Ventre

Qu'avons-nous fait de notre ventre ?

Publié le 13 mars 2014
Sylvie BÉRUBÉ a cofondé l’École internationale du Féminin sacré à Montréal. Elle est l’auteure de livres comme "Dans le ventre d’Ève, à la découverte du féminin en soi" (éditions Véga). Elle est aussi, au Canada et en Europe, formatrice de thérapeutes en Méthode de Libération des Cuirasses (MLC©)
Sylvie Bérubé encourage les femmes à entretenir leur ventre pour le rendre souple et moelleux.
Sylvie Bérubé encourage les femmes à entretenir leur ventre pour le rendre souple et moelleux.

Pour toutes sortes de raisons, les femmes ne veulent pas avoir de ventre, elles le cachent ou le durcissent. Elles bloquent alors l’énergie vitale de cet espace sacré qui siège en elle.

Aimez-vous votre ventre ? Tentez-vous de le camoufler ? Est-il trop gros, trop mou, trop dur, vide, plein, douloureux ? Quels sont ses mots et ses maux ? Les femmes sont souvent mal à l'aise pour en parler. 

Halte au diktat de la mode !

La relation à notre ventre est essentiellement dictée par la mode et le souci d’afficher une belle apparence. Nous durcissons notre abdomen en travaillant notre musculature et visons un modèle physique idéal qui ne se préoccupe guère de notre santé. Les femmes veulent ressembler à des mannequins qui nous montrent des corps d’enfant ou d’adolescente. 

Il serait pourtant si primordial que la société nous présente de belles femmes, épanouies dans leur féminité et leur sexualité. Car le souci d’un ventre plat et dur fait preuve d’une absence de conscience. Pour ma part, j’encourage les femmes à entretenir leur ventre pour le rendre souple et moelleux. Que l’énergie vitale et sa puissance créative circulent librement. 

En Asie, les Taoïstes valorisent le Dan Tian et les Japonais, le Hara, cette zone située au niveau du nombril qui englobe l’ensemble du bas-ventre. Ils cherchent à remplir le ventre de Qi ou de Ki, l’énergie vitale, et mettent l’accent sur l’importance de maintenir un Hara fort et en bonne santé. Un ventre sain exprime le calme et la sérénité ; il implique nécessairement une relation avec la terre. 

L’image du guerrier pacifique représente bien cette force tranquille : un individu dont le pouvoir se situe davantage dans la souplesse du corps et de l’esprit que dans celui de la force physique. 

Le ventre, foyer de toutes nos blessures et de toutes nos forces 

De nombreux chercheurs aujourd’hui se préoccupent de la santé du ventre, notre "deuxième cerveau". Certains ont constaté que moult désagréments (fatigue, dépression, maux de dos, insomnie, etc.) y prenaient naissance tandis que d’autres y ont découvert un réseau de neurotransmetteurs identiques à ceux de notre cerveau. 

Dans son ouvrage, "Ce que les maux de ventre disent de notre passé" (Petite Bibliothèque, Payot), le Dr Ghislain Devroed établit des corrélations entre les maux de ventre et notre difficulté à nous épanouir dans notre féminité et notre sexualité. 

Rappelons que dans le ventre se situent les organes reliés à la reproduction et à la sexualité (les ovaires et l’utérus), mais aussi ceux liés à l’élimination (les intestins et les reins). Psychiquement, nos tripes sont liées à la capacité de laisser aller le passé, de nous libérer de ses mémoires. Si nous les retenons, nous nous constipons. 

Ainsi, dans le ventre de toutes les femmes, se logeraient leurs peurs, leurs blessures (honte, culpabilité, impuissance, désespoir, tristesse, colère, contrôle, insécurité), mais aussi leurs pouvoirs. 

Il est donc nécessaire et souvent urgent d’alléger ce ventre, de libérer ses mémoires, de l'assouplir, de lui redonner sa tonicité afin de libérer les émotions accumulées qu'il contient pour retrouver notre puissance créatrice. 

Notre ventre, temple de la femme 

Le ventre de la femme est un véritable temple sacré. Lorsqu’elle est pénétrée dans son temple, son utérus, avec respect et honneur, sa terre est moissonnée, labourée, prête à accueillir de nouvelles semences, et l’orgasme joue son rôle pour purifier les mémoires de cette terre, vivifier les cellules du ventre et connaître la légèreté de l’être. Cette mémoire a été transmise de génération en génération, par le cordon ombilical. 

Oui, nous sommes toutes et tous passés par le ventre d’une femme pour naître à la vie. Nous avons tous vibré dans le ventre de notre mère par un lien physique et psychique à ce qu’elle vivait (situation avec le père, avec sa famille, sa situation financière), à ce qu’elle ressentait (joie, amour, peur, tristesse, colère, rage, honte, culpabilité) et à ce qu’elle pensait (d’elle-même, du bébé à venir, des hommes, des femmes, de la Vie). 

Alors, quelle est donc l’histoire de votre ventre ? Comment parle-t-il de votre utérus, de vos ovaires, de votre sexualité, de votre créativité, de votre féminité, de vos mémoires ? 

Le ventre de la femme a besoin de plus de souplesse, de légèreté et de joie. Voilà pourquoi la femme aime tant danser. Elle se libère à travers le mouvement. 

Dans mes séminaires, j’offre différents moyens pour guider les femmes à retrouver toute cette douceur, cette souplesse et cette joie d’être une femme. Guider les femmes à entrer en relation intime avec leur ventre, à libérer leurs émotions accumulées, leurs mémoires du passé est un grand service à rendre à l’inconscient collectif des femmes. 

L'experte :   

Sylvie BÉRUBÉ a cofondé l’École internationale du Féminin sacré à Montréal. Elle est l’auteure de livres comme "Dans le ventre d’Ève, à la découverte du féminin en soi" (éditions Véga). Elle est aussi, au Canada et en Europe, formatrice de thérapeutes en Méthode de Libération des Cuirasses (MLC©). Elle organise le 1er Festival du Féminin à Montréal du 3 au 5 octobre 2014.  

Prochain stage à Paris : "Dans le ventre d’Ève", du 19 au 21 avril 2014, au Centre Tao Paris. 

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