Pilule

Pilule de 3ème génération : les risques expliqués par le Dr Bérengère Arnal

Publié le 9 janvier 2013
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
La pilule, un moyen de contraception loin d'être anodin
La pilule, un moyen de contraception loin d'être anodin
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La pilule est accusée d'augmenter les risques de thromboses veineuses, de phlébites ou encore de cancer du sein. D'après le Dr Bérengère Arnal, la prescription d'un moyen de contraception hormonal devrait être plus encadrée. Le point sur les risques associés à un médicament devenu, à tort, banal, et les moyens naturels de l'accompagner.

Mi-décembre une jeune femme victime d'un accident vasculaire cérébral a porté plainte dénonçant les risques liés à la pilule de 3ème génération. Depuis, Marisol Touraine, Ministre de la santé a annoncé que ces pilules ne seraient plus remboursées à partir de Mars 2013. Pourquoi ne faut-il pas banaliser la pilule, quels sont les vrais risques liés à la prise d'hormone comme moyen de contraception, quels moyens naturels peuvent accompagner la prise de pilule ? Le Dr Bérengère Arnal, gynécologue, fondatrice de l'association Au sein des femmes et membre du comité éthique et scientifique de FemininBio lève le voile sur les dangers liés aux médicaments hormonaux. 

Pourquoi la pilule est-elle devenu "banale", et surtout le premier moyen de contraception à être prescrit aux jeunes filles ? Cette tendance peut-elle changer ?

Nous allons fêter cette année le 40ème anniversaire de la mise sur le marché en 1973 de la première pilule contraceptive, Stédiril. Ce fut  une libération pour la femme que l’on ne peut nier, une protection face aux risques en lien avec l’avortement. Mais sans parler de la longue liste d’effets secondaires, la pilule contraceptive a placé la femme dans une situation d’asservissement face à la contraception du couple. C’est à la femme d’assumer seule la contraception, non sans risques.

D’autre part, la banalisation de la pilule la fait considérer par la jeune fille, comme  un produit inoffensif (presque comme un bonbon). Il est de bon ton dès le collège, de faire comme les copines, fumer et prendre la pilule, ce qui en aggrave les risques. Et parfois même sans qu’elle ait un réel besoin contraceptif, ou juste pour empêcher des règles douloureuses (des traitements naturels sont souvent suffisants pour cette indication) … Il y a une nécessité de rappeler que le préservatif masculin est une priorité pour la protection contre les maladies sexuellement transmissibles,  il ne doit pas être oublié. 

Enfin, la tendance à la prescription prioritaire de la pilule aux jeunes filles ne paraît pas devoir s’inverser.

Les risques sont-ils similaires pour les autres moyens de contraception hormonaux ? (stérilets, patch etc)

Le stérilet au cuivre ne majore pas le risque. 

Il n’est pas mentionné dans la fiche Vidal que le stérilet au lévonorgestrel majore le risque. 

L'anneau vaginal oestro-progestatif majore le risque mais semble-t-il moins que les pilules de 3ème et 4ème génération. 

Le patch oestro-progestatif majore le risque de façon telle que la Revue Prescrire a publié un article en 2007 sur la balance bénéfices-risques de plus en plus défavorable. 

Faut-il, comme le préconise l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), réserver la prescription de pilule aux seuls gynécologues ?

c’est une offense faite aux médecins généralistes, qui sont tout autant capables que les gynécologues, d’apprécier les risques par l’interrogatoire, de prescrire un bilan complet (lipidique, glycémie, thrombophilie), de conseiller l’arrêt du tabac, de l’alcool, de choisir la pilule la plus adéquate

Les médecins (notamment du CNGOF) craignent la "panique à la pilule" et par conséquent une augmentation du nombre d'IVG en France. Qu'en pensez-vous ?

C’est un risque effectivement, et je pense qu’il ne faut pas tomber dans une situation de diabolisation de la pilule. Certaines pilules anciennes (qui ont 20, 30, 40 ans d’existence) devraient être retirées du marché ou tout au moins déremboursées. Et surtout, la prescription d’une pilule par le médecin devrait être moins banalisée, plus encadrée, moins dépendante du pouvoir des laboratoires. 

Que conseillez-vous aux femmes qui prennent la pilule depuis des années ?

Je leur conseille de mettre un stérilet au cuivre, même aux femmes sans enfant, il s’agit alors d’un plus petit stérilet. Si elles ne souhaitent plus d’enfant, je propose au mari une vasectomie ou à la femme une méthode de stérilisation définitive (ligature des trompes ou méthode Essure). 

Quels sont les moyens naturels qui peuvent accompagner la prise de pilule et ainsi en diminuer les effets secondaires ?

L'homéopathie, la phytothérapie, l’oligothérapie peuvent être proposées et associées pour une meilleure tolérance de la pilule. 

Que répondez-vous à ceux qui rétorquent que le risque de thromboses est deux fois plus élevé au cours d'une grossesse qu'avec une contraception ? 

Je leur réponds que si une femme prend déjà un risque plus important de thrombose au cours de sa vie lors de ses grossesses, il ne me semble pas judicieux pour sa contraception de continuer à majorer ce risque. 

 

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Réactions à l'article
Par MILUNE le 11 janvier 2013 à 22h57
Ah la pilule!

D'accord pour ne pas banaliser la pilule : c'est un médicament avec tout ce que cela comporte de positif lorsqu'il est pris "sous contrôle" et en connaissance de cause et en donnant toutes les informations par celui qui la prescrit . Mais j'ai décidé de réagir spontanément lorsque que j'ai lu qu'elle mettait la femme dans une situation "d'asservissement" face à la contraception du couple !!!!!! Si l'asservissement est le fait de choisir réellement le moment ou l'on veut devenir mère , et celui de ne pas risquer de passer par la case IVG alors oui je veux bien être asservie de la sorte . Les générations de nos mères qui hésitaient entre OGINO et abstinence en ont assez pleuré .....de rage.
Alors OUI pour une information toujours plus précise par les médecins et sages-femmes prescripteurs qui sont compétents pour aider la femme à choisir le mode de contraception le plus adapté à sa vie et à sa santé . Et NON on ne fera croire à personne que la contraception masculine efficace et définitive ( la vasectomie ) est le choix d'avenir , cela restera un choix très exceptionnel pour encore des générations d'abord parce que c'est irréversible.

Évitons de diaboliser, de généraliser et de banaliser ce qui reste un domaine médical . La prescription d'une contraception adaptée à chacune , bien tolérée et sous contrôles réguliers reste le but et le bon sens du prescripteur sera , en plein accord avec sa patiente , de lui faire connaître le moyen qui sera le sien à telle ou telle période de sa vie de femme ...libre et informée.

Par Luisa le 28 janvier 2013 à 13h36
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