Santé

Le périnée, cet inconnu

Publié le 22 janvier 2016 - Mis à jour le 27 juillet 2016
Thérapeute pratiquant diverses techniques de médecines douces, elle s'est spécialisée dans le bien-être féminin. Davantage de renseignements sur son site internet : Cabinetmedecinesdouces.fr
Renforcer votre périnée vous permet d’augmenter vos sensations sexuelles ainsi que celles de votre partenaire
Renforcer votre périnée vous permet d’augmenter vos sensations sexuelles ainsi que celles de votre partenaire
© Fotolia

De nos jours, le périnée est souvent oublié. Les femmes ne le connaissent pas, ou l’ignorent totalement. Mis à rude épreuve durant l’accouchement, la rééducation proposée n’est pas toujours suffisante pour empêcher les fuites urinaires. Mais avant de le rééduquer, faut-il déjà le connaître…

Le périnée, pour le maintien du plancher pelvien
Le périnée forme la paroi inférieure de la ceinture pelvienne. Constitué de muscles et ligaments s’étendant du pubis au coccyx, cet ensemble de parties molles sert à soutenir les viscères lors de la station debout. Bien qu’ayant un rôle similaire, la région périnéale féminine est différente de celle de l’homme. 
Le périnée féminin comprend (dans sa partie superficielle) le périnée antérieur uro-génital et le périnée postérieur anal. Les régions vulvaire et anale sont reliées par une bande fibreuse permettant le maintien du vagin et de l’utérus. En vieillissant, la femme peut se retrouver confrontée à la destruction de cette bande fibreuse, entrainant l’apparition d’un prolapsus, aussi nommé « descente d’organes ».
Après un accouchement ou au moment de la ménopause, il est extrêmement courant de constater une baisse du tonus périnéal. Ce relâchement induit des fuites urinaires, surtout visibles à l’effort (lors d’une toux, d’un fou rire, de course à pied, ou de saut), de possibles fuites anales, et une diminution du plaisir (le vagin étant plus « dilaté »). 
Les conséquences d’un tonus périnéal affaibli
  • Périnée et plaisir
Renforcer votre périnée vous permet d’augmenter vos sensations sexuelles ainsi que celles de votre partenaire : votre conduit vaginal, plus étroit, va enserrer davantage le pénis de votre partenaire. Un périnée trop « mou » vous privera d’une partie de votre perception. Au contraire, un périnée trop tonique risque de rendre vos relations sexuelles douloureuses.
En contractant et relâchant votre périnée alternativement, en variant l’intensité et la fréquence, les sensations seront accrues pour votre ami. De plus, cela va provoquer chez vous une meilleure circulation sanguine dans votre pelvis, synonyme d’une meilleure irrigation vasculaire de vos organes génitaux, et d’un plaisir accru.
  • Incontinence urinaire et anale
L’incontinence urinaire touche plusieurs millions de femmes en France. Par son soutien de la vessie, le périnée a un rôle majeur dans la miction. Lorsqu’il s’affaiblit, la retenue des urines devient difficile, voire impossible. La femme va surtout le ressentir lorsqu’elle rit, tousse, éternue ou pratique un effort physique. Les facteurs de risque ? La grossesse  et la ménopause, mais aussi certaines activités sportives comme le jogging, l’athlétisme ou le fitness, le surpoids, le port de charges lourdes… qui font pression sur le périnée. Très souvent, la rééducation périnéale va permettre de corriger ce trouble et de diminuer, voire empêcher, les fuites urinaires. Le mieux reste encore la prévention, en pratiquant assez régulièrement des exercices de prise de conscience et de musculation de votre périnée. (Si aucun changement n’est à noter après une dizaine de séances de rééducation, votre médecin pourra vous orienter vers la pause chirurgicale de bandelettes.)
Certaines femmes peuvent aussi être victimes d’incontinence anale à la suite d’une grossesse par exemple, ou d’un AVC, du diabète, d’une chirurgie anale… C’est-à-dire qu’elles ne parviennent plus à retenir les gaz ou les selles. Dans ce cas est mis en cause le périnée postérieur et plus précisément, le sphincter anal externe. Ce type d’incontinence reste tabou, mais sachez qu’il touche près de 2 millions de personnes en France, et pas seulement des personnes âgées. (Si jamais l’incontinence anale perdure plus de 3 mois malgré l’acquisition d’un périnée plus tonique par rééducation périnéale, sachez qu’il existe une technique de neuromodulation consistant en l’implantation d’une électrode au niveau des nerfs de l’anus et du rectum. Quoi qu’il en soit, le premier pas consiste à en parler à votre médecin.)
 

Retrouvez Apolline Compagnon sur son site internet : Cabinetmedecinesdouces.fr 

Toute reproduction interdite

 
Articles du thème En pleine forme
Envie de réagir ? Je prends la parole
Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte