je restitue ici l’essentiel de ce qui m’a personnellement impacté. Andrew va dans le détail et nous offre une perspective transpersonnelle et éveillée d’une immense valeur. 

Le Pouvoir de la volition : Andrew aborde là un ancien enseignement, Aham Brahmasni, ou « Je suis l’Univers ». Ce principe me tient à cœur car je trouve impensable d’être éveillé dans un monde de ténèbres et d’ignorance. La tradition soutient le contraire, du moins la tradition de la réclusion, qui incite les chercheurs spirituels à laisser le monde derrière eux afin de se retirer dans la solitude. En Inde, on entend divers swamis et yogis parler du monde comme de « la boue » par contraste à l’endroit spirituel pur où ils sont, généralement sur les plus hautes et vivifiantes cimes de l’Himalaya.

Vous ne pouvez soigner des patients malades et essayer d’alléger leur souðrance en les considérant comme des créatures de « la boue ». Je fais aussi partie de cette boue, comme tout un chacun. Il est de notre responsabilité de changer notre environnement à tous les niveaux, en commençant par le niveau spirituel, si nous voulons que les êtres humains fassent le prochain saut évolutif. Je n’ai jamais entendu un appel à la responsabilité aussi retentissant et tonique que celui que lance Andrew.

Faire face à tout et ne rien éviter : Andrew appelle ce principe, à juste titre, la «libération de l’attention». Nous sommes tous prisonniers des limites de ce que nous appelons notre capacité de conscience «normale», et l’impulsion évolutive veut, avant toute chose, nous rendre libre. William Blake évoquait quelque chose de similaire avec ses «menottes forgées par l’esprit», et Andrew rejoint ici une longue lignée de visionnaires inspirés. Ce qu’il apporte en plus est à nouveau réconfortant. Si vous faites face à tout dans la vie, vous ne serez ni en danger ni vulnérable, telle une créature aquatique arrachée à sa coquille, tremblante sous le soleil ardent. C’est par crainte que nous retardons sans cesse ces confrontations, car nous pensons manquer de courage existentiel pour les supporter.

Nous avons surtout besoin de nous assurer que faire face à tout, c’est agir conformément à notre évolution. Rien n’est plus naturel que l’évolution : cela n’implique ni bataille ni crainte. Le chemin que propose Andrew requiert pourtant du courage. Les percées de conscience ne peuvent pas aider, mais elles contiennent en elles l’idée de «percer», et c’est bien parce qu’on démantèle les murs de nos anciens conditionnements qu’on peut faire face aux émotions et aux mémoires, qu’il est sinon si facile d’enterrer. Ce qui rend ces ruptures supportables – voire même attrayantes – est, qu’en faisant face à tout, nous réveillons en nous des pouvoirs dormants, qui ont la capacité de tout embrasser. Un prisonnier peut se façonner un petit cocon bien confortable dans un petit espace confiné, mais cela n’est rien en comparaison du pouvoir de la libération.

La Perspective du processus : lorsque vous êtes prêt à regarder tous les aspects de votre vie, elle cesse d’être «votre» vie. C’est- à-dire qu’elle n’appartient pas à un individu isolé, qui peut être étiqueté selon des critères pratiques!: ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas, votre race et votre religion, vos amis et vos ennemis. À la place, émerge une perspective impersonnelle. «Impersonnel» n’est pas vraiment un terme qui emplit le cœur d’espoir, mais je pense qu’Andrew a raison de l’utiliser. Un synonyme plus facile à entendre serait «universel». Le petit moi évolue pour devenir le moi universel. Vous découvrez alors votre vrai statut d’enfant du cosmos. 

Il n’est pas aisé de garder à l’esprit cet héritage cosmique quand quelqu’un emboutit votre voiture ou que la personne dont vous êtes épris n’est pas intéressée par vous. Il vaut mieux se focaliser sur le processus, et prendre chaque étape comme elle se présente, en constituant une magnifique mosaïque à partir des petits cailloux qui jonchent la plage. L’accent qu’Andrew met sur le processus est à mes yeux un des aspects les plus pratiques de la poursuite de l’impulsion évolutive.

La Conscience cosmique : beaucoup de lecteurs vont s’y méprendre car ici Andrew parle de conscience morale. L’éveil est la plus grande des récompenses, après y avoir travaillé avec ardeur année après année, nous espérons être inondés de richesses spirituelles – ou d’abondance – que le reste du monde pourra alors admirer. C’est une idée réconfortante lors de ces longues nuits noires de l’âme, ou lors d’après-midis sombres. Mais l’impulsion évolutive prend soin du futur de tous ; c’est pourquoi sa conscience «morale», si on peut utiliser ce terme, prend soin de tout ce qui est bon pour chacun, sans exclure aucun être vivant.

Il est sage et juste de la part d’Andrew de nous enjoindre d’avoir une telle conscience morale. Elle ne vous tombe pas miraculeusement dessus le jour où vous devenez un saint plutôt qu’un simple quidam. La conscience morale cosmique est une expression de la passion pour l’évolution, et plus vous aspirez à vous transformer et plus vous vous verrez en lien avec le vivant. Ce point de vue tient une place d’honneur dans l’enseignement du Bouddha, mais Andrew le redéfinit pour l’époque moderne, comme l’ensemble de ce livre unique, qui vous ouvrira les yeux. 

Les cinq principes d’une vie éveillée suffisent pour changer le monde. Combien de fois, après avoir entendu une telle phrase, vous êtes vous dit : « Mais rien ne changera vraiment jamais. Le monde va continuer tel qu’il a toujours été. » En l’occurrence, c’est le contraire qui est vrai. Le monde ne peut que changer : le plan cosmique est évolutif, et ce depuis le début, et même avant. Personne ne peut échapper au processus de l’évolution. Nous pouvons être sourds à cette vérité ; nous pouvons rejoindre le camp de la résistance au changement. C’est le choix conscient qui fait la différence. À la question de savoir ce qui arriverait si un individu ne s’éveillait pas à l’impulsion évolutive, un sage enseignant a répondu : « Le plan divin n’a pas besoin de vous pour réussir. Mais vous pouvez choisir que sa réussite passe par vous. » Tel est le choix que proposent, avec une imagination et une vision puissantes, les pages qui suivent. 

L'Eveil évolutionnaire, Andrew Cohen. Les éditions du Relié. 

*** OFFRE SPÉCIALE RÉSERVÉE AUX LECTRICES DE FEMININBIO : Le 1er chapitre du livre L'Eveil Evolutionnaire est offert (format pdf) en faisant la demande sur enlightennext.fr.

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