Relation

Quelle part de responsabilités jouons-nous dans nos relations toxiques ?

Publié le 14 mai 2014
Christine Marsan est psychothérapeute et coach, écrivain et conférencière au service de l'humain, de la coopération et de la mutation de la société
Pour limiter les cas d'envahissement : trouver un nouvel espace de dialogue dans lequel chacun a son espace.
Pour limiter les cas d'envahissement : trouver un nouvel espace de dialogue dans lequel chacun a son espace.

Patron harceleur, amie envahissante, cousine je-sais-tout... Nous accusons souvent l'autre d'être à l'origine de nos problèmes. Mais quelle part jouons-nous dans chaque situation relationnelle ?

Combien parmi nous ont un jour pesté contre leur compagnon, ami, collègue, patron ? Combien de fois nous sommes-nous dit que franchement, si les autres pouvaient changer, voire nous ressembler, la vie serait sans doute plus simple ? Parfois des relations peuvent être vraiment "toxiques", mais le mal n'est pas toujours là où on l'attend. 

Les cas de harcèlement

Combien d’entre nous ont connu dans la sphère professionnelle ou personnelle, une personne qui nous a malmenée ? Petites remarques corrosives, critiques à répétition, dévalorisations, cynisme, remarques blessantes en public etc. Ces caractéristiques de harcèlement sont malheureusement plus courantes que l’on ne le croit. Fruit de souffrances propres à celui qui les inflige aux autres, ces comportements sont odieux et font énormément de mal à celui qui les subit. Les cibles privilégiées sont, bien entendu, les personnes qui ont peu confiance en elles et qui vont croire en ces remarques. Il faut de la force et une belle estime de soi pour ne pas se laisser prendre par cette glue relationnelle, cette emprise nauséabonde qui détruit l’autre à petit feu. 

Le bon conseil : Trouver autour de soi une ou plusieurs personnes, ressources, auprès desquelles déposer doutes, malaises et difficultés perçues afin de prendre du recul, y voir clair et retrouver sa confiance en soi. 

Les cas d’envahissement ou d’ingérence 

Il y a aussi les cas où une personne vous envahit, soit par la fréquence de ses appels, soit par le fait qu’elle vous parle sans cesse de ses problèmes, et que vous ne sentez plus avoir d’espace pour vous exprimer. Vous écoutez, vous écoutez et vous avez l’impression de service de déversoir. Cela peut aussi être la personne qui se mêle de votre vie, vous donne des avis sur tout, s’immisce dans votre vie intime et porte des jugements sur votre conjoint, vos enfants, et vous sentez que parfois cela vous fait douter. 

Le bon conseil : Trouver les mots justes et posés (voir les méthodes de communication : la CNV, la Méthode Gordon) pour lui dire sereinement que vous avez d’autres besoins relationnels, que vous ne trouvez pas juste d’être principalement dans la posture d’écoute, sans avoir été consultée au préalable sur vos besoins et envies. Trouver un nouvel espace de dialogue dans lequel chacun a son espace. 

Et si nous avions notre part de responsabilité dans la relation ? 

Nous savons bien qu’il est plus facile de reporter sur autrui les causes de nos problèmes, que de regarder la part que nous jouons dans une situation.

Et si l’autre n’était que le miroir de nous-même, le reflet de là où nous en sommes, de ce que nous laissons transparaître, de nos parts d’ombre, de tout ce qui est irrésolu ? Ainsi, le harceleur s’engouffre-t-il dans cette partie de nous qui n’est pas sûre d’elle, qui se sent fragile, dépendante de l’autre, qui a besoin d’être en lien coûte que coûte, même si c’est avec une personne qui nous est "incompatible". Le besoin d’amour est tel que nous préférons être "mal accompagné" que seul. 

Pourtant, il n’existe personne qui soit "bien" ou "mal" mais davantage qui nous corresponde ou pas, et il est tout à fait intéressant d’apprécier le résultat de notre développement intérieur en fonction de la personne avec laquelle nous vivons. Parfois la vie nous secoue, nous malmène tellement que le doute pourrait s'installer. Et si nous nous sentons perdue, que nous ne savons plus qui nous sommes, voire même que notre valeur ou notre identité est remise en cause, regardons dans les yeux de l'autre, proche, qui nous accompagne sur le chemin de la vie et découvrons, en miroir, qui nous sommes ou qui nous sommes devenue. Belle surprise.... Dégustons. 

Ainsi, rares sont les personnes toxiques, et si nous en avons le sentiment, saisissons cette occasion pour aller regarder en nous ce qu’il convient de transformer, guérir, apaiser, réconcilier. Alors la toxicité disparaît et chacun peut continuer son chemin sans agressivité l’un envers l’autre.

L'experte : 

Christine Marsan est psychologue, psychothérapeute, coach, consultante en accompagnement au changement et des mutations en entreprise et écrivain. Elle organise des groupes de thérapie intensive, des stages autour d’Oser changer sa vie et est l'auteur de plus de 15 ouvrages, dont : Chemin de Soi (Le Manuscrit, 2007), Choisir la paix (InterEditions, 2012) et Oser changer sa vie (Jouvence, 2013).

Participez au stage Chemin de soi du 29 mai au 1er juin 2014 avec Christine Marsan.

>> Pour une expérience de lecture optimisée, retrouvez cet article dans le dossier spécial détox du magazine iPad de mai 2014, en téléchargement gratuit sur l’AppStore

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