Santé

Périnée : exercices d'éducation et de rééducation

Publié le 22 janvier 2016 - Mis à jour le 27 juillet 2016
Thérapeute pratiquant diverses techniques de médecines douces, elle s'est spécialisée dans le bien-être féminin. Davantage de renseignements sur son site internet : Cabinetmedecinesdouces.fr
Mieux vaut prévenir que guérir, alors commencez à entraîner votre périnée le plus tôt possible, même dès l’adolescence.
Mieux vaut prévenir que guérir, alors commencez à entraîner votre périnée le plus tôt possible, même dès l’adolescence.

Trop souvent oublié, le périnée est indispensable à notre confort quotidien. Conseils pour le rééduquer, à travers différentes techniques de rééducation (ou d’éducation) périnéale, pour en assurer le bon maintien.

Aujourd’hui encore, près d’une femme sur deux n’a pas conscience de son périnée et a du mal à le localiser. Quant aux femmes capables de le contracter correctement…
Les techniques décrites ci-dessous vont permettre aux femmes de prendre conscience et se rapproprier leur corps, de limiter ou prévenir les fuites urinaires, et d’augmenter leur plaisir sexuel ainsi que celui de leur partenaire en favorisant le tonus musculaire pelvien.
Les exercices Kegel
Les plus connus même si vous ne vous êtes jamais intéressée à votre périnée. Pour preuve : même Samantha Jones nous en parle dans la série Sex And The City !
Comment faire ? On visualise une bande s’étirant de votre méat urinaire à votre anus et un point en son milieu. On essaie ensuite de faire « remonter » le point dans son bassin, comme si une cordelette invisible reliait ce point à votre nombril. On tient cette position pendant 10 secondes, 10 fois à la suite.
Les avantages ? En plus de la gratuité, on a beaucoup d’occasions de les mettre en œuvre dans une journée : lorsqu’on cherche LA paire de chaussures sur internet, en regardant un film, en mode incognito pendant une réunion rébarbative ou durant le trajet en métro…
Pour les femmes enceintes, pratiquer ces exercices de manière régulière dès votre 4ème mois assouplira votre périnée et limitera les risques d’une épisiotomie, en plus des bénéfices sur le contrôle de votre sphincter urinaire et la reprise de votre vie sexuelle.
Les boules de geisha, cônes…
Les boules de geishas, ou smartballs, sont davantage que des sex-toys : elles permettent de muscler la paroi vaginale et le périnée. Les boules de geishas peuvent être utilisées en complément de la rééducation périnéale post-partum mais seulement après que le périnée ait retrouvé une certaine tonicité, sinon elles risquent de ne pas rester maintenues dans le vagin, du fait de leur poids assez important. Il existe différents diamètres et poids possibles : le choix du diamètre va dépendre de la taille de votre vagin. Quant au poids, plus elle sera lourde et plus nécessitera une bonne tonicité périnéale. Les femmes jeunes ou n’ayant jamais eu d’enfants choisiront des smartballs de faible diamètre (inférieur à 3 cm).
L’insertion des boules de geishas peut être facilitée par l’utilisation d’un lubrifiant, sans oublier de laisser le cordon à l’extérieur du vagin. On essaie de porter les boules de geishas jusqu’à 30 minutes par jour si c’est en exécutant les exercices Kegel, et plusieurs heures si on effectue simplement les tâches quotidiennes.
L’utilisation de cônes est très efficace dans la rééducation périnéale : quelques minutes par jour vous permettront rapidement de retrouver du tonus en quelques semaines, et de limiter l’incontinence d’effort. Les cônes vaginaux sont le plus souvent livrés par pack comprenant différentes tailles et poids. Après l’insertion d’un cône dans votre vagin, vous pratiquez une série d’exercices en observant la tige qui dépasse, pour contrôler que les contractions travaillent ou non les bons muscles. On commence par le cône le plus large et le plus léger (pour les vagins les plus dilatés), jusqu’à utiliser le cône le plus étroit et le plus lourd (pour les vagins « toniques »).
La rééducation manuelle et la rééducation par sonde vaginale
Elles se pratiquent auprès de sages-femmes ou de kinésithérapeutes dès deux mois post-partum. Sur prescription médicale, ces séances (environ une dizaine) font l’objet d’un remboursement par votre caisse de sécurité sociale.
