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Education : Freiner l'envie de mentir chez l'enfant

Publié le 12 juin 2015
Pédopsychiatre en secteur libéral et au CHU de Montpellier, le Dr Rafi Kojayanparu exerce également une activité d’enseignant et de chercheur au sein de l’AFREE (Association de Formation et de Recherche sur l’Enfant et son Environnement).
© Pixabay

Dans la construction de son identité et son apprentissage de la vie en société, votre enfant découvrira le mensonge. Une perspective peut réjouissante mais qui fait partie de son éducation. Quelques conseils pour bien gérer la situation.

Il ne cesse de raconter des bobards à tout bout de champ : à l’école, à la maison, avec les copains... quelle mouche l’a donc piqué ? Il s’invente des supers pouvoirs, raconte partout qu’il a une pièce remplie de Lego, que son papa travaille dans une fabrique de jouets.
Vers 3 ans, il mentira plutôt parce qu’il ne distingue pas encore l’imaginaire du réel. Le mensonge peut être le prolongement d’une histoire qu’on lui raconte par exemple.
Un peu plus grand, il peut mentir d’abord parce qu’il est pris au dépourvu par vos questions et qu’il ne sait pas quoi répondre. Il dit alors ce qui lui passe par la tête. Il peut mentir aussi pour éviter de faire de la peine à ses parents, mentir par périodes pour ne pas être puni, pour préserver son image et éviter le conflit, ou bien encore pour amuser les copains, impressionner ou dépasser une crainte ou une inhibition.
Vers 6 ans, votre enfant commence à distinguer le vrai du faux. Une part de plaisir s’installe dans le mensonge. Tant qu’il reste occasionnel, il n’y a pas de quoi s’affoler. S’il est récurrent, vous avez peut-être affaire à un petit manipulateur.
  • Lui dire qu’on sait qu’il ment
Sans l’accuser ou le réprimander. En lui précisant simplement que nous savons que ce qu’il dit n’est pas vrai. En agissant ainsi, vous aidez votre enfant à faire la part des choses entre le réel et l’imaginaire. Vous pouvez lui dire : « C’est compliqué de te croire, car on ne sait pas toujours ce que tu penses.» Parlez-lui également de ses copains : «Tes amis risquent de ne plus te croire.»
  • Ne rentrez pas dans son jeu
N’adhérez pas à ses élucubrations, il risquerait de s’y perdre lui-même. Maintenez-le toujours dans le monde réel : «Je sais que tu aimes raconter des histoires, mais là, ça devient compliqué de te suivre. »
  • Ne le traitez pas de menteur
Au risque de le blesser et de fragiliser sa confiance en lui. Il a besoin de sentir que vous avez toujours confiance, même s’il vous ment. Prenez votre temps pour comprendre la fonction de son mensonge : il veut protéger ses parents ou il se sent trop brimer et doit mentir pour éprouver une sensation de liberté, il a du mal à croire en la capacité de ses parents à l’écouter... Vous pouvez aussi l’inviter à se demander comment il vit lui-même ce mensonge : « Est-ce que ça te plaît de mentir ? Qu’est-ce que ça te fait dans le corps ? »
  • Réparation plutôt que punition
C’est beaucoup plus constructif pour lui et cela va l’aider à prendre conscience de ses actes. Il dit qu’il n’a pas fait tomber par terre les pommes qui étaient dans la coupe à fruits alors que vous savez très bien qu’il est fautif. Demandez-lui de les ramasser et de les remettre en place.
  • Punir s’il y a un réel danger
Le mensonge peut parfois avoir des conséquences graves en mettant par exemple en danger la vie de votre enfant ou celle des autres. Par exemple s’il propose à sa cousine un comprimé en guise de bonbon. Dans ce cas, pas de discussion ou de négociation. La punition s’impose.
 

Cet article est un extrait du livre L'éducation positive, c'est malin, du Dr Rafi Kojayanparu et Sandrine Catalan-Massé paru aux Editions Leduc.S
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