Interview

Il n'est jamais trop tard pour changer de vie ! Témoignage de Muriel

Publié le 12 février 2014
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
A 50 ans, Muriel a tout plaqué pour changer de vie
A 50 ans, Muriel a tout plaqué pour changer de vie

Muriel travaille dans le Génie Civil, elle est une heureuse célibataire qui approche les 50 ans. Mais la "crise de milieu de vie" est passée par là. Changement de cap, amour de jeunesse retrouvé et direction la Suisse pour le début d'une nouvelle vie qu'elle ne regrette jamais.

Nous sommes en 2002, j’approche gentiment mais surement de la cinquantaine, je suis assistante de direction dans un gros bureau d’études spécialisé en Génie Civil. Après avoir tâté sans succès des clubs de rencontre et autres agences matrimoniales, je me suis finalement résignée à un célibat que je partage avec de nombreux amis, je profite pleinement de toutes les opportunités culturelles que m’offre Paris que j’adore. J’ai une famille en or et deux sœurs qui ont eu la gentillesse de me faire cinq enfants donc je suis Tatie Tata donc Maman de remplacement et si ce n’est pas la panacée, c’est déjà pas mal !
J’ai un joli appartement que je viens de rénover complètement et je m’apprête à partir au Club Med en Turquie avec ma meilleure amie. En un mot, ma vie me plait et en gros « ça baigne ».

50 ans et l'envie de croquer la vie

Mais c’est compter sans la CMV (terme inventé par une de mes amies) Crise de Milieu de Vie. Evidemment, nos parents n’ont jamais connu cela, mais voilà ,à 50 ans, notre vie est loin d’être finie et on fait déjà la même chose depuis 20 ans, on a envie d’autre chose mais on ne sait pas trop de quoi. Certes, à 50 ans, il est trop tard pour devenir danseuse étoile au Bolchoï … mais on a un peu fait le tour de pas mal de choses.

Donc à mon retour de Turquie, je commence à discuter avec mon employeur d’un licenciement transactionnel, cinq ans de génie civil, ça suffit ….

Me voilà sur mon bel ordinateur tout neuf en train de naviguer sur le Net. Et là, coup de folie, je me mets à chercher tout autre chose : en l’occurrence, je tape le nom de mon premier amour, un Suisse que j’avais connu à l’Uni en Allemagne. J’avais 20 ans, on était jeunes et beaux. Il allait faire une école d’officier en Suisse et moi j’allais partir aux Etats-Unis et en Grande Bretagne.

Je trouve le nom et le numéro de téléphone. Et là second coup de folie, et bien que le sachant marié, je compose le numéro. Nous sommes le vendredi 4 octobre, il est 10h14 et il me répond. Me reconnait et me dit… qu’il a divorcé!

Un amour de jeunesse qui revit

Le 11 octobre, je descends du train à Geneve. Ah bien sûr, les cheveux sont plus rares, nous avons pris du poids mais il a toujours le même regard vert et un sourire lumineux inoubliable. Si je dis qu’il a pris ma main et ne l’a plus lâchée cela fait « roman rose » et c’est pourtant la vérité.

Pendant deux ans, ce seront des allers retours entre Paris et Fribourg, je suis prête à tout pour la vivre mon histoire d’amour enfin ! Après c’est promis, je rentrerai dans le rang. Le caporal est devenu colonel dans l’armée suisse et moi j’ai encore deux ans d’allocations chômage avant de vraiment être à bout de ressources.

Et puis, la souris des villes est devenu souris des champs et nous nous sommes mariés pour mes 50 ans. J’ai quitté Paris pour Gumefens, village sur le lac de Gruyere … J’ai mis mon appart en location et la jeune cadre dans une Europe en marche est devenu spécialiste des confitures, des conserves et du jardinage, femme d’intérieur et d’extérieur. Celle qui jurait que la chlorophylle des platanes des boulevards lui suffisait a désormais des vaches qui broutent devant sa fenêtre.

Une vie nouvelle et pétillante après la cinquantaine

A 50 ans (comme quoi il n’est jamais trop tard), j’ai changé radicalement de vie et de qualité de vie. Ce sont mes amis parisiens qui n’en reviennent pas, mais de avril à aout ma maison ne désemplit pas. Je leur apprends le luxe de l’espace, des ballades en montagne, des promenades en forêt, du « faites seulement » suisse, ici pas de stress … On est naturellement locavore et bio depuis longtemps.

Je retourne souvent à Paris, mais au bout de deux semaines, j’ai hâte de retrouver la paisible Gruyere.

J’ai appris à regarder la nature. Je ne savais pas que contempler un glacier qui se jette dans un lac de montagne avec les sifflements des marmottes en fond sonore pouvait procurer une plénitude infinie et une paix intérieure totale.

Cela fait dix ans maintenant que j’ai changé de vie et je ne regrette rien au contraire !

Du haut de mes bientôt 60 ans, je peux dire simplement que la vie est toujours pleine de surprises… Parfois il faut suivre ce qui nous parait un coup de folie. Il faut croire et oser … J’ai cru en la vie, j’ai osé en changer et pour le moment je m’en porte plutôt bien ! 

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Par couettesoie78 le 17 février 2014 à 11h46
réaction à l'article changer de vie de Muriel

Merci pour ce coup de jeune, Muriel !!! Je connais le lac de La Gruyère ... magique comme endroit...un peu difficile à trouver quand on sort de l'autoroute pour montrer cet endroit magique à ses 2 petites filles... moi aussi j'ai ..un peu changé de vie en créant ma société à...59 ans...contre vents et marées....et elle tourne...99% des clients enchantés...comme quoi...il y a toujours un soleil qui brille quelque part... Marie-Claire SCHWOOB

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