La rééducation manuelle : on pratique un toucher vaginal qui va guider la patiente pour qu’elle comprenne quel muscle travailler et contracter. Les maïeuticiens formés à la technique de la CMP® (Connaissance et Maîtrise du Périnée) proposent aux femmes des images. La visualisation aide ainsi la jeune maman à prendre conscience de chaque zone de son périnée.
La rééducation par sonde vaginale : on en distingue deux types. La rééducation par biofeedback consiste à introduire une sonde dans le vagin de la patiente et lui demander de contracter progressivement son périnée. La tonicité du vagin est évaluée en temps réel par un écran de contrôle. La rééducation par électro-stimulation nécessite aussi l’insertion d’une sonde vaginale. Ensuite, le thérapeute paramètre la machine sur la durée et l’intensité de la contraction par stimulation des muscles. Pour faire simple, vous visualisez la musculation par patchs électriques présentée en TV achat. C’est le même principe au niveau de votre vagin.
Rétrospectivement chez plusieurs femmes, de ces deux pratiques la rééducation manuelle est la plus plébiscitée, étant jugée davantage efficace et regrettant la « passivité » de la méthode par sonde électro-stimulante.
Pour les personnes atteintes d’incontinence anale, sachez que la rééducation par biofeedback peut vous être proposée par un kinésithérapeute.
Vous pouvez acheter des appareils de biofeedback ou d’électrostimulation pour pratiquer chez vous. Sur certains sites, il est même possible d’obtenir une feuille de soins pour un remboursement partiel de la part de votre caisse d’assurance maladie. 
Je vous déconseille néanmoins les stimulateurs connectés à votre smartphone : on connaît désormais la dangerosité des champs électromagnétiques pulsés, on crée même des caleçons « anti-ondes » pour protéger les spermatozoïdes. Alors on évite de placer une « antenne » à proximité de ses ovaires…
Le laser gynécologique
Il existe désormais une nouveauté dans le domaine de la rééducation périnéale : le laser médical. Ce traitement est indiqué en cas d’incontinence urinaire modérée. L’embout du laser YAG est revêtu d’une sorte de spéculum. En l’introduisant dans le vagin, la sonde va provoquer par stimulation photothermique la production de collagène, ainsi que le resserrement du tissu de la muqueuse vaginale, garants d’un meilleur soutien de la vessie et d’un retour à la normale de la continence urinaire.
Cette technique est non invasive et indolore, c’est-à-dire qu’en ne pratiquant pas d’incision, il n’y a pas de saignements ou de sutures, ni nécessité d’une prise d’antibiotiques ou d’analgésiques.
On recommande deux sessions avant de faire le point car cela peut parfois suffire. Il n’y a pas de précaution particulière à respecter, comme cela peut être le cas pour une intervention chirurgicale. Pour peu que votre médecin travaille à l’heure de votre pause-repas, vous pouvez même reprendre vos activités après.
De plus, les lasers peuvent dorénavant être indiqués en cas d’atrophie vaginale ou de rétrécissement du conduit vaginal comme alternative à la vaginoplastie.
Attention : on insiste sur le fait que le laser est un instrument réservé uniquement au corps médical. Seul un docteur en médecine peut pratiquer ce genre d’intervention.
La vaginoplastie
Je vais mentionner cette technique chirurgicale uniquement pour celles qui se poseraient des questions en voyant ce terme sur internet. La vaginoplastie n’est pas une méthode de rééducation périnéale. La technique de resserrement vise uniquement à rétrécir le diamètre du conduit vaginal à des fins esthétiques ou sensorielles (la patiente souffrant de béance vaginale n’arrive plus à sentir le sexe de son partenaire). Cependant, cela n’aura aucune incidence sur la tonicité périnéale, le maintien du plancher pelvien, l’incontinence urinaire ou anale…
Mieux vaut prévenir que guérir, alors commencez à entraîner votre périnée le plus tôt possible, même dès l’adolescence. Mais n’allez pas dans l’excès inverse, au risque de provoquer un épuisement des muscles périnéaux, voire même une hypertonie.

Retrouvez Apolline Compagnon sur son site internet : Cabinetmedecinesdouces.fr 

Toute reproduction interdite

 

 

Articles du thème Bien vivre sa ménopause
Envie de réagir ? Je prends la parole
Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